Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Ce qu'il faut savoir sur ripple, la nouvelle star des cryptomonnaies

Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

Analyse Le cours du ripple a enregistré une croissance de 36 000 % en un an. Quand cette cryptomonnaie utilisée par les banques est-elle née ? A quoi sert-elle ? Comment fonctionne-t-elle ? Pourquoi connaît-elle un tel engouement ? Peut-elle être comparée aux autres cryptomonnaies ? Quelles sont ses limites ? Eléments de réponses à travers sept questions.

Ce qu'il faut savoir sur ripple, la nouvelle star des cryptomonnaies
Ce qu'il faut savoir sur ripple, la nouvelle star des cryptomonnaies © dr

Quand est né le ripple ?

Le projet Ripple remonte à 2004, date à laquelle a été fondée l'entreprise RipplePay. Mais initialement la société ne visait pas à créer une cryptomonnaie basée sur un registre distribué. L'objectif du projet consistait à permettre aux personnes de créer elles-mêmes leurs monnaies locales au sein de différentes communautés. En 2012, après la création du bitcoin, l'équipe fonde une nouvelle société, Open Coin, dont le nom changera en Ripple Labs l'année suivante. C'est Ripple Labs qui est à l'origine de l'émission du token ripple. L'idée consiste alors à utiliser des serveurs décentralisés, comme pour le bitcoin, pour valider les transactions et simplifier les transferts d'argent internationaux.

 

A quoi sert le ripple aujourd'hui ?

En 2014, Ripple Labs a décidé de se focaliser sur les échanges interbancaires. Le XRP (l'acronyme qui désigne le token ripple) est utilisé pour optimiser ces derniers. "Le but est de s'affranchir de ce que l'on appelle les pairs dans le marché des devises. Au lieu de d'échanger un dollar américain en euro, on va échanger un dollar en XRP puis passer du XRP à l'euro", explique Alexandre Stachtchenko, cofondateur de la start-up Blockchain Partner et président de La Chaintech, association des acteurs francophones de la blockchain. Le XRP est donc utilisé comme une monnaie universelle de compensation (et non comme une monnaie de paiement) afin de simplifier les transactions interdevises (échange instantané contre plusieurs jours de traitement avec le système classique) et les rendre moins coûteuses.

 

Les particuliers peuvent-ils acheter des ripples ?

Oui, les particuliers peuvent acheter des ripples. En revanche, ils ne font pas partie du réseau dans le sens où ils ne sont pas validateurs. "Ce dont a besoin le XRP, pour atteindre son statut de monnaie universelle de compensation, c'est d'avoir une liquidité maximale, meilleure même sur le dollar à terme, afin de prendre sa place. En s'ouvrant au public, cette liquidité est accentuée", explique Alexandre Stachtchenko. Toutefois, pour les particuliers, l'utilité intrinsèque du token ripple est nulle puisqu'ils ne peuvent pas s'en servir sur le réseau Ripple, à moins d'être validateur. Les achats des particuliers sont donc motivés par le seul aspect spéculatif.

 

Pourquoi assiste-t-on aujourd'hui à un emballement pour le Ripple ?

Le cours du ripple a enregistré une croissance de 70 000% en un an. Cet engouement est directement lié à l'annonce d'une série de partenariats : une centaine d'institutions financières va utiliser la technologie Ripple pour offrir des services de paiement instantanés. Le ripple vaut aujourd'hui entre 3 et 4 dollars sur la plupart des plates-formes d'échanges, alors qu'il valait moins d'un centime de dollar en mars dernier. Sa capitalisation ("valeur du cours" x "le nombre d'unités en circulation") représente désormais près de 145 milliards de dollars. Cela fait du ripple la deuxième cryptomonnaie la plus importante après le bitcoin. Elle coiffe ainsi Ethereum dont le cours s'élève pourtant à 968 dollars mais dont la capitalisation ne dépasse pas les 100 milliards de dollars.

 

Comment fonctionne le protocole Ripple ?

A la différence des blockchains Bitcoin et Ethereum, la blockchain Ripple ne fait pas appel à des mineurs qui mettent à disposition de la puissance de calcul pour effectuer des opérations cryptographiques permettant de valider des blocs de transactions. Dans la blockchain Ripple, la totalité des tokens est déjà pré-minée (tous sont déjà créés, mais seuls 40% environ sont en circulation sur le marché, les autres étant bloqués dans un séquestre informatique) et les transactions sont validées grâce à un système de vote.

 

Peut-on comparer le ripple aux autres cryptomonnaies ?

"Je pense que c'est une erreur d'analyser le ripple avec la même grille de lecture que pour les autres cryptomonnaies et notamment Bitcoin", estime Alexandre Stachtchenko. De par son fonctionnement, le réseau Ripple est loin d'être aussi distribué que celui du Bitcoin. "Pour participer au réseau en tant que validateur, il faut accepter de suivre une charte éditée par l'entreprise Ripple Lab. C'est un réseau fermé. On compte aujourd'hui une centaine de nœuds", explique le spécialiste. Ces nœuds correspondent principalement aux institutions financières qui ont accepté de suivre la charte. "Le ripple n'est pas un bitcoin bis. Il ne cherche pas la disruption mais l'optimisation de l'existant", résume Alexandre Stachtchenko.

 

Quelles sont les limites du Ripple ?

Une première critique émise par la communauté relève du domaine idéologique. "C'est une cryptomonnaie qui sert le système bancaire. Si on cherche un réseau décentralisé pour se défaire du système bancaire, ce n'est pas le sujet. Ripple ne permet pas de financiariser les non bancarisés par exemple", avance Alexandre Stachtchenko. L'autre principale critique repose quant à elle sur la sécurité du réseau. L'algorithme de consensus qui repose sur un système de vote permet une vitesse d'exécution beaucoup plus rapide que sur le protocole Bitcoin mais cette efficacité a en contrepartie une sécurité plus faible. Enfin, le fait qu'une grande majorité des ripples soit détenue par seulement quelques personnes (Ripple Labs en détient 60% et les deux anciens CEO 20%) pose un problème de dépendance. "Au-delà du fait que ces personnes contrôlent de facto le marché, imaginez si dans 20 ans la technologie était utilisée par toutes les banques. Le pouvoir qu'auraient ces gens sur l'économie mondiale poserait un sérieux problème", souligne Alexandre Stachtchenko.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale