Caption, la bourse qui permet d'investir dans les start-up non cotées de la French Tech

Caption a créé une place de marché pour acheter et vendre des actions de start-up non cotées. Une façon de démocratiser l'investissement en private equity, et de donner aux salariés de licornes telles que Ledger ou Blablacar l'opportunité de matérialiser leurs gains.

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Caption, la bourse qui permet d'investir dans les start-up non cotées de la French Tech
Mathieu Artaud, Quentin Lechemia et Lucas Mesquita, les cofondateurs de Caption.

Longtemps chasse gardée des investisseurs institutionnels, le private equity s'est légèrement démocratisé ces dernières années sous l'effet de la loi Pacte. Cette classe d'actifs – des titres non cotés – est plébiscitée par les investisseurs patrimoniaux pour ses rendements, dont la contrepartie est un risque élevé, et sa déconnexion des marchés actions.

La liquidité s'est améliorée, également, grâce à des offres dans les contrats d'assurance vie par exemple. En 2021, selon France Invest, les Français ont ainsi investi 5 milliards d'euros dans le non coté, soit trois fois plus qu'en 2020.

Pour autant, passer par un véhicule d'investissement tel qu'un fonds ne permet pas de choisir précisément quelle société on achète. Et les tickets sont généralement élevés. Quant au marché de gré à gré, il est extrêmement limité pour des investisseurs individuels.

Une "bourse" de la French Tech

La start-up Caption, créée en mars 2021 par Mathieu Artaud, Quentin Lechémia et Lucas Mesquita, a eu l'idée de créer une sorte de bourse d'actions non cotées pour les entreprises de la tech. Sa plateforme permet aux détenteurs d'actions (salariés, fondateurs, business angels) de rendre leurs titres liquides, et aux investisseurs d'accéder à ce marché caché. Ce n'est pas officiellement une bourse car elle ne possède pas le statut pour, mais en tant que dépositaire du statut d'agent lié de prestataire de services d'investissement (le PSI étant Tylia Invest), elle a l'autorisation de s'adresser au grand public.

Ledger, Blablacar, Payfit, October et Miro font partie de la trentaine de start-up listées sur la plateforme. Les critères de sélection sont de réaliser un chiffre d'affaires supérieur à un million d'euros ou d'avoir levé au moins un million d'euros.

Les vendeurs fixent leur prix

Ce sont généralement les salariés qui sollicitent Caption pour mettre leurs actions en vente, afin de les transformer en cash sans attendre une introduction en bourse ou une levée de fonds. Ils fixent leur prix. Mais parfois, les sociétés elles-mêmes organisent des "fenêtres de liquidité", à l'image de Ledger qui le fait deux fois par an.

La plateforme compte 17 000 inscrits, dont 35% d'investisseurs actifs. En tout, il y a eu 32 opérations de vente depuis le lancement, concernant 18 sociétés, avec plusieurs vendeurs pour chaque opération. C'est peu, mais cela suffit à Caption pour se déclarer rentable. Elle prend 6% de commission côté acheteur, et côté vendeur.

Levée de 2 millions d'euros

La société d'une dizaine de personnes vient en outre de lever ce mois-ci près de 2 millions d'euros auprès de 378 participants par le biais de son propre système, qu'elle compte investir dans des recrutements, le lancement de nouveaux services (peut-être ses propres fonds d'investissement), et dans son expansion en Allemagne et au Royaume-Uni à partir de fin 2023. Son objectif est d'atteindre 30 millions d'euros de volume de transactions cette année. Lors de son premier exercice, elle a dépassé 15 millions d'euros de transactions.

L'investissement moyen s'élève à 5200 euros, et le ticket d'entrée s'établit à 2000 euros. L'investisseur type est un.e cadre entre 35 et 45 ans, client de la start-up qu'il achète, nous indique Quentin Lechemia, CTO de Caption. On trouve également parmi les clients de la place de marché des dirigeants du monde de la finance, ainsi que des conseillers en gestion de patrimoine ou des family offices qui proposent les valeurs listées à leurs clients.

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