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Cash and Repair veut industrialiser le recyclage des smartphones

Après plus de cinq ans d’existence, le spécialiste vendéen des services de réparation express mais aussi de rachat de smartphones, tablettes et ordinateurs portables poursuit son développement à travers le pays, employant aujourd’hui une cinquantaine de salariés.
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Cash and Repair veut industrialiser le recyclage des smartphones
Cash and Repair veut industrialiser le recyclage des smartphones © Cash and Repair

Le concept de base de Cash and Repair est simple. Proposer aux particuliers de réparer, en moins de 30 minutes et sans rendez-vous, les produits multimédias les plus courants : téléphones portables, PC portables, tablettes, objets connectés et consoles de jeu.

"Nous sommes un acteur de la valorisation de produits high-tech. Valoriser, c’est tout d’abord réparer. Nous déclinons cette activité à travers des ateliers, que nous appelons des kiosques, présents dans les galeries marchandes des centres commerciaux. C’est notre concept de départ. Nous proposons également la réparation aux entreprises, hors atelier", explique Bertrand Lepineau, fondateur et dirigeant de Cash and Repair.

La deuxième activité de l’entreprise est le rachat, puis la revente (en l’état ou après réparation) de matériel, là aussi à travers les kiosques (clientèle de particuliers) ou directement auprès d’entreprises souhaitant se débarrasser de parcs de téléphones, de PC ou de tablettes.

Utiliser des pièces de seconde vie plutôt que des pièces neuves
"Nous avons pour ambition de réaliser, d’ici la fin de l’année, plus de 50 % de nos réparations avec des pièces de seconde vie. Pour cela, il nous faut sourcer toujours plus. Tout ce que nous rachetons, nous le récupérons. Si le matériel est en bon état, nous le remettons en vente. Sinon, nous récupérons chaque pièce en bon état de fonctionnement", précise Bertrand Lepineau.

Cash and Repair rachète actuellement 15 000 téléphones par an pour en récupérer les pièces. Mais la société a pour objectif de monter en puissance sur cette activité grâce à une chaîne automatisée, encore à l’état de prototype, qui pourrait démanteler jusqu’à 90 000 téléphones par an et, à terme, jusqu’à un million d’unités par an.



L’entreprise a été désignée, fin 2020, lauréate du plan de relance pour la construction d'une usine pilote de démantèlement d'appareils électroniques près de La Roche-sur-Yon, en Vendée. Elle compte y investir 1,2 million d'euros et bénéficiera du soutien du fonds d’accélération des investissements industriels dans les Pays de la Loire.

Une démarche éthique et environnementale
La démarche des équipes de Cash and Repair est à la fois éthique et environnementale. Les salariés se posent la question de savoir comment, à leur échelle, ils peuvent contribuer à la protection de notre planète. "Les produits que nous manipulons sont de vraies mines urbaines, qui contiennent des minerais ayant été extraits dans des conditions effroyables pour les populations locales, notamment pour les enfants. Par ailleurs, les ressources de la planète n’étant pas inépuisables, nous essayons modestement de ne pas puiser, ou de puiser un minimum, dans les stocks de pièces neuves pour nos réparations", note Bertrand Lepineau.

L’entreprise a réalisé en 2020 un chiffre d’affaires de 6 millions d'euros. Elle table sur un objectif de 10 millions d'euros d’ici la fin de l’année 2021, si la crise sanitaire et les fermetures administratives de centres commerciaux ne freinent pas trop son développement. Elle compte aujourd’hui 15 ateliers, dont 6 en franchise. D’ici la fin du premier semestre, le nombre total d’ateliers devrait se monter à 22.

un mode d’organisation original
A quoi tient le succès du concept Cash and Repair ? "Je dirais principalement que cela tient à mes équipes. Dans l’entreprise, nous avons un mode de fonctionnement qui exclut toute notion de hiérarchie, personne n’est chef ou sous-chef de qui que ce soit. Chacun est responsable de ce qu’il fait. Nous avons mis en place ce mode de fonctionnement après avoir demandé aux salariés, il y a quatre ans, quelle était leur vision de l’entreprise et leur définition du bonheur et de l’épanouissement au travail", détaille Bertrand Lepineau.

Après un an de recherches, les équipes de Cash and Repair ont déterminé que deux facteurs étaient indispensables à l’épanouissement d’un collaborateur : être responsable de ce que l’on fait et donner un sens à son travail. "À partir de là, nous avons construit notre modèle en donnant beaucoup de responsabilités à nos collaborateurs. Ce sont eux qui fixent leur planning, leurs objectifs, le montant et le mode de leur rémunération. Ce sont également eux qui déterminent le moment où ils ont besoin de recruter ou qu’il faut licencier", ajoute le dirigeant de Cash and Repair.

En ce qui concerne le sens, chaque salarié est impliqué dans des tribus, c’est-à-dire des groupes de travail dans lesquels des sujets tels que le recyclage, l’innovation ou la rémunération sont traités. Ces tribus permettent à chacun de donner un sens à ce qu’il veut faire chaque jour en plus de son travail. "En cumulant le fait de rendre les collaborateurs responsables de ce qu’ils font au quotidien et de donner un sens à leur travail, nous arrivons au résultat qui est le nôtre aujourd’hui. Nous donnons le pouvoir de décision à ceux qui sont le plus à même de prendre des décisions", conclut Bertrand Lepineau.

Outre le fait d’avoir mis en place une forme d’holacratie en son sein, l’entreprise évolue également sur un marché porteur, dans un contexte de prise de conscience de la part des consommateurs et des entreprises de la valeur d’objets tels que les smartphones ou de la signification d’un achat d’occasion plutôt que d’un achat neuf.

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