CeBIT 2015 : Pour Jack Ma, le digital doit apprendre de l'industrie

L'intervenant le plus attendu de la cérémonie d'ouverture du CeBIT 2015 était Jack Ma, le fondateur d'Alibaba, géant chinois du e-commerce. Il s'est fendu d'une présentation exaltée dans laquelle il a plaidé pour une synergie des entreprises digitales avec l'industrie traditionnelle et a donné sa vision d'un futur dans lequel les données seront au coeur de la production industrielle.

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CeBIT 2015 : Pour Jack Ma, le digital doit apprendre de l'industrie

Le thème de la cérémonie d'ouverture du CeBIT cette année était "d!conomy" : la transformation digitale de la société. Un changement aussi profond et durable que celui qu'a représenté la révolution industrielle il y a 200 ans. L'autre thème majeur était la volonté affichée d'une coopération sino-germanique renforcée en matière d'industrie numérique, un désir qu'a symbolisé la présentation de Jack Ma, le fondateur du géant chinois de l'e-commerce Alibaba.

Jack Ma a débuté sa présentation en se remémorant comment, lors de sa première venue au CeBIT il y a 14 ans, il avait eu du mal à obtenir un stand pour son entreprise. Puis comment il y a 8 ans, il avait tenté de convaincre les organisateurs de passer les stands en ligne pour créer une déclinaison numérique du salon, tentative qui s'était avérée un échec car ceux-ci voyaient en Internet un rival aux salons traditionnels. Et enfin, comment il est de retour aujourd'hui, en quête de l'élément manquant aux pure players.

"Peu d'entreprises sur Internet survivent plus de trois ans"

Le constat de Jack Ma est simple : "malgré l'impact énorme d'Internet sur nos sociétés, peu d'entreprises s'y consacrant survivent plus de trois ans". Et "même les géants du secteur, comme Google, Amazon ou Alibaba, sont constamment sur le qui-vive", à l'affût d'un danger potentiel menaçant leur pérennité.

Le digital doit apprendre de l'industrie traditionnelle

Pour lui, "ces entreprises vouées aux nouvelles technologies doivent apprendre de l'industrie traditionnelle pour devenir réellement durables", et "la réponse se trouve en Europe", le berceau de grands groupes industriels comme Siemens, fondé en 1847. "Pour survivre, ces entreprises doivent trouver ce chaînon manquant" : comment allier le numérique à l'analogique.

"Le futur sera C-to-B, pas B-to-C"

Alors que de plus en plus de données utilisateurs sont disponibles, la fabrication va devoir être de plus en plus personnalisée. Le marché ira du consommateur au business, et pas le contraire. "Si la révolution industrielle a libéré le corps humain, la révolution digitale libère l'esprit", selon le patron d'Alibaba. "Les machines vont devoir parler et penser, et ce n'est pas le pétrole ou l'électricité qui sera au coeur de leur fonctionnement, mais les données". Pour lui, le "d" de "d!conomy" ne signifie pas tant "digital" que "data".

Plus de femmes à la tête d'entreprises

"Le futur verra aussi de nombreuses femmes émerger dans des positions de leadership, car seront mises en avant non plus la force mais la sagesse, la sensibilité et la responsabilité". Pour Jack Ma, "les entreprises ne doivent plus se concentrer sur la taille et la puissance, mais sur la flexibilité et l'agilité".

il faut Avoir des rêves

Pour Ma, "ce n'est pas la technologie qui change le monde, ce sont les rêves derrière la technologie, qui motivent sa mise en oeuvre". Lui-même dit ne rien connaître à la technologie, et devoir son succès à ses rêves.

Le fondateur du site de e-commerce chinois a terminé sa présentation par la démonstration d'un nouveau système de paiement en ligne sur smartphone pour Alibaba, utilisant un capteur biométrique et un algorithme de reconnaissance faciale pour authentifier la transaction.

Julien Bergounhoux

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