[CES 2023] Le robot d’assistance français Buddy débarque aux États-Unis

L’heure est à la commercialisation pour "Buddy", le robot émotionnel développé par l’entreprise française Blue Frog Robotics et désormais disponible sur le sol américain. 

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[CES 2023] Le robot d’assistance français Buddy débarque aux États-Unis

Ne vous fiez pas à son nom, "Buddy" est bien français. Et c’est la première fois que les visiteurs du CES, qui se tient cette semaine à Las Vegas, pourront croiser dans les allées ce robot émotionnel sous sa forme finale. L’homme derrière ce beau bébé sur roues de huit kilos, Rodolphe Hasselvander, en a profité pour annoncer le lancement officiel de "Buddy" aux États-Unis.

Cet ingénieur en robotique et en intelligence artificielle de formation a fondé Blue Frog Robotics en 2014, après avoir remporté le Concours mondial de l’Innovation et décroché 200 000 euros auprès de la BPI pour donner vie à son idée. "On faisait des robots très perfectionnés en labo mais ils étaient surtout destinés à des professionnels et étaient très chers", explique Rodolphe Hasselvander à l’Usine Digitale. "Buddy" est, quant à lui, disponible à partir de 2 000 euros.

C’est son expérience avec une personne âgée de son entourage, en perte d’autonomie, qui l’a convaincu de la nécessité de créer un robot plus grand public et adapté aux besoins concrets des particuliers.

Des cas d’usages à fort impact sociétal

Blue Frog Robotics ambitionne de devenir un acteur incontournable de la robotique sociale et mise ainsi sur des cas d’usages à fort impact sociétal — à commencer par l’assistance aux personnes âgées, l’application originelle pensée pour "Buddy". Typiquement, "Buddy" est capable de patrouiller dans une maison et interagir avec la personne qui l’accueille. "Le robot va se comporter un petit peu comme un animal de compagnie", note Rodolphe Hasselvander, qui vante les bienfaits de cette "présence bienveillante" pour les personnes isolées notamment. Comme a pu le constater l'Usine Digitale, "Buddy" se laisse effectivement caresser et réagit à son interlocuteur.

Mais ses nombreux capteurs, sa caméra et ses deux roues prennent tout leur sens lorsque "Buddy" constate que la personne âgée ne s’est pas levée, ou s’il est tout simplement incapable de la trouver. Dans ce cas, il envoie une notification à l’entourage qui pourra alors prendre les commandes du robot à distance pour procéder à une "levée de doute".

"Buddy" peut également être configuré pour envoyer une alerte à partir d’un mot clé prononcé par son ou sa propriétaire, dans l’incapacité de se relever par exemple en cas de chute.

Sur les bancs de l’école

Mais "Buddy" n’est pas exclusivement réservé aux seniors puisqu’il s’est également frayé un chemin sur les bancs de l’école et est aujourd’hui présent dans 1 750 établissements scolaires. Il peut être employé pour l’apprentissage du code ou des langues, mais aussi accompagner les enfants atteints de troubles autistiques grâce à un large panel d’applications. Il permet aussi à des enfants à l’hôpital de suivre les cours à distance.

Lorsqu’on demande à son créateur la valeur ajoutée d’un "Buddy" par rapport à n’importe quel autre type de dispositif de visioconférence, il nous répond que "cela n’a rien à voir". "Le robot bouge, il peut suivre les copains dans la cour. Il y a une vraie incarnation, il permet beaucoup plus de choses que ce qu’on pourrait faire avec une simple caméra", souligne-t-il, citant l’anecdote d’une classe qui avait emmené le robot avec elle lors d’une visite du Musée du Louvre pour mettre à l’enfant absent de ne rien manquer.

Robot d’accueil

Mais "Buddy" peut mettre son intelligence au service de lieux publics ou de magasins, pour accueillir les gens et les renseigner, comme c’est déjà le cas dans certains magasins Boulanger et certaines boutiques Huawei. Enfin, le robot peut être utilisé par des développeurs désireux de travailler à d’autres applications et usages. "On a une vocation à aller vers le grand public, mais on n’y est pas encore", reconnaît Rodolphe Hasselvander, qui compte se tourner davantage vers les particuliers directement dès cette année.

Beaucoup de cas d’usages de "Buddy" restent à imaginer. "Aujourd’hui, on développe la plupart de nos applications mais on embarque déjà des applications développées par nos partenaires", précise le patron de Blue Frog Robotics, qui se fixe l’objectif de créer un "Apple des robots" où chacun pourra, à terme, configurer son robot avec les fonctionnalités qu’il souhaite, à partir d’une boutique d’applications ouverte.

Sur la bonne voie

S’il reste encore un peu de chemin pour y parvenir, l’entreprise espère d’abord que l’année 2023 verra les ventes de "Buddy" accélérer – 2 000 robots ont déjà été déployés depuis le début de sa commercialisation, il y a un peu plus d’un an. Blue Frog Robotics a par ailleurs annoncé, à l’occasion du CES, l’intégration d’une nouvelle suite applicative qui permet désormais aux clients de paramétrer très facilement le robot d’assistance, alors que l’entreprise se chargeait elle-même de la configuration des scénarios jusqu’à maintenant.

Fort d’une vingtaine de personnes actuellement, l’entreprise devrait doubler ses effectifs d’ici à la fin de l’année et lever de nouveaux fonds. "On veut aller plus loin et chercher des montants plus importants pour aller à l’international et développer tout cet écosystème autour du robot", résume son fondateur.

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