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Build 2016 : L’intelligence artificielle est la prochaine grande plate-forme pour Microsoft

On savait Microsoft en pointe sur le marché de l'intelligence artificielle, mais la firme de Redmond n'a pas fini de nous surprendre. Elle entend surfer sur la vague de réémergence des bots (agents robots) à l'aide de son assistant personnel Cortana et d'un nouveau framework conçu spécifiquement pour. Son objectif ? Supplanter les applications mobiles en s'appuyant sur la plus vieille interface utilisateur du monde : le langage.
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Build 2016 : L’intelligence artificielle est la prochaine grande plate-forme pour Microsoft
Build 2016 : L’intelligence artificielle est la prochaine grande plate-forme pour Microsoft © Julien Bergounhoux

Microsoft a inauguré mercredi 30 mars sa conférence Build 2016, qui se tient sur trois jours au Moscone Center de San Francisco. Lors de la keynote d’ouverture, l’éditeur a enchainé les annonces, couvrant ses efforts pour rendre l’utilisation des stylets aussi naturelle que celle d’un vrai stylo sur du papier, la mise à jour anniversaire de Windows 10, les applications universelles sur Xbox ou encore l'expédition des premiers HoloLens… Mais de toutes ces annonces, le thème fort qui s’est dégagé était celui de l’intelligence artificielle (IA).

 

La prochaine grande plate-forme sera conversationnelle

Chez Microsoft, l'IA passe notamment par un nouveau concept, baptisé "Conversations as a Platform". En effet, pour l'éditeur, la prochaine grande plate-forme sera conversationnelle. Elle apportera le pouvoir du langage humain à l’informatique. Et Satya Nadella pense que son impact sera aussi profond que celui du web ou du tactile pour les smartphones.

 

D’après lui, les bots seront les apps du futur, et les assistants personnels digitaux les nouveaux navigateurs. A l’avenir, toute application pourra être appelée sous forme de bot, et les assistants personnels pourront eux-mêmes les appeler et dialoguer avec eux pour l’utilisateur. L’éditeur voit émerger trois types d’interaction : humain et humain (qui pourront être augmentées grâces aux données émanant de Bing), humain et assistant digital personnel, et humain et bot.

Qu’est-ce qu’un bot ?

Bot est l’abréviation de robot, et désigne en informatique un programme qui effectue des tâches automatisées. Cela va des "spiders" qui indexent les sites web aux "chat bots", qui simulent des discussions écrites.

 

Cortana est libérée, délivrée

Au cœur de cette stratégie se trouve Cortana, l’assistant digital personnel de Microsoft qui répond à plus d’un million de questions orales par jour. L’éditeur met en avant son ubiquité (sur Windows, Android, iOS…), et entend par ce biais faire disparaître les terminaux au profit de l’expérience. Une façon parmi d’autres pour lui de surmonter sa défaite dans la guerre des écosystèmes pour smartphones.

 

Le concept est tentant. Je rate un appel sur mon smartphone Android ? Cortana me l’indique sur mon PC Windows et je peux envoyer un SMS à mon contact. Cortana n’est pas non plus limitée dans ce qu’elle peut apprendre : des informations sur le monde, venues de Bing, des informations organisationnelles, et des informations personnelles. Elle peut, si l’utilisateur l’y autorise, lire automatiquement ses conversations et créer des rendez-vous y correspondant dans le calendrier. Elle prend même l’initiative de lui demander de résoudre les conflits en cas de rendez-vous placés sur le même créneau horaire. Dans une requête comme "Envoie le Powerpoint sur lequel j’ai travaillé hier soir à Chuck", elle comprend qui est Chuck, mais aussi qu’elle doit chercher un type de fichier qui a été enregistré à une date précise.

 

Des services experts

Les bots, eux, prendront la forme d’une "demande d’aide aux experts". Microsoft admet volontiers ne pas pouvoir tout inclure lui-même dans Cortana, et va permettre à des développeurs tiers d’augmenter l’expérience avec leurs propres services (réserver un taxi ou une table au restaurant, prévoir un voyage, acheter des tickets pour un concert…).

Pour en faire la démonstration, Microsoft s’est appuyé sur la nouvelle version de Skype à venir, dans laquelle Cortana sera en permanence prête à l’emploi. Elle détectera automatiquement certains mots et les surlignera pour proposer d’en savoir plus sur le sujet grâce à Bing.

 

Mais elle fera surtout l’intermédiaire avec des bots grâce à la SkypeBot API, en leur fournissant des détails sur le contexte d’une requête pour minimiser les actions dont l’humain doit s’acquitter. Les bots permettront d'effectuer tout un tas de services directement depuis Skype, comme réserver une chambre d'hôtel, sans jamais sortir de l’application. La prochaine étape ? Des bots vidéos en temps réel. Mais le Bot Framework s’intégrera aussi à de nombreuses autres plates-formes, dont Groupme, Kik, Line, Skype, WeChat, Slack, les SMS, les emails...

 

Simplifier au maximum la création

Les développeurs ayant déjà des bots pourront les connecter très facilement. Les autres pourront en créer grâce aux outils conçus par Microsoft avec l'aide de Ben Brown, un spécialiste reconnu. Fidèle à sa nouvelle stratégie d’ouverture, tous ces outils sont open source et disponibles immédiatement. Sur scène ont été présentés deux exemples : un BuildBot créé pour renseigner les visiteurs sur la conférence, et un bot Domino’s Pizza pour commander un repas. Et ils sont simples d’utilisation. Pas besoin d’être un data scientist, ni même de savoir coder.

Microsoft propose aussi gratuitement 22 APIs au sein des Cognitive Services (anciennement appelés Projet Oxford), qui forment le troisième pilier de la Cortana Intelligence Suite (les deux autres étant le Bot Framework et le Machine Learning). Gratuitement, car Microsoft génère des profits sur la charge d’utilisation du cloud sur lequel s’appuient ces services. Reconnaissance d’image, de sons, traitement du langage naturel… Sur scène, Microsoft a fait la démonstration du CRIS (Custom recognition intelligence service), un service de transcription de la voix en texte capable de parfaitement comprendre le discours d’un enfant en bas âge à la prononciation peu claire.


Évolution des Cognitive Services depuis leur lancement l'année dernière

Le langage, l’interface ultime ?

Le CEO a également insisté sur la nécessité d’établir des principes, rejetant la notion d’une opposition de l’homme contre la machine. De s’assurer qu’on conçoit des IA qui aident les gens à faire plus de choses, qui leur sont complémentaires. Il faut aussi y inclure un principe de confiance, en s’assurant de la protection des données personnelles des utilisateurs. Un point confirmé par Lili Chen, distinguished engineer chez Microsoft Research, lors d’une session presse après l’événement où elle a évoqué la possibilité de créer des standards sur le sujet.

 

Il faut aussi s’assurer que ces technologies fassent ressortir le meilleur des gens et pas le pire, a-t-il ajouté en référence aux déboires rencontrés la semaine dernière par Tay, un bot social qui s’est vu détourné par certains internautes mal intentionnés qui lui ont fait proférer des propos racistes et sexistes. Opposant cette mésaventure au succès de XiaoIce, un autre bot social de Microsoft qui est plébiscité en Chine, Satya Nadella s'est voulu optimiste. Et force est de reconnaître que sa vision, si ambitieuse qu'elle soit, semble prometteuse.

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