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Carlo Bozotti justifie le nouveau plan stratégique pour STmicroelectronics

Lors de la présentation de son nouveau plan stratégique, STMicroelectronics a annoncé son organisation en deux pôles d’activités et son désengagement de ST-Ericsson. Le PDG Carlo Bozotti explique à L’Usine Nouvelle sa stratégie.
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Carlo Bozotti justifie le nouveau plan stratégique pour STmicroelectronics
Carlo Bozotti justifie le nouveau plan stratégique pour STmicroelectronics © D.R.

L'Usine Nouvelle - Vous étiez organisés en cinq lignes de produits. Vous allez passer à une organisation avec deux pôles d’activités : d’un côté, les circuits analogiques et automobiles, de l’autre les circuits numériques. Pourquoi ce changement ?
Carlo Bozotti - La stratégie de STMicroelectronics a toujours été d’adresser des applications autour de deux grands marchés : l’automobile et le multimédia. Nous avons décidé d’abandonner les circuits sans fil destinés aux terminaux mobiles pour nous recentrer sur les applications embarquées. Ceci nous amène à adopter une autre organisation en deux pôles d’activités sur le modèle des autres grands acteurs des semi-conducteurs.

Nous saurons ainsi mieux exploiter les synergies industrielles au sein du groupe. Les deux pôles d’activités réunissent chacun des lignes de produits cohérentes utilisant des procédés de fabrication similaires, voire identiques. Les microcontrôleurs par exemple pourront être fabriqués avec les mêmes procédés que d’autres circuits numériques comme les Asic ou les processeurs d’application, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Quels sont les objectifs fixés ?
Les deux pôles d’activité auront chacun leur propre reporting financier. Ils ont vocation à être rentables. Le pôle des circuits numériques, aujourd’hui déficitaire, devra devenir bénéficiaire en 2014.

Quels sont les secteurs dans lesquels vous souhaitez progresser ?
Les microcontrôleurs constituent un secteur intéressant. Nous sommes aujourd’hui cinquième mondial. Nous disposons dans ce domaine de pas moins de 360 familles de produits. En 2012, nous aurons écoulé 1,5 milliard d’unités. Avec le passage en production sur des plaquettes de 12 pouces, au lieu de 8 pouces aujourd’hui, nous aurons plus de chances pour progresser et devenir peut-être le numéro deux mondial.

Autre moteur de croissance : les passerelles numériques dans lesquelles nous sommes aujourd’hui numéro deux mondial et pouvons prendre la première place. D’autres opportunités de développement nous sont offertes dans les puces sur mesure, le traitement d’image, la gestion d’énergie ou encore l’automobile où nous sommes numéro trois mondial. Sans compter les capteurs à Mems, où nous sommes déjà leader mondial.

Vous avez décidé de sortir de ST-Ericsson alors que sa restructuration commence à produire des résultats. Est-ce le bon moment ?
Trois raisons nous ont amené à prendre cette décision. Certes ST-Ericsson perd moins d’argent. Mais pour réussir sur le marché des puces sans fil pour mobiles, il faudrait consentir des investissements énormes, ce que STMicroelectronics ne peut plus continuer à faire. D’autre part, le marché des mobiles a été bouleversé depuis 2009.

Les systèmes d’exploitation iOS d’Apple et Android de Google ont remplacé Symbian de Nokia et BlackBerry de RIM comme les deux plateformes dominantes sur le marché. Ceci s’est traduit par de grandes difficultés pour les grands clients historiques de ST-Ericsson. Enfin, la tendance à l’intégration verticale conduit de plus en plus les grands acteurs des mobiles à développer eux-mêmes les puces de leurs produits.

Mais vous avez décidé de vous maintenir sur le marché grand public des circuits numériques. N’est-ce pas contradictoire avec votre positionnement sur l’embarqué ?
Non, car nous voulons nous positionner sur les segments haut de gamme des passerelles, décodeurs, jeux vidéo, divertissement dans l’automobile, etc. Nous pourrons proposer pour ces applications des Asic complexes, des microcontrôleurs sécurisés ou de processeurs d’imagerie.

Vous avez décidé d’amplifier votre plan d’économie en ramenant vos dépenses d’exploitation trimestrielle entre 600 et 650 millions de dollars au premier trimestre 2014, contre 900 millions aujourd’hui. Quel va en être l’impact sur l’emploi ?
Nous avons annoncé un engagement, et non un projet de restructuration. A ce stade, nous n’avons pas les mesures concrètes. Nous sommes encore en train d’explorer différentes options pour aboutir à ces économies.

Propos recueillis par Ridha Loukil

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