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Ce que l'on sait sur StopCovid, l'application de traçage numérique que prépare le gouvernement

Vu ailleurs Le gouvernement travaille actuellement sur l'application "StopCovid" dont l'objectif est de "limiter la diffusion du virus en identifiant des chaines de transmission". Via le Bluetooth, le dispositif sera capable d'enregistrer les interactions sociales sans recourir aux données de géolocalisation. Sa date de sortie n'est pas encore connue.
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Ce que l'on sait sur StopCovid, l'application de traçage numérique que prépare le gouvernement
Ce que l'on sait sur StopCovid, l'application de traçage numérique que prépare le gouvernement © Brian McGowan-Unsplash

Le gouvernement est-il en train de faire volte-face sur le traçage numérique ? Interrogé à plusieurs reprises à ce sujet, Olivier Véran s'était montré réticent envers ce type de dispositifs. Même son de cloche du côté de la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique Vidal, qui affirmait qu'"on en n'est pas encore là" le 25 mars dernier. 

Or le ministre de la santé et le secrétaire d'Etat au Numérique Cédric O annoncent, dans un entretien accordé au Monde le 8 avril 2020, que le gouvernement travaille sur une application "pour limiter la diffusion du virus en identifiant des chaînes de transmission". Un changement de position assez radical.
 

SE CONCENTRER SUR LES INTERACTIONS SOCIALES
L'application, baptisée "StopCovid", doit servir à "prévenir les personnes qui ont été en contact avec un malade testé positif afin de pouvoir se faire tester soi-même", détaille Cédric O. Son fonctionnement est simple : lorsque deux personnes se croisent, de façon rapprochée et sur une certaine durée, le téléphone portable de l'un enregistre "les références" de l'autre. Si une personne est testée positive au SARS-CoV-2, ceux qui auront été en contact avec elle seront prévenus de manière automatique. 

Cette technique appelée "contact tracing" se concentre sur les interactions sociales, au centre de la propagation de la pandémie, et n'implique donc pas de suivre en permanence les déplacements de la population. Pour le ministre de la Santé, cet outil n'a rien d'anxiogène, bien au contraire. "Aux Contamines-Montjoie (Haute-Savoie), quand il y a eu des patients diagnostiqués, les équipes d’intervention ont interrogé tout le monde. Cela nous a fait gagner du temps avant que l’épidémie se répande sur le territoire", rappelle-t-il.

Le Bluetooth, plus protecteur de la vie privée
Autre information révélée par nos confrères, le recours au Bluetooth. Cédric O cite en exemple le projet européen "Pan-European Privacy Preserving Proximity Tracing" (PEPP-PT) qui rassemble 130 chercheurs travaillant sur la conception d'application de "contact tracing", et qui misent également sur le Bluetooth plutôt que le GPS. 

Le recours du Bluetooth est plus protecteur de la vie privée que la captation des données liées au positionnement géographique via le GPS. D'ailleurs, le secrétaire d'Etat au Numérique promet que l'application ne géolocalisera pas les utilisateurs. "Elle retracera l’historique des relations sociales qui ont eu lieu dans les jours précédents, sans permettre aucune consultation extérieure, ni transmettre aucune donnée", note-t-il.

Actuellement, un consortium de chercheurs piloté par Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) travaille sur un prototype. Pour l'instant, l'objectif est de "franchir certaines barrières technologiques" car "le Bluetooth n’a pas été prévu pour mesurer des distances entre les personnes", explique le secrétaire d'Etat.

Encore au stade de recherche
Cette application n'est pas prête à être déployée, prévient Cédric O. "Je ne peux pas vous dire s’il nous faudra trois ou six semaines pour le développer (…) Nous ne déciderons que plus tard de l’opportunité de déployer ou non une telle application". Et le gouvernement se veut rassurant : hors de question d'imposer l'utilisation de cet outil. "L'application est installée volontairement", indique le secrétaire d'Etat.
 

Par ailleurs, aucune mention n'est faite de la collaboration avec la start-up Palantir. Pourant, le 1er avril 2020, Bloomberg annonçait que certains pays européens dont la France étaient en pourparlers avec ce spécialiste du renseignement électronique, partenaire stratégique du gouvernement américain (NSA, CIA, FBI, forces armées...). 

 

Projet final soumis à la Cnil

Le projet final sera soumis à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) pour qu'elle en contrôle le contenu. Interrogée par L'Express, la présidente de l'autorité Marie-Laure Denis est déjà très claire à ce sujet : si le Gouvernement compte obliger les personnes à utiliser l'application, il devra "adopter un texte législatif". Dans tous les cas, le dispositif de tracking devra démontrer son caractère "nécessaire" par rapport à la crise sanitaire et sa proportionnalité "par un respect des principes de la protection des données personnelles" comme "la minimisation des données collectées, des finalités qui doivent être explicitées et précises, un caractère provisoire... ".

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

2 commentaires

decrion
10/04/2020 10h05 - decrion

hong kong a développé cette application et a déposé les sources dans le monde des logiciels libres on n'a pas besoin de 130 chercheurs sur ce sujet

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Dany Maruani
08/04/2020 16h47 - Dany Maruani

Il est comme même question de vie et de mort ! Est-ce ces données de vie privée sont plus importantes que le sauvetage d'une (ou plusieurs vies) ? A mon avis non ! Et je pense que si on faisait un sondage maintenant, une grande majorité serait d'accord pour être géo-localisée afin de sauver des vies. Je vie moi-même dans un pays qui a autorisé le traçage des smartphones et qui propose des applications pour avertir des contacts avec des personnes contaminées et je trouve ça tout a fait normal en vue de sauver la vie de nos proches.

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