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Cambridge Analytica : l'alerte avait été donnée au sein de Facebook deux mois avant le scandale

Dévoilées dans la presse en décembre 2015, les pratiques de Cambridge Analytica en matière d’utilisation des données personnelles des abonnés de Facebook avaient fait scandale. Un nouveau document révèle aujourd'hui que des employés du réseau social avaient alerté sur le problème plusieurs mois auparavant.
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Cambridge Analytica : l'alerte avait été donnée au sein de Facebook deux mois avant le scandale
Cambridge Analytica : l'alerte avait été donnée au sein de Facebook deux mois avant le scandale © www.thoughtcatalog.com

Fin 2015, le scandale Cambridge Analytica fait les grands titres de la presse. On apprend alors avec stupéfaction que les données de millions d’utilisateurs de Facebook ont été aspirées puis utilisées par cette petite entreprise britannique pour influencer certaines élections politiques en faveur des politiciens ayant fait appel à ses services.

 

Retour au présent. Nos confrères américains de TechCrunch ont mis la main sur des échanges de mail internes au groupe de Mark Zuckerberg, et affirment ce vendredi 23 août 2019 que plusieurs salariés faisaient déjà état de fortes suspicions au sujet des pratiques de Cambridge Analytica bien avant que le quotidien britannique The Guardian ne dévoile son scoop.

 

Une fuite d'emails apporte un nouvel éclairage

Lors de ses multiples auditions devant le Sénat américain, Mark Zuckerberg a toujours affirmé avoir appris les pratiques de Cambridge Analytica le mois où le scandale a éclaté – en décembre 2015. Les emails qui ont récemment été exposés remontent pourtant jusqu’à deux mois avant cette date. Le 29 septembre 2015, des salariés de Facebook relèvent ainsi "des violations des règles [de la plateforme, N.D.L.R.] de la part d’un partenaire au moins". L’un d’entre eux décrit alors la firme britannique comme "une entreprise pour le moins brouillonne ayant profondément pénétré le marché de Facebook".

 

L'un des protagonistes estime néanmoins qu’il est "vraisemblable que [ces] entreprises n’aient pas violé les conditions d'utilisation" imposées par le groupe. Demandant à ses interlocuteurs de citer des exemples concrets, ce salarié leur intime alors de ne pas contacter Cambridge Analytica sans obtenir l’aval de la hiérarchie. Un ordre qui ne sera jamais donné.

 

D’autres plateformes sont à cette époque évoquées au fil de la discussion, notamment les agences ForAmerica et NationBuilder. Quand, à la parution du scandale dans la presse, l’un des employés présents dans la boucle de mails demande une "évaluation accélérée" de Cambridge Analytica, il obtient pour seule réponse : "C’est désormais une affaire qui relève des relations presse."

 

FACEBOOK RESTE SUR sA version des faits

En réaction à la médiatisation de ces échanges internes, le groupe Facebook s’est tenu à la ligne qu’il a toujours défendue dans un post de blog publié ce vendredi 23 août 2019. "Il n’y a pas d'information nouvelle dans ces documents, écrit le géant américain. Comme nous l’avons dit de nombreuses fois, Facebook n’avait pas connaissance de la revente de données utilisateurs à Cambridge Analytica par Aleksandr Kogan. Nous l’avons affirmé sous serment aux autorités." De nouvelles poursuites ont été engagées contre Facebook fin 2018.

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