Bruxelles déclenche son enquête approfondie sur le rachat d’Activision par Microsoft

Sans surprise, la Commission européenne a ouvert mardi 8 novembre une enquête approfondie sur le projet de rachat d’Activision, éditeur du jeu vidéo à succès “Call of Duty”, par Microsoft, qui pourrait avoir “la capacité, de même que la tentation économique” d’essayer d’évincer les consoles concurrentes à la Xbox.

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Bruxelles déclenche son enquête approfondie sur le rachat d’Activision par Microsoft

Bruxelles met fin au suspens et a annoncé mardi 8 novembre qu’elle ouvrait une enquête approfondie sur le projet de rachat de l’éditeur de jeux vidéo Activision Blizzard par Microsoft, après une enquête préliminaire qui semblerait s’être avérée concluante.

Mainmise sur des licences phares

En janvier dernier, le géant de la tech avait indiqué sa volonté d’acquérir la société de gaming, ce qui renforcerait la position stratégique de Microsoft dans cette industrie, devenant troisième éditeur mondial de jeux derrière le chinois Tencent et le japonais Sony. Malgré quelques approbations isolées, de l’Arabie Saoudite ou du Brésil par exemple, le projet a néanmoins fait tiquer de nombreux régulateurs dans le monde, dont celui de l’UE qui confirme à présent ses inquiétudes initiales.

L’enquête préliminaire de Bruxelles a mis en lumière des risques d’atteinte à la concurrence sur le marché de la distribution de jeux vidéos, confirmant les craintes soulevées par Sony. Durant cette période, Microsoft n’avait pas pris la peine de fournir des garanties supplémentaires aux services de la Commission.

Dans le détail, Bruxelles “craint qu’en acquérant Activision Blizzard, Microsoft puisse verrouiller l’accès aux jeux vidéo pour consoles et PC d’Activision Blizzard, notamment à des jeux emblématiques et rencontrant un énorme succès (jeux de type “AAA”) tels que ‘Call of Duty’”, note le communiqué.

Dénouement le 23 mars prochain

Microsoft pourrait avoir la capacité, de même que la tentation économique, de mettre en place des stratégies d’éviction des distributeurs de jeux vidéo pour consoles concurrents, par exemple en les empêchant de distribuer les jeux vidéo pour consoles d’Activision Blizzard sur les consoles ou en dégradant les conditions d’accès à ces jeux vidéo ou d’utilisation de ceux-ci”, ajoute-t-il, alors que la firme de Redmond propose la console de jeu Xbox et les services qui y sont associés.

La commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, a indiqué qu’il était du rôle de l’exécutif européen de “veiller à ce que l’écosystème du jeu conserve sa formidable vitalité, dans l’intérêt des utilisateurs, dans un secteur qui évolue rapidement”, alors que Microsoft est un acteur de premier plan dans la chaîne de commercialisation du jeu”. La Commission dispose désormais de 90 jours ouvrables, soit jusqu’au 23 mars 2023, pour rendre sa décision et évaluer la manière dont cette fusion impactera le marché.

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