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Bull se recentre sur le cloud computing et le Big Data

Avec son plan stratégique "One Bull" pour la période 2014-2017, le groupe informatique français met le cap sur les services de données aux entreprises. Un positionnement qui le contraint à remettre en cause son périmètre d’activité et son organisation.
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Bull se recentre sur le cloud computing et le Big Data
Bull se recentre sur le cloud computing et le Big Data © Lionel Allorge - Wikimedia Commons

Un changement profond de modèle industriel. C’est l’objectif du plan stratégique "One Bull" présenté le 20 janvier 2014 par la direction de Bull. Avec ce plan de quatre ans, le groupe informatique français veut se transformer, en passant d’un modèle de fournisseur de technologies numériques, à celui d’un opérateur de services de données aux entreprises, avec la maîtrise de la sécurité de bout en bout. "Avec l’explosion des données numériques, une révolution pointe le nez en informatique : celle des services de données aux entreprises, explique Philippe Vannier, PDG de Bull. Elle s’appuie sur la révolution en cours du cloud computing. Le marché évolue en notre faveur."

Pour réussir sa transformation, Bull mise sur son expertise, unique dans le monde selon Philippe Vannier, dans l’infrastructure, la cybersécurité et l’intégration de systèmes critiques. Le groupe veut s’appuyer sur sa présence dans le calcul à haute performance, le cloud computing et la cybersécurité pour profiter du boom des services dans le Big Data et le M2M, en croissance respective de 27% et 30% par an sur la période 2014-2017 selon les cabinets Gartner et IDC.

Des résultats en demi-teinte pour l’ancien plan stratégique

L’ancien plan stratégique "Bullway", lancé sur la période 2011-2013, s’est terminé avec des résultats financiers en demi-teinte. Mais "il a permis au groupe de se renforcer dans le calcul à haute performance, la cybersécurité et l’intégration de systèmes critiques, posant ainsi les fondations du nouveau plan de transformation", remarque Philippe Vannier, qui estime disposer de toutes les briques nécessaires pour adresser le marché émergent des services de données aux entreprises. Une pièce maitresse manque toutefois au puzzle : le logiciel. Ce que le patron de Bull considère plutôt comme un atout. "Nous voulons être agnostique sur le plan technologique et éviter au client d’être pieds et poings liés à un éditeur de logiciel, explique-t-il. Nous le laisserons choisir sur le marché les logiciels qu’il souhaite utiliser."

Sur le plan financier, Bull espère doubler sa marge opérationnelle à 7% en 2017. Mais cette transformation lui impose l’abandon des activités non stratégiques et les moins profitables. La direction se garde à ce stade de les désigner et de préciser la manière dont elles seront délaissées. Elle se contente d’en indiquer l’importance par les revenues qu’elles représentent : environ 150 millions d’euros sur un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros en 2012. Leur sortie du périmètre de Bull s’étalera jusqu’à mi-2016. "Et ne se traduira par aucun impact social en France", assure Philippe Vannier. La perte des revenus de ces activités sera compensée par le développement des services à valeur ajoutée de données aux entreprises. Le directeur financier, John Selman, entrevoit en  2017 un gain de chiffre d’affaires de 100 à 150 millions d’euros par rapport à celui de 2013 (non encore publié).

Un plan d’éconcomie de 30 millions d’euros par an

Enfin, cette transformation oblige Bull à revoir de fond en comble son organisation pour être plus réactif, plus efficace et plus flexible. Aujourd’hui, l’entreprise est organisée en trois lignes de produits et services : les produits innovants de calcul, les services d’intégration, et les solutions de sécurité. Dorénavant, l’activité sera menée par deux grandes divisions, l’une sur l’infrastructure de données, l’autre sur la gestion des données, avec un service central de R&D de 700 personnes.

Bull compte également consolider son implantation géographique autour de cinq points de présence en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient. Enfin, le groupe veut revoir, dans le cadre d’un accord Gepec (Gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences), la gestion des compétences pour rendre ses collaborateurs plus performants et plus mobiles. L’objectif étant de donner à chaque collaborateur au moins deux compétences de façon à ce qu’il puisse s’adapter aux besoins de l’entreprise. "Il n’y a pas de plan de réduction des effectifs, indique Philippe Vannier. Au contraire, nous continuerons à embaucher, mais nous le ferons sur des compétences spécifiques et surtout à l’international." Au final, Bull attend de cette réorganisation une économie de 30 millions par an à partir de 2016.

Ridha Loukil

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