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[CES 2020] GoyaLab veut lutter contre la contrefaçon à l'aide de son spectromètre connecté

A l'occasion du CES, qui se tient à Las Vegas jusqu’au 10 janvier, la start-up GoyaLab expose son spectromètre connecté. Pensé pour authentifier les produits et, donc, lutter contre la contrefaçon, le dispositif repose sur la photonique… et intéresserait de grands groupes.
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GoyaLab veut lutter contre la contrefaçon à l'aide de son spectromètre connecté
[CES 2020] GoyaLab veut lutter contre la contrefaçon à l'aide de son spectromètre connecté © GoyaLab

Authentifier des produits au moyen de la photonique. C’est l’idée derrière GoyaLab, une spin-off du centre technologique d’optique et lasers ALPhANOV créée en septembre 2018. La start-up bordelaise a développé un appareil connecté pour analyser la lumière et, par extension, la matière. Un dispositif exposé lors du CES, qui se tient à Las Vegas (Etats-Unis) jusqu’au 10 janvier et qui permettrait, selon ses mots, de "transformer le smartphone en spectromètre" via Bluetooth.

 

L’objectif de GoyaLab est clair : fournir un outil capable de détecter toute contrefaçon – un fléau qui pesait, en 2016, 510 milliards de dollars et pas moins de 3,3% du commerce au niveau mondial, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

 

UNE POUDRE POUR MARQUER LES OBJETS

Pour ce faire, la jeune pousse a noué un partenariat avec la société Olnica, qui produit des poudres fluorescentes à même de marquer des objets et matières aussi divers que des étiquettes, flacons ou caoutchoucs. Son appareil mesure le spectre lumineux et reconnaît lesdits marqueurs, qui peuvent, par exemple, être facilement implémentés dans le secteur du commerce. Mieux encore : en ce qui concerne les liquides, tels que les spiritueux, les huiles ou encore le miel, nul besoin de marqueur. "Les composants de ces derniers, naturellement fluorés [comme c'est le cas de la chlorophylle, N.D.L.R.], suffisent pour réaliser une authentification formelle", indique à L’Usine Digitale Arnaud Zoubir, ingénieur en charge du développement commercial chez ALPhANOV.

 

Le dispositif est compatible avec l’application mobile compagnon GoSpectro, disponible sur Android et iOS. Vendu à 1090 euros en direct ou chez divers distributeurs, il a déjà convaincu un grand fabricant de tubes métalliques dans le secteur pétrochimique – qui n’a pas souhaité révéler son identité. L’an dernier, ce dernier a connu une mésaventure lorsqu’il a été accusé d’être responsable d’un drame qui a coûté la vie de plusieurs ouvriers dans une usine. Si elle a toujours argué ne pas être propriétaire des conduits ayant explosé, l’entreprise a eu des difficultés pour apporter des preuves. "Notre appareil, combiné à la poudre marquante d’Olnica, lui a permettra, à l’avenir, d’apporter des justifications… et pourra éviter des dommages et intérêts qui se chiffrent en millions d’euros", expose Arnaud Zoubir.

 

 

Une levée de fonds en préparation

Les cas d’usage sont nombreux, et le CES représente, pour GoyaLab, "un accélérateur de rencontres". "Nous n’en sommes qu’au stade de présérie et, depuis l’ouverture du salon, nous avons pu engager des discussions avec trois grands groupes du CAC40 ainsi qu’avec l’armée américaine, qui s’intéresse à cette technologie pour authentifier le matériel militaire", se réjouit Ludovic Guilbert, cofondateur de la start-up incubée par Unitec et toujours hébergée dans les locaux d’ALPhANOV, qui lui loue ses laboratoires.

 

Forte d’une équipe de quatre salariés, au profil scientifique, l’entreprise prépare une levée de fonds pour le deuxième semestre 2020 afin de préparer son internationalisation aux Etats-Unis et en Europe. Un million d’euros sera, selon ses calculs, nécessaire pour atteindre cet ambitieux objectif.

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