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"Canon a une grande capacité à absorber les chocs"

Tremblement de terre au Japon, inondations en Thaïlande, manifestations antijaponaises en Chine... Depuis 2011, les industriels japonais font face à des évènements à répétition qui perturbent leur production et dégradent leur compétitivité. Canon s’en sort toutefois mieux que la plupart des géants nippons. François De la Ruë du Can, directeur général de Canon France, explique comment.
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Canon a une grande capacité à absorber les chocs
"Canon a une grande capacité à absorber les chocs" © Canon

L'Usine Nouvelle - Face aux manifestations antijaponaises en Chine, Canon a dû suspendre la production dans trois de ses usines dans ce pays. Où en est aujourd’hui la situation ?
François De la Ruë du Can - La situation se normalise et les trois usines, que nous avions fermées à Shenzhen par précaution, viennent de reprendre leur activité. Elles n’ont subies aucun dégât durant les manifestations. Espérons que cette crise est derrière nous.

Depuis 2011, le mauvais sort semble s’acharner sur le Japon. Comment gérez-vous cela en tant qu’industriel ?
En un an, nous avons dû faire face à une succession d’évènements exceptionnels – tremblement de terre suivi d’un tsunami au Japon, catastrophe nucléaire de Fukushima, inondations en Thaïlande – et aujourd’hui à des manifestations antijaponaises en Chine. Comme les autres industriels, nous en avons subis les conséquences négatives sur notre chaine logistique. Et pour ne rien arranger, un incendie, non évoqué par les médias, a détruit en décembre 2011 notre usine d’assemblage d’imprimantes photo au Vietnam, provoquant une importante rupture de stock pour ces produits. Nous nous sommes remis de tous évènements plus vite et avec moins de dégât que la plupart des autres industriels japonais. Ceci montre que nous avons une grande capacité à résister aux chocs.

Justement, Canon s’en sort mieux que Sony, Panasonic ou Sharp. Quelle est sa recette ?
Nous avons la chance d’avoir une activité bien équilibrée géographiquement, avec un tiers en Asie, un tiers en Europe et un tiers en Amérique du Nord. Nous avons également un outil industriel relativement bien réparti dans le monde, avec notamment deux usines en Europe, l’une à Essen, en Allemagne, et l’autre à Vitré, en Bretagne. Ceci atténue les effets de réévaluation du Yen même si nous en subissons aussi les conséquences. Nous avons aussi un modèle industriel unique au Japon qui combine les bienfaits du modèle japonais (stratégie à long terme, priorité de la qualité…) et les avantages du modèle de gestion américain basé sur la recherche de profit. Ce modèle a fait ses preuves depuis 10 ans. Dès qu’une activité ne produit pas de résultat, elle est arrêtée à temps avant qu’elle ne devienne une source chronique de pertes. C’est ainsi que le groupe a abandonné l’informatique ou les écrans plats. Enfin Canon reste une entreprise fortement tournée vers l’innovation. Nous sommes ainsi le troisième plus grand déposant de brevets en 2011, derrière IBM et Samsung.

Canon semble avoir enterré son projet d’entrer sur le marché des téléviseurs. Pourquoi ?
Il y a quelques années, Canon a envisagé d’entrer sur le marché de la télévision, avec des écrans plats à technologie SED. Le projet est définitivement enterré. Regarder le marché des téléviseurs : qui gagne de l’argent aujourd’hui ? Personne ou presque.

Au salon Photokina, la semaine dernière, Canon a annoncé son intention d’entrer dans le cloud. Pour faire quoi ?
Nous avons présenté ce projet sous le nom de code Project 1709. Nous pensons qu’il y a un chainon manquant dans l’imagerie numérique : un service en ligne digne de nom pour gérer ses photos depuis n’importe où et n’importe quel terminal. Certes, des services de stockage en ligne des photos existent aujourd’hui. Mais nous voulons aller plus loin en proposant des fonctions avancées d’indexation, de classement et de recherche des photos. L’interface proposera une recherche par date, thème, nom et même par type d’appareil photo utilisé pour la prise de vue. Le service est actuellement en version béta. Il sera lancé au début 2013. Le modèle économique n’est pas encore défini.

Propos recueillis par Ridha Loukil

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