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En Chine, le trafic aérien perturbé par la lutte des éleveurs porcins contre les gangs

Vu ailleurs Pour faire pression sur les éleveurs de porcs, des gangs chinois utilisent des drones qui larguent des objets infectés par la peste porcine africaine dans leurs fermes. Afin de se défendre, ceux-ci ont installé des brouilleurs. Problème : ils interfèrent avec les systèmes de navigation des avions de ligne.
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En Chine, le trafic aérien perturbé par la lutte des éleveurs porcins contre les gangs
En Chine, le trafic aérien perturbé par la lutte des éleveurs porcins contre les gangs © Unsplash/Ricardo Gomez Angel

On pourrait croire à une scène tirée de la littérature cyberpunk. Une ferme située dans le nord-est de la Chine a été condamnée à retirer un système de brouillage non autorisé qui lui servait à éloigner des drones épandeurs de peste porcine envoyés par des gangs, d'après un article du South China Morning Post publié le 20 décembre 2019. La raison ? Il perturbait les systèmes de navigation des avions de ligne survolant la zone.

 

L'appareil a été découvert par les autorités fin octobre, après le passage de plusieurs vols commerciaux au-dessus du comté de Zhaozhou depuis l'aéroport de Harbin Taiping. Lors de ses vols, le personnel s'est plaint d'un échec du système ADS-B (automatic dependent surveillance-broadcast) – qui détermine la position d'un avion via la navigation par satellite. Aucune sanction pécuniaire n'a été prise par les autorités chinoises à l'encontre des éleveurs.

 

Déposer des objets infectés dans les fermes

La mise en place de cet appareil par les éleveurs était une manœuvre de dernier recours. Ils sont en effet victimes de pressions de la part de gangs criminels locaux qui emploient des drones pour larguer des objets porteurs de la peste porcine africaine dans leurs fermes. Ils forcent ce faisant les éleveurs à brader leurs cochons pour, à leur tour, vendre le stock de viande... comme s'il était sain. Les gangs se contentent aussi de répandre des rumeurs sur la présence du virus pour faire baisser les prix.

 

En août 2019, on comptait plus de 5 millions de porcs morts – péris ou abattu préventivement – depuis l'arrivée de l'épidémie en Chine mi-mai 2019. Les conséquences économiques sont importantes : la production de viande de porc en Asie devrait reculer de 9% sur 2019, d'après l'Organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Les prix augmentent en conséquence, fait sur lequel capitalisent les gangs.

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