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Cdiscount s'entoure d’une nuée de start-up pour doper sa logistique, l’expérience client et son marketing

L'e-commerçant français accueille une nouvelle promotion de start-up dans son incubateur The Warehouse, pour améliorer sa supply chain. Et cinq autres, en early stage, au sein du Lab, pour travailler notamment sur l'expérience d'achat et le commerce communautaire.
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Cdiscount s'entoure d’une nuée de start-up pour doper sa logistique, l’expérience client et son marketing
Cdiscount s'entoure d’une nuée de start-up pour doper sa logistique, l’expérience client et son marketing © Floriane Leclerc

Vingt ans après son lancement, la société bordelaise Cdiscount, devenue le premier e-commerçant français et l’un des leaders européen avec 30 millions de produits expédiés chaque année, compte bien rester au sommet. Pour ne pas se laisser distancer, la plateforme mise sur l’innovation et s’entoure d’une nuée de start-up chargées de fluidifier sa logistique, d’améliorer l’expérience client ou encore de doper son marketing. Plus ou moins matures, ces jeunes pousses nécessitent des accompagnements différents.

 

Une deuxième promotion pour "The Warehouse"

A côté de la POC factory, chargée d’encadrer chaque année, six mois durant, une quinzaine de start-up présentant déjà des solutions sur étagères, Cdiscount a inauguré, en 2018, un incubateur permettant d’accompagner chaque année cinq nouvelles start-up chargées de plancher sur l’amélioration de la supply chain et des conditions de travail des employés. Sur ce terrain de jeu – 500 m2 d’entrepôts situés à Canéjean, près de Bordeaux – "elles sont épaulées sur 12 mois pour transformer leur idée sous format power-point jusqu’à une solution concrète et co-construite avec nos opérateurs", explique Pierre-Yves Escarpit, directeur général adjoint de Cdiscount.

 

Après l’industrialisation en entrepôts des solutions logistiques proposées par les start-ups NoMagic.Ai, EzWheel et ShopRunback, sélectionnées l’an passé, the Warehouse héberge aujourd’hui sa deuxième promotion. Parmi elles :

 

- Ownest : la start-up parisienne propose une solution blockchain, reposant sur Ethereum classic, pour assurer une traçabilité en temps réel des 3,5 millions de colis de plus de 30 kilos traités par Cdiscount chaque année. A chaque étape, "de la préparation jusqu’à la livraison, caristes, transporteurs et livreurs scannent le colis et transfèrent la responsabilité  de la quantité et l’état des marchandises au maillon suivant qui l’accepte ou non", explique Clément Bergé-Lefranc, son fondateur.

 

Une double vérification est ainsi opérée automatiquement à chaque étape. En cas de litige, l’opérateur qui refuse de prendre la responsabilité des colis fait directement remonter l’information au management pour traitement. "De quoi fluidifier le réseau et réduire de 15% les délais de livraison", souligne le responsable. Outre les manquements, la solution permet aussi de détecter les incohérences de parcours et la vision en temps réel de rééquilibrer au plus près les volumes d’un entrepôt à l’autre lors de la gestion des retours. 

 

- Unsupervised.AI : avec son robot Maryam, Unsupervised.ai entend faciliter la tâche des opérateurs. Cette plate-forme robotique à six roues, une fois pourvue d’une étagère et de tapis roulants, "permet d’acheminer des colis à travers l’entrepôt puis de les délivrer sur des étagères, à hauteur d’homme", explique Clément Jambou, le CEO. Autonome, le robot doté de caméras 3D et de capteurs lasers s’adapte à son environnement qu’il cartographie pour se diriger à une vitesse comprise entre 5 et 18 km/h selon les zones de l’entrepôt. "Son usage ne nécessite pas de dessiner de ligne au sol ou de disposer des capteurs magnétiques pour qu’il puisse se repérer", souligne le responsable.

 

 

- Agrikolis : basée à Tourcoing, la start-up entend étendre le maillage territorial de Cdiscount aux zones rurales et péri-urbaines en transformant les exploitations agricoles en points relais pour les produits de plus de 30 kilos comme l’électroménager. Après avoir passé commande sur internet, le client peut compter sur les agriculteurs du réseau situés à moins de 10 km de son domicile pour réceptionner le colis, voire même se le faire livrer chez lui s’il n’est pas équipé du moyen de transport ad hoc.

 

L’agriculteur, doté par la plateforme d’un smartphone afin de gérer les flux, est rémunéré au colis, selon la taille et le volume de ces derniers. "En moyenne, aujourd’hui, un agriculteur traite une centaine de colis par mois, soit environ 100 euros", pointe Cédric Guyot, l’un des deux fondateurs. La start-up, qui compte 55 points relais aujourd’hui, en escompte 80 d’ici la fin de l’année 2019. Et plus de 200 à l’horizon 2020.

 

Un second espace centré sur le marketing et les données

Peaufinant sa logistique, Cdiscount n’en oublie pas moins un second axe d’importance : son marketing et l’exploitation de ses données. "Avec un trafic de 20 millions de visiteurs uniques mensuels et un catalogue de 60 millions de produits, nous avons travaillé sur nos algorithmes pour gérer de telles volumétries et aider les internautes à choisir parmi toutes nos références. Mais l’on ne sait pas tout faire", pointe François Marical, directeur marketing digital de Cdiscount.

 

Pour s’attacher davantage de clients, le e-commerçant a donc fait appel à des start-up spécialisées dans l’intelligence artificielle ou encore la biométrie pour travailler sur l'expérience d'achat et le commerce communautaire. Celles-ci sont hébergées dans un second espace d’accompagnement, baptisé Le Lab, ouvert cette année et réservé aux entreprises early stage. Un vaste terrain de jeux mettant à disposition les 250 To de données propres au e-commerçant. On compte parmi elles :

 

Popsell : cette plateforme personnalisable, intégrée dans le site de la marque ou une application spécifique, entend renouveler le programme de fidélité. Elle permet de bâtir une communauté de clients autour de certains d’entre eux, promus micro-influenceurs. Ces derniers sont chargés de communiquer sur la marque via les réseaux sociaux et l’emailing pour créer un engagement auprès de leurs followers.

 

"Chaque like, téléchargement de l’application de la marque… est traqué sur le principe de l’affiliation afin de mesurer l’impact de la communication", explique Alric Nicol, fondateur de Popsell. En échange, l’influenceur gagne des points lui donnant droit à certaines promotions ou privilèges. "Aujourd’hui, nous gérons des communautés de 50 a 10 000 personnes par marque, souligne le responsable. Mais avec Cdiscount, nous allons monter jusqu’à 100 000 ou 150 000 personnes. A nous de nous adapter pour répondre à de tels besoins".

 

- Paywax : la start-up entend optimiser le parcours d’achat des sites e-commerce en permettant au client de créer un compte ou de se connecter sur le site marchand via un système d’authentification biométrique. "L’idée est de faire disparaître le mot de passe, dont personne ne se rappelle jamais, explique Grégory Zerbib, CEO de Paywax. Et de le remplacer par un système biométrique, proposé à l’ouverture du compte, lors de l’achat ou à la fin de celui-ci pour la prochaine fois. Plus rapide, le système est aussi plus sécurisé puisqu’il repose sur une double authentification : celle de votre empreinte. Et celle du téléphone qui a servi lors de l’ouverture de compte".

 

La solution se présente sous forme d’une brique logicielle intégrée sur le mobile des utilisateurs qui le souhaitent. "On s’appuie sur les caméras de reconnaissance visuelle et les lecteurs biométriques déjà contenus dans les smartphones pour procéder à l’authentification. Notre solution ne fait que dialoguer avec le lecteur d’empreinte. Nous n’avons pas accès à vos informations sensibles, qui restent contenues dans votre téléphone", détaille Grégory Zerbib. Paywax, qui travaille déjà avec d’autres marques, revendique une augmentation de 20% des conversions sur mobile grâce à sa technologie.

 

A leurs côtés, Stockly.AI, Pricemoov et I-Wantit, start-up proposant une application qui permet de créer sa propre wishlist personnalisée et connectée avec sa communauté, sont également incubées. Les solutions marketing étant plus simples à mettre en place que celles de logistique, les cinq jeunes pousses devraient déjà accoucher de nouveaux services d’ici la période critique des fêtes de fin d’année.

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