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Ce que les objets connectés vont révolutionner dans les entreprises

Si le grand public adopte en masse ces nouvelles technologies que sont les objets connectés, qu’en est-il dans la sphère professionnelle et plus précisément dans l’industrie ? Pour Amor Bekar, président d'IFS France, l’intérêt de ces technologies ont un réel potentiel, notamment pour les activités industrielles, de distribution et des services : production, entreposage, logistique… La réduction des cycles d’innovation, l'amélioration de la traçabilité ou encore une meilleure sécurité au travail sont également des pistes qu'il trouve intéressantes.
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Ce que les objets connectés vont révolutionner dans les entreprises
Ce que les objets connectés vont révolutionner dans les entreprises © DR

Depuis la dernière édition du Consumer Electronic Show, le salon consacré à l’innovation technologique en électronique grand public, il est impossible de passer à côté du concept de "wearable technology" ou objet connecté. Le cabinet Gartner a d’ailleurs prédit que ce marché atteindra 10 milliards de dollars en 2016. Les objets connectés grand public englobent les vêtements, bracelets, montres, les lunettes de réalité augmentée et autres objets permettant d’améliorer et contrôler ses indicateurs de santé personnels (ex : rythme cardiaque, sommeil, poids, etc.).

Si le grand public adopte en masse ces nouvelles technologies (le marché mondial des bracelets connectés a connu une augmentation massive de +684% au deuxième trimestre 2014),  qu’en est-il dans la sphère professionnelle et plus précisément dans l’industrie ?

20% des entreprises ont pris la décision d’investir dans les objets connectés

Il n’est pas inhabituel que l’usage de technologies se déplace du monde de l’entreprise au grand public et inversement, cette tendance est renforcée depuis l’apparition des smartphones et du phénomène BYOD (Bring Your Own Device). Aujourd’hui, il semblerait que les objets connectés suivent cette voie. L’intérêt de ces technologies ayant un réel potentiel, notamment pour les activités industrielles, de distribution et des services : production, entreposage, logistique...

"Les Wearable Technologies sont un prolongement naturel des possibilités en matière de mobilité pour les utilisateurs ; elles créent de nouvelles opportunités en apportant des éléments d’information complémentaires, des analyses ou encore des visuels 3D", comme le souligne R. Ray Wang, analyste et Président de Constellation Research Inc. "Cette convergence de la science des matériaux et de l’informatique offre de nouveaux modèles commerciaux innovants et l’opportunité de lancer des initiatives de transformation numérique en entreprise."

Toute technologie introduite dans un milieu professionnel doit avoir comme but sous-jacent de simplifier la complexité et la charge de travail pour ses utilisateurs, mais aussi améliorer leur efficacité et permettre de réduire les coûts. Et les grandes entreprises internationales l’ont très bien compris. Le cabinet PwC a d’ailleurs montré, dans une étude publiée durant l’été 2014, que 20% des entreprises ont pris la décision d’investir dans les objets connectés, que ce soit pour offrir de nouveaux services ou pour optimiser leurs prises de décisions.

Réduction des cycles d’innovation, amélioration de la traçabilité et meilleure sécurité au travail

Les objets connectés peuvent permettre de rendre une chaine de production et logistique plus efficace. L'aviation civile est d'ailleurs en pleine expérimentation dans ce domaine. La compagnie aérienne Japan Airlines, par exemple, a déployé des applications mobiles pratiques et des dispositifs portables grâce aux lunettes de réalité augmentée Google Glass dans ses processus de maintenance.

Les lunettes connectées sont portées par les ingénieurs qui travaillent autour de l'avion sur le tarmac ; les images capturées par les lunettes connectées sont directement envoyées à des experts techniques. Ils sont alors en mesure de prévenir l’ingénieur sur le terrain d’éventuelles anomalies, la valeur ajoutée de ce processus résidant dans le fait que davantage d’avions peuvent ainsi être vérifiés grâce à un gain de temps dégagé par l’utilisation de Google Glass. Les maintenances techniques sont effectuées plus rapidement, peuvent être évaluées en temps réel et toutes les données sont enregistrées dans le système d’information. Les compagnies low cost, à l’instar d’Easy Jet, se penchent aussi sur le déploiement de technologies connectées pour permettre à ses équipes d’ingénieurs d’aider à distance un pilote ou un mécanicien.

Autre exemple : le gant robotique pour soutenir l’activité de production. Développé initialement par le MIT pour améliorer les conditions de vie des personnes handicapées, le gant robotique ajoute deux doigts supplémentaires à une main. Se portant comme un gant, le collaborateur continue son mouvement habituel, le gant lui apportant une extension de sa main. Dans des tâches complexes de production, le gant permet d’améliorer la vitesse de production sans nuire à la qualité de travail.

Dans le même ordre d’idée, les exosquelettes vont apporter de nombreux avantages au monde de l’entrepôt et de la manutention industrielle en général. Un opérateur en entrepôt va pouvoir soulever et déplacer des charges lourdes sans avoir besoin de recourir à un transpalette ou à un palan. Plus largement, les exosquelettes vont améliorer le confort et la sécurité au travail, notamment en prévenant les troubles musculo-squelettiques et en diminuant la pénibilité des tâches manuelles.

Pour la chaine logistique, les objets connectés présentent également un fort potentiel d’amélioration de l’efficacité. Ainsi un technicien de maintenance, en utilisant une technologie de reconnaissance optique peut savoir immédiatement ce qui doit être remplacé, la disponibilité de la pièce et la commander. Cela permet d’éliminer plusieurs étapes dans le processus traditionnel.

Dans tous les secteurs d’activité mais d’autant plus dans l’industrie, la sécurité des travailleurs est toujours primordiale. En pratique, les objets connectés peuvent améliorer considérablement la sécurité dans ce qui peut souvent être des situations de tâches complexes, et ainsi permettre au personnel d’avoir les deux mains libres. Ce type de technologie n’a pas besoin d’être relié à un câble qui traîne puisqu’aucun dispositif n’a besoin d’être branché pour être utilisé. Les collaborateurs n’ont donc pas de contraintes dans leurs mouvements s'ils doivent se déplacer rapidement, par exemple dans le cas d'une anomalie sur la ligne de production ou, plus grave, un début d’incendie. Ils ne sont pas gênés physiquement.

Contraintes technologiques et Big Data

Déployer des objets connectés dans un entrepôt ou un atelier pour améliorer la productivité des collaborateurs nécessite que l’entreprise ait une parfaite maitrise de son parc informatique et mobile, et plus généralement de son système d’information.

Le déploiement d’objets connectés n’a de sens que si l’entreprise se place dans une logique de continuité dans la transformation numérique de ses processus. Et cela passe aussi par des efforts en matière de sensibilisation du personnel à travers un démarche sérieuse de conduite du changement afin qu’il comprenne qu’il ne s’agit pas de gadgets, mais que ces outils présentent un réel avantage pour leurs tâches dans leur travail.

La gestion de toutes les informations captées ou envoyées par les objets connectés corrélées au système d’information existant de l’entreprise doit être prise en compte par la DSI et implique de mettre en place une politique de Big Data afin que les données soient continuellement optimisées.

Un pas de plus vers l’Usine du Futur

Ce n’est pas un hasard si les 34 plans de la Nouvelle France Industrielle incluent des technologies liées aux objets connectés et à la réalité augmentée. Ces technologies sont l’avenir d’une économie compétitive et innovante où l’industrie tend vers le concept d’Usine du Futur, une usine au sein de laquelle les facultés d’innovation et de création sont décuplées et où les technologies sont au service des collaborateurs pour rendre efficientes leur productivité et leurs conditions de travail.

Amor Bekar, président d'IFS France

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