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Bruxelles se mêle au conflit entre Apple et Facebook sur le tracking publicitaire

Vu ailleurs Si Apple ne se soumet pas à sa propre politique sur le tracking publicitaire, l'entreprise risque des poursuites antitrust, prévient la commissaire européenne Margrethe Vestager. En effet, elle craint qu'Apple ne sorte gagnant de la future mise à jour iOS qui impose un consentement explicite des internautes pour le pistage à des fins publicitaires, qui a soulevé de nombreuses critiques notamment de la part de Facebook.
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Bruxelles se mêle au conflit entre Apple et Facebook sur le tracking publicitaire
Bruxelles se mêle au conflit entre Apple et Facebook sur le tracking publicitaire © Commission européenne

La commissaire à la concurrence Margrethe Vestager a pris la parole sur le conflit qui oppose Apple et Facebook à propos de la future mise à jour d'iOS 14 imposant l'autorisation des utilisateurs pour le pistage à des fins publicitaires. Ainsi, "s'il est démontré qu'Apple ne traite pas ses propres applications de la même manière", l'entreprise risque des poursuites antitrust, a-t-elle expliqué à Reuters dans une interview.

Facebook veut poursuivre Apple
Pour l'instant, Bruxelles dit n'avoir reçu aucune plainte sur la future politique de confidentialité d'Apple, contrairement aux Etats-UnisFacebook s'apprêterait à attaquer Apple en justice pour plusieurs raisons dont la future mise à jour fait partie.

Pour rappel, lors de l'édition 2020 du WWDC, son événement dédié aux développeurs, Apple avait présenté sa nouvelle politique en matière de publicité comme une mesure de protection de la vie privée. Désormais, l'IDFA (Identifier for advertisers) – une série de lettres et de chiffres unique permettant aux réseaux publicitaires mobiles de suivre des utilisateurs et de leur diffuser des publicités ciblées – reposera sur le consentement des utilisateurs (opt-in), et ce, pour chaque application.

Bruxelles félicite Apple pour la protection des données
Par conséquent, si la personne refuse d'être pistée, les services publicitaires embarqués dans l'application ne pourront plus effectuer des croisements entre son activité et d'autres applications. La firme américaine justifie cette décision par la nécessité de protéger davantage les données des utilisateurs. Margrethe Vestager a d'ailleurs félicité Apple sur ce point. "C'est une très bonne chose d'avoir une option claire de retrait", a-t-elle déclaré, ajoutant que ce système s'inscrivait parfaitement dans l'esprit des textes européens sur la protection des données personnelles.

Facebook a été l'un des premiers à réagir à la suite de cette annonce, accusant Apple d'accentuer sa main-mise sur les développeurs d'applications. "Apple a le privilège d’utiliser sa position de plateforme dominante pour interférer avec le fonctionnement de nos applications ou de celles des autres, ce qu’ils font régulièrement pour avantager les leurs", a argué Mark Zuckerberg. Il a ajouté que la future politique d'Apple empêcherait "de nombreuses petites entreprises d'interagir avec leurs clients via de la publicité ciblée".

Apple promet de se soumettre à sa propre politique
Mais d'après son CEO Tim Cook, Apple va bien évidemment se soumettre à sa propre réglementation. C'est ce qu'il a expliqué lors d'une prise de parole à la conférence "Computers Privacy & Data Protection" (CPDP) qui se tenait à Bruxelles il y a quelques semaines. En réalité, ce n'est pas si simple. Apple utilise bien son propre outil publicitaire dans l'App Store et Apple News, mais il ne crée pas de profil de consommateurs avec les données récoltées. "Notre plateforme publicitaire ne partage pas d’informations permettant de vous identifier à des tiers", peut-on lire dans l'onglet Publicité & confidentialité.

En effet, la politique publicitaire d'Apple repose sur des "segments", c'est-à-dire des groupes d'internautes ayant des caractéristiques communes (âge, sexe, centres d'intérêts…). "Les données vous concernant sont utilisées pour déterminer à quel segment vous appartenez et de fait, quelles publicités vous recevez", peut-on lire.

Dans le viseur de la Commission européenne
Apple fait déjà l'objet de deux enquêtes antitrust au niveau européen, l'une sur son système de paiement Apple Pay, et l'autre sur l'App Store. La Commission craint que les règles de distribution des applications sur l'App Store ne désavantagent les développeurs tiers, en particulier le prélèvement de 30 % sur les applications payantes et les micro-transactions. Ces pratiques sont au cœur d'un conflit qui oppose l'entreprise à un groupe de développeurs rassemblés dans une association "Coalition for App Fairness". La publicité ciblée dans les applications, en tant que canal de monétisation additionnel voire alternatif aux transactions classiques, est indirectement liée à cette affaire.

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