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Ce que vaut vraiment le cloud de Google

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Alors que Google s’impose comme un acteur majeur du cloud, il continue à garder secrets ses résultats dans cette activité. Une position qui pourrait bientôt changer. En attendant, L’Usine Digitale tente de percer le mystère.

Ce que vaut vraiment le cloud de Google
Datacenter de Google Cloud à Mons, en Belgique © Google

Tous les cabinets d’étude de marché sont d’accord. Google s’impose de plus en plus comme un acteur majeur du cloud dans le monde aux côtés de quatre grands acteurs, tous américains : Microsoft, Amazon Web Services, Salesforce et IBM. Mais que vaut vraiment son activité dans ce domaine ? La question brûle les lèvres des observateurs. Car contrairement à ses quatre grands concurrents, il cultive le plus grand secret sur cette activité qui reste encore mineure dans ses résultats.

 

Un pas vers la levée de la culture du secret

Google est présent dans les deux grands segments du cloud : celui du logiciel à la demande (SaaS pour software as service) à travers son offre "G Suite" de communication et collaboration en ligne, et celui de l’infrastructure à la demande (IaaS pour infrastructure as a service et PaaS pour Platform as a service) à travers son offre "Google cloud platform". Depuis septembre 2016, les deux offres sont regroupées sous la même bannière : "Google cloud". Une intégration visant à développer plus vite cette activité.

La culture du secret de la filiale d’Alphabet pourrait bientôt prendre fin. Son PDG Sundar Pichai a entrepris un premier pas dans ce sens lors de la présentation des résultats 2017 en levant un coin du voile sur cette activité. Mais il s’est contenté d’indiquer que Google cloud a atteint un chiffre d’affaires trimestriel récurrent de 1 milliard de dollars. Une révélation qui donne une idée de la dynamique mais pas de la taille précise de cette activité.

 

La réalité en dessous des estimations des analystes

Cette révélation ne constitue pas moins une grande surprise. Elle met le cloud de Google bien en dessous des estimations fournies jusqu’ici par certains cabinets d’études de marché. Le cabinet français Pierre Audoin Consultants (PAC) évalue le chiffre de Google Cloud à 4,45 milliards de dollars en 2016, dont 3,2 milliards de dollars pour G Suite et 1,25 milliard de dollars pour Google cloud platform, tandis que le cabinet américain TBR l’estime à 4,1 milliards de dollars en 2016 avec une répartition comparable entre G Suite et Google Cloud Platform. Les analystes de Jefferies se montrent plus généreux en accordant au cloud de Google un chiffre d’affaire annuel récurrent de 5,8 milliards de dollars.

Le chiffre d’affaires  dans le cloud des principaux acteurs en 2017

  1. Microsoft : 18,6 milliards de dollars (+52%)
  2. Amazon Web Services : 17,4 milliards de dollars (+43%)
  3. Salesforce : 10 milliards de dollars (+24%)
  4. IBM : 9,3 milliards de dollars (+35%)
  5. Oracle : 5,7 milliards de dollars (+54%)
  6. SAP : 4,7 milliards de dollars (+26%)
  7. Google: 3,5 milliards de dollars (+84%)
  8. Alibaba : 1,7 milliard de dollars (+90%)

Sources : Canalys, Synergy Research et les sociétés concernées

 

Selon les derniers chiffres que nous nous sommes procurés auprès des cabinets Canalys et Synergy Research, le cloud de Google s’avère bien plus petit avec un chiffre d’affaires de seulement 3,5 milliards de dollars en 2017, en bond de 84% par rapport à 2016. Ce chiffre concorde avec celui révélé par Sundar Pichai. Selon le calcul de L'Usine Digitale en croisant les données de Canalys et Synergy Research, il se répartirait à 1 milliard de dollars pour G Suite et 2,5 milliards dollars pour Google cloud platform dans une proportion exactement inverse à ce qui était pressenti jusqu’ici. Il place Google loin derrière Microsoft, Amazon Web Services et Salesforce, qui ont tous franchi la barre des 10 milliards de dollars en 2017. Et le positionne même en dessous d’IBM, d’Oracle et de SAP.

 

Des comparaisons à prendre avec des pincettes

Alors pourquoi un tel retard alors que Google a été pionnier sur le marché avec le lancement de l’ancêtre de sa solution G Suite en 2006 et de son offre PaaS en 2008. "Google a longtemps négligé le segment d’infrastructure IaaS, le domaine de prédilection d’Amazon Web Service, pour se cantonner aux segments SaaS et PaaS, explique à L'Usine Digitale Olivier Rafal, analyste et consultant chez PAC. Il a du coup délaissé le marché des grandes entreprises pour se concentrer sur celui des développeurs et start-up. Il a maintenant un grand retard à rattraper sur Amazon Web Services."

Les comparaisons entre les acteurs ne sont toutefois pas toujours pertinentes. Si Google ressemble à Microsoft et IBM, présents eux aussi sur les deux grands segments du cloud, il en va différemment d’Amazon Web Services, présent plutôt sur le segment de l’infrastructure à la demande, et de Salesforce, Oracle et SAP, présents plutôt sur le segment du logiciel à la demande. Google opère exclusivement dans le cloud public, tandis que Microsoft et IBM interviennent également dans le cloud privé et hybride.

 

De grandes ambitions à l'horizon 2022

Il n’en reste pas moins qu’une question se pose : Google peut-il battre Amazon Web Services dans le cloud d’infrastructure à l’horizon 2022 comme Sundar Pichai l’ambitionne ? Certes, il affiche une croissance impressionnante de près de 100% selon Canalys et Synergy Research, deux fois plus rapide que celle du leader incontesté de ce segment. Mais son retard reste important et ses handicaps nombreux en termes de démarche commerciale, d'écosystème ou de perception de sa ploitique de sécurité. "Une chose est sûre : Google sera un acteur majeur du cloud mondial, prévoit néanmoins Olivier Rafal. Il propose déjà des services sophistiqués sur le segment de l’IaaS qu’on ne retrouve pas chez les concurrents. Techniquement, il sait faire."

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