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[Cegid Connections 2019] La RFID va-t-elle faire disparaître les caisses traditionnelles ?

Alors qu’en magasin, le passage en caisse reste un irritant aux yeux du consommateur, les solutions de self-checkout, ou caisse libre-service, se multiplient. Dans le cadre de Cegid Connections 2019, qui se tient du 15 au 17 mai à Madrid, Antoine Bertier, Retail R&D director chez Cegid, et Eric Quivy, Chief technology officer chez Frequentiel, reviennent sur les bénéfices de l’une d’entre elles, la RFID. 
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La RFID va-t-elle faire disparaître les caisses traditionnelles ?
[Cegid Connections 2019] La RFID va-t-elle faire disparaître les caisses traditionnelles ? © Carrefour

L’amélioration de l’expérience client est sur toutes les lèvres, mais le passage en caisse dans un magasin, notamment l’attente qu’il implique, demeure un point de friction pour le consommateur. "Il y a une attente de la part des retailers en général de supprimer la caisse, même si les réponses dépendent du pays", estime Antoine Bertier, Retail R&D director chez Cegid, à l’occasion de Cegid Connections 2019 qui se tient du 15 au 17 mai à Madrid. D’Amazon Go à Apple, pionnier en la matière en passant par WeChat et Alipay en Chine, certains ont franchi le cap. Or si le self-checkout n’a pas à vocation à supprimer la caisse, il modifie en profondeur son rôle, celui du consommateur et celui du personnel de vente.

 

La caisse, ancien pilier de la data

Jusqu’à assez récemment, la caisse était le seul point de contrôle des données du magasin."Elle génère des reçus, intègre des calculs de taxes, les prix, les informations sur le produit et le stock, identifie le vendeur et calcule sa commission, puis plus tard, le client via son compte fidélité. Elle permet de garantir que la transaction a été faite selon les règles, fournit le moyen de contrôle et génère la confiance, rappelle Antoine Bertier. L’avènement de la connectivité et les progrès technologiques ont changé la donne. "Aujourd’hui, les données sont dans le cloud, et des API permettent d’accéder en temps réel à ces données, de les contrôler, poursuit Antoine Bertier. L’accès aux données n’est donc plus une raison d’aller sur la caisse". Un changement notable qui amène à revoir la place  des caisses traditionnelles, voire pour certains, de souhaiter les faire disparaître des points de vente.

 

Un gain de temps en réserve et en surface de vente

Parmi les innovations qui pourraient sonner le glas des caisses traditionnelles, les solutions d’encaissement mobile et la RFID (Radio frequency identification). "La RFID permet d’identifier chaque produit de manière unique et de faire une gestion de stock universelle à la caisse", explique Eric Quivy, Chief Technolgy Officer chez Frequentiel, acteur majeur des solutions de mobilité et RFID dans le retail en Europe. Cette société, qui est notamment derrière le dispositif des cintres connectés mis en place au tout dernier magasin des Galeries Lafayette des Champs-Elysées, propose aux retailers différents scénarios d’usage de la RFID en magasin, qui permet à la fois de gagner du temps en point de vente mais également d’éviter un certain nombre d’erreurs liées à l’encaissement traditionnel, améliorant ainsi la fiabilité des données d’encaissement.

 

Principe : chaque étiquette RFID est dotée d’un tag qui comprend un numéro unique. Celui-ci permet de gérer les numéros de série des produits, le lieu où ils se trouvent ou leur statut (si un produit est défectueux par exemple). Si un produit est vendu lors d’un inventaire, le personnel sait en quasi temps réel s’il faut le déduire du stock. "La RFID permet donc de faire un inventaire dans un magasin ouvert", poursuit Eric Quivy. Elle permet également de le faire plus rapidement : là où le scan du code-barres permet d’inventorier 200 pièces à l’heure, la RFID en promet 20 000. "Le retailer peut faire un inventaire chaque semaine et répondre aux problématiques de réajustement des stocks", explique Eric Quivy.

 

Autres applications de la technologie RFID en magasin : un réassort automatique des surfaces de vente depuis les réserves, l’identification des produits se trouvant en cabine… Un gain de temps précieux pour les équipes en point de vente. "Le retour sur investissement est très rapide, ajoute Eric Quivy. Avec un inventaire hebdomadaire, on observe une augmentation des ventes de 4 à 12% car on limite les ruptures de stock".

 

En caisse, la RFID permet également de faire gagner du temps au client et à l’employé. Le produit est immédiatement identifié, et ne peut donc ni être oublié ni être comptabilisé deux fois, contrairement au code-barres. Autre avantage : la levée automatique de l'antivol, auparavant manuelle et parfois chronophage, au moment du paiement. Pour Eric Quivy, "la relation avec le vendeur est améliorée car le temps de l’employé est davantage consacré au conseil, et pas à l’encaissement". Dans les dispositifs de self-checkout via un kiosque, la RFID permet de générer automatiquement le panier, soit via un lecteur RFID ou via un QR Code sur l’étiquette.

 

Le coût de la RFID

Nombreux sont les retailers à avoir adopté le self-checkout. Fnac, Galeries Lafayette, Decathlon, Monoprix et bien d'autres. Certains mènent des tests de vente sans caisse, comme Carrefour. Est-il pour autant une solution pertinente pour tous les commerçants ? "Il n'y a pas de scénario magique, concède Antoine Bertier. Il faut se demander ce qu’on cherche à faire : supprimer l’attente, supprimer les vendeurs, supprimer les espèces ? Est-ce pertinent sur toutes les catégories de produits ?" Et l'encaissement automatique doit-il forcément s'accompagner d'un dispositif RFID ? "La plupart de nos clients (franchises Decathlon, Orchestra ou encore Naf Naf, NDLR) l'utilisent comme solution d'inventaire, explique-t-on chez Frequentiel. Mais tous les scénarios sont possibles".

 

Outre les investissements liés au self-checkout (logiciel, intégration, déploiement, formation éventuelle du personnel en cas d'assistance), la RFID a un coût. Selon Frequentiel, il faut compter 5 cents par étiquettes (contre 2 cents sur une étiquette traditionnelle), et jusqu’à 10 cents par étiquette pour des produits liquides, comme les produits cosmétiques. Et si la solution est pertinente sur les produits manufacturés, comme le textile ou le high-tech, elle peut apparaître coûteuse sur les produits périssables.

 

Vers la fin du cash ? Pas tout de suite...
La technologie RFID rend le rôle de la caisse, au sens traditionnel, obsolète. Le paiement mobile, dont les wallet, achève de la ringardiser et le paiement en espèce disparaît. Pourtant, à l’heure où les magasins sans caisses se multiplient - aux Etats-Unis, en Chine mais aussi dans les pays européens - certaines initiatives tendent vers le chemin inverse. Amazon Go, à New York, a annoncé revenir au paiement par espèces, pour ne pas faire de discrimination envers les clients n’étant pas dotés de moyens de paiement électronique. "Le cash existe depuis des centaines milliers d’années, note Antoine Bertier. Le supprimer implique la fin du paiement anonyme et de la discrimination potentielle". D’autres villes ou Etats américains, comme le Massachusetts, Philadelphie et le New Jersey, interdisent désormais les magasins ne proposant pas le paiement en espèces.

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