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Cheops Technology parie sur la désillusion envers le cloud public pour projeter son cloud managé aux Etats-Unis

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Le Bordelais Cheops Technology, qui propose des services managés de cloud privé et hybride, parie sur la montée de la désillusion des entreprises américaines envers le cloud public. Une opportunité dont il veut profiter pour s’implanter outre-Atlantique en rachetant un acteur local.

Cheops Technology parie sur la désillusion envers le cloud public pour projeter son cloud managé aux Etats-Unis
Siège de Cheops Technology, à Bordeaux © Cheops

Cheops Technology est sur le point de franchir une étape cruciale de son développement. Le spécialiste bordelais des services managés de cloud privé et hybride négocie le rachat d’un acteur au profil comparable en Californie. Son PDG Nicolas Leroy-Fleuriot se garde d’en révéler le nom à L’Usine Digitale car l’opération est toujours en négociation. Si elle aboutit, elle projetterait son entreprise aux Etats-Unis, qui constitue le plus gros marché mondial du cloud, alors qu’elle se cantonne aujourd’hui à la France.
 

Le leurre du cloud public

Nicolas Leroy-Fleuriot est convaincu que la montée de la désillusion des entreprises américaines envers le cloud public lui ouvre une opportunité inouïe pour y exporter son modèle de cloud managé. "Les Amazon, Microsoft et autre Google ont vendu le cloud public comme un moyen de réduire les coûts, explique-t-il à L’Usine Digitale. Les entreprises, outre-Atlantique, se sont engouffrées massivement dans la brèche. Elles se rendent compte maintenant qu’elles sont allées trop loin, victimes de promesses qui se révèlent être un leurre. Elles se retrouvent avec des factures prohibitives. Elles cherchent à revenir en arrière en basculant certaines de leurs applications sur le cloud privé mais ne savent pas comment le faire en raison des difficultés de résersibilité des données."

Cheops Technology estime être en bonne position pour profiter de la situation. "Nous pouvons les aider à équilibrer leur stratégie de cloud, promet son PDG. Quand nous avons un client, nous commençons par cartographier son système d’information. Nous déterminons les applications banalisées comme le Web ou la messagerie à conserver dans le cloud public, et les applications critiques comme l’ERP ou les bases de données à rapatrier dans un cloud privé. Ce sont ces applications critiques, à fortes contraintes de disponibilité et de sécurité, que nous prenons en charge dans notre cloud. Nous proposons également la gestion les transferts de charge entre les deux types de cloud."
 

Cibles: ETI et établissements de santé

Fondée en 1998 comme société d’infogérance d’applications critiques, Cheops Technology a pris le virage du cloud à partir de 2010 en commençant par le cloud privé avant de s’étendre au cloud hybride et récemment au cloud public. L’incursion dans le segment public reste toutefois anecdotique. Elle vise à répondre à la demande des clients qui veulent avoir affaire au même prestataire pour le cloud privé et le cloud public.

Le Bordelais cible tout particulièrement les ETI et les établissements de santé comme les hôpitaux et les cliniques. "Migrer ses applications vers le cloud ne résout qu’une partie du problème d’externalisation du datacenter, estime son patron. Il faut ensuite en assurer l’exploitation dans de bonnes conditions de performances, de disponibilité et de sécurités. Les grandes entreprises disposent de grosses équipes informatiques pour le faire. Mais pas les ETI. C’est ce service de gestion opérationnelle que nous leurs apportons en plus de l’hébergement."
 

Sécurisation des datacenters

Cheops Technology promet une disponibilité à "cinq neuf" (99,999%), ce qui signifie un arrêt de seulement 10 minutes non planifié par an. "Des incidents de grande ampleur, comme la coupure de plus de 2 heures qui a touché OVH en novembre 2017, ne peuvent pas nous arriver, affirme Nicolas Leroy-Fleuriot. Nous disposons de trois datacenters : deux à Bordeaux et un à Lyon servant de secours aux deux autres. Nous passons beaucoup de temps à en sécuriser le fonctionnement de façon à garantir notre promesse de haute disponibilité."

La société emploie 450 personnes et affiche un chiffre d’affaires de 103 millions d’euros sur son dernier exercice fiscal clos en avril 2017, en progression de 6%. Le cloud en représente le tiers mais croît de 15 à 20% et l’objectif est de monter à 50% en 2020. Elle revendique plus de 300 clients, dont Cdiscount, Yves Rocher, Euralis, Legrand, 70 cliniques et cinq centres hospitaliers. Son positionnement la met à l’abri de la concurrence des géants américains Amazon Web Services, Microsoft et Google, qui dominent le cloud public mondial. Ses concurrents sont plutôt des acteurs comme Atos, Orange, Neurone IT ou encore oXya, un compétiteur français racheté en 2015 par le groupe japonais Hitachi.
 

5 concurrents de taille à affronter aux Etats-Unis

Le plan stratégique de Cheops Technology prévoit un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros à l’horizon 2020 par croissance organique tirée par le développement de l'activité dans le cloud. Si le rachat de la société américaine se confirme, cela apporterait un renfort d’une centaine de personnes et 120 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ce qui porterait l’objectif de chiffre d’affaires à près de 300 millions d’euros en 2020, le triple de celui en 2017. Mais le petit acteur français devrait alors se confronter à cinq concurrents locaux dont un de poids: IBM, le numéro un mondial du cloud privé et hybride. Pas de quoi faire peur Nicolas Leroy-Fleuriot.

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