Cailabs lève 26 millions d'euros pour devenir leader mondial sur les stations-sol optiques

Exploitant une technologie innovante autour de la mise en forme de la lumière, la société rennaise veut, par cette nouvelle opération, accélérer sur le marché des communications satellites optiques.

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Cailabs lève 26 millions d'euros pour devenir leader mondial sur les stations-sol optiques
Cailabs a installé une station sol optique près de ses nouveaux locaux à Rennes.

En novembre 2021, Cailabs annonçait lancer avec Unseenlabs, une autre deeptech rennaise, le projet Keraunos. Objectif affiché ? Expérimenter un système de communication satellitaire optique innovant à base de laser, intégrant un traitement de la turbulence atmosphérique, les rendant ainsi plus fiables. Soutenu par l’Agence de l’innovation de défense, Keraunos bénéficie d’un financement de 5,5 millions d'euros.

Pour mener à bien ce projet, Cailabs a développé une station sol optique, dotée des technologies issues de la gamme Tilba visant à fiabiliser les communications en espace libre. Une station pilote a d’ores et déjà été installée par Cailabs, à proximité de ses nouveaux locaux rennais. C’est l’une des premières entreprises privées européennes à posséder et opérer un récepteur de ce type. Selon Jean-François Morizur, le PDG de Cailabs, "le projet Keraunos avance bien et vite."

Mais la société n’entend pas s’arrêter à cette seule expérimentation, qui sera si elle aboutit une première mondiale de communication satellitaire optique haut débit avec traitement de la turbulence atmosphérique sans optique adaptative. Car Cailabs fait de cette station pilote un outil pour son développement futur. "Nous comptons devenir leader sur le marché des stations-sol optiques et étendre notre périmètre d’offre aux liaisons navales, aéronautiques (avions, drones) et terrestres", projette Jean-François Morizur. La société a d'ores et déjà signé la vente d'une première station sol optique à la Swedish Space Corporation. L'équipement sera livré et installé en Australie dans le courant de l'année 2023.

42 millions d'euros levés depuis 2013

Pour y parvenir, Cailabs vient de boucler un nouveau tour de table, mené par NewSpace Capital, fond luxembourgeois tourné vers le secteur spatial. Son montant : 26 millions d'euros. L’opération n’est pas la première réalisée par la deeptech rennaise qui a levé 42 millions d'euros depuis sa création en 2013. Son dernier tour de table, d’un montant de 7,9 millions d'euros avait été réalisé en 2019.

Ses investisseurs historiques, que sont Definvest, Starquest, Innovacom, Safran Corporate Venture et le Crédit Agricole Ille et Vilaine Expansion, participent également à cette nouvelle opération. Dans ce montant global, s’inscrit aussi le financement de 8,5 millions d'euros obtenu en juin 2022 du Conseil européen de l’innovation dans le cadre de l’EIC Accelerator. Cailabs se voit octroyer cette aide pour le projet Crocus s’articulant aussi autour des communications satellitaires, navales ou aériennes plus discrètes à base de laser, en alternative à celles basées sur des ondes radiofréquences.

Un nouveau site et des recrutements à Rennes

Aujourd’hui, les différents produits et solutions de Cailabs sont sécurisés par 22 familles de brevets. La deeptech décline sa technologie sur de multiples marchés comme les télécoms, les lasers industriels, les réseaux locaux. Pour accompagner son développement en France, mais aussi à l’international, la société a continué à structurer ses équipes, passant de 43 salariés en 2013 à 65 aujourd’hui.

Une vingtaine de recrutement est prévu en 2023 sur Rennes. Pour faire face à la croissance des effectifs, la société a déménagé et recruté ses équipes sur un nouveau et même site pour la rentrée 2023. "On passe de 1 600 m2 à 3 500 m2, avec des espaces optimisés et adaptés à nos activités. Et nous renforçons aussi nos outils de conception et de production", précise Jean-François Morizur. Car Cailabs pilote également en interne la fabrication de ses équipements.

Si la société ne communique pas son chiffre d’affaires, une croissance supérieure à 60% par an ces dernières années est évoquée. Certains déploiements ont été freinés par le Covid, mais Jean-François Morizur faisait état, en septembre dernier, "d’une dynamique restée positive et de projets et commandes en cours avec des livraisons sur les exercices à venir."

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