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Castres prépare la révolution du numérique dans la santé

Apport de l’aéronautique, nouveaux modèles économiques… A l’Université d’été de la e-santé à Castres, tout comme au Colloque sur les industries du numérique, de la santé et de l'autonomie à Bercy du 5 juillet 2013, on prépare le terreau pour la e-santé de demain.
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Castres prépare la révolution du numérique dans la santé
Castres prépare la révolution du numérique dans la santé © Photosteve101 - Flickr - C.C.

Castres, ce n’est pas seulement une équipe de rugby championne de France ou les racines du laboratoire Pierre Fabre. C’est aussi le terrain d’accueil annuel de l’Université d’été de la e-santé, organisée du 3 au 5 juillet 2013. Fort de son école ISIS -seule école d’ingénieurs dans l’Hexagone à être dédiée à l’informatique et aux systèmes d’informations pour la santé -, de son Technopole spécialisé dans le numérique, la chimie fine et la santé, mais aussi de la proximité avec le Centre e-santé toulousain, créé en 2010 pour dynamiser l’innovation en Midi-Pyrénées.

Un vivier idéal, donc… mais qui manque encore d’entreprises pouvant illustrer le succès économique de la révolution numérique dans la santé. La problématique n’est pas propre à la région. Car, à des centaines de kilomètres de là, au Colloque sur les industries du numérique, de la santé et de l'autonomie, organisé à Bercy au même moment – petit raté du calendrier, mais un duplex permettait de suivre les débats -, on arrivait à la même conclusion.

En attente d’une homologation des bonnes pratiques

Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement Productif chargé d’ouvrir le colloque parisien, le sait bien. Il se dit "prêt à faire bouger la législation" pour favoriser le développement de ce marché synonyme, selon lui, de relais de croissance et d’emplois pour demain, car "le numérique et la santé sont deux secteurs où nous sommes très solides et en avance ". "Mais qu’attend –t-on ? Nous avons toutes les solutions techniques ! ", lui répond Guy Mamou Mani, le président du Syntec Numérique, qui prône des solutions rémunérées à l’usage. "Il faut absolument que nous rentrions dans une industrialisation, une homologation des bonnes pratiques pour que les industriels puissent s’engager. Si le business est trop petit, les entreprises ne feront pas d’efforts commerciaux pour répondre à cette demande." Quelques projets à grande échelle existent néanmoins, confie Sandrine Degos, directeur santé et autonomie du groupe AEF. "Après la télécardiologie et la téléradiologie qui fonctionnent bien, la téléAVC devrait être lancée sur trois sites pilotes, tandis que le projet Diabeo dans le diabète avec Sanofi est prêt à être déployé."

Un changement de financement dans l’apnée du sommeil

Et un tournant s’amorce dans le mode de financement de la e-santé. A Castres, Jean-Louis Fraysse, président du prestataire de santé Sadir Assistance, cite l’exemple des patients atteints du syndrome d’apnée du sommeil, traités par un système de ventilation en pression positive. Alors que la prescription de ce dispositif médical à porter la nuit augmente de 40% par an, les autorités viennent de prendre une décision forte : imposer un télésuivi quotidien des patients équipés (dès octobre pour les nouveaux patients, et dans les deux ans pour les 600 000 déjà porteurs) pour s’assurer de la bonne observance du traitement.

S’ils ne l’ont pas porté au minimum trois heures par nuit et vingt jours par mois, les patients ne seront plus remboursés, et régleront eux-mêmes le prestataire. Une première en France. Que Sadir Assistance a décidé de prendre comme une opportunité, en créant, avec d’autres prestataires, son propre système de télésuivi, pour ne pas être dépendant des systèmes captifs des fabricants, et inclure d’autres paramètres lui permettant de suivre l’état du patient et de mesurer l’efficacité du traitement.

Quand l’aéronautique s’en mêle…

Se lancer dans la e-santé prend du temps, à cause de la complexité du secteur, reconnaît Gérard Ladier, le directeur général adjoint du pôle de compétitivité Aerospace Valley. Mais il y voit de nombreuses possibilités d’apport de compétences de la part de l’aéronautique : dans les implants incorporant de l’électronique embarquée, dans la simulation, qui peut s’appliquer à la formation des urgentistes en grandeur nature ou avec des serious games, ou en vue de concevoir des dispositifs médicaux… Les possibilités sont gigantesques. Reste à les diffuser.

Gaëlle Fleitour, à Castres

 

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