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Banlieue, dernière minute, loisirs : le covoiturage selon Citygo

Encore une start-up de covoiturage courte distance ? Si Citygo se positionne sur un marché qui semble foisonner d'offres, la jeune pousse cherche à se différencier en adoptant un positionnement différent. Citygo, qui focalise son offre de covoiturage sur les zones périurbaines et les trajets domicile/loisirs, propose aussi d'organiser ses trajets à la dernière minute… Une option fortement critiquée par des plates-formes de VTC. Explications.
mis à jour le 14 juin 2019 à 09H50
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Banlieue, dernière minute, loisirs : le covoiturage selon Citygo
Banlieue, dernière minute, loisirs : le covoiturage selon Citygo © Citygo

Citygo propose une solution de covoiturage courte distance à destination des zones périurbaines. "En banlieue, 70% des trajets sont réalisés en voiture", constate Patrick Robinson Clough, fondateur et directeur général de Citygo, à l'occasion d'une conférence de presse ce 13 juin 2019. Ces zones, éloignées du cœur des métropoles, sont mal desservies par les transports en commun. D'où l'obligation de prendre sa voiture pour se déplacer... et un vivier d'utilisateurs potentiels pour Citygo. 

 

Citygo se focalise sur les trajets domicile/loisirs

"La France est championne du monde de covoiturage", poursuit Patrick Robinson Clough. Face à l'émergence de nombreuses start-up dans ce domaine, la jeune pousse cherche à se différencier. Alors même que les trajets domicile/travail ne représentent qu'un tiers des déplacements selon Citygo, la grande majorité des offres de covoiturage courte distance se focalise sur ces trajets. La jeune pousse a fait un choix différent en axant sa solution sur les trajets domicile/loisirs. Ces trajets, plus nombreux et moins anxiogènes, puisque réalisés à des horaires décalés où le trafic est plus fluide, seraient plus propices au covoiturage.

 

Du machine learning pour anticiper les déplacements

Citygo assure pouvoir anticiper les besoins de ses utilisateurs grâce à un algorithme de machine learning qui retient les habitudes de déplacements dès trois semaines d'utilisation de l'application. Cela lui permet de proposer des trajets plus rapidement. Mais la jeune pousse souhaite développer encore plus les capacités de l'application afin éventuellement de proposer des trajets avant même que la personne ne les demande. Citygo met aussi en avant son système de matching intelligent grâce auquel les conducteurs ne font pas de détour supérieur à 4 kilomètres, soit 3 minutes environ pour récupérer une personne. Objectif : proposer une solution simple afin que les utilisateurs fassent du covoiturage une habitude.

Un covoiturage de dernière minute concurrent des VTC ?

Surtout, Citygo propose une solution de covoiturage de dernière minute. S'il est possible de réserver à l'avance un trajet, la majorité des trajets sont donc demandés à la dernière minute (seulement 15% des trajets sont planifiés). Une option qui a fait parler d'elle puisque des plates-formes de VTC ont alors craint que l'application soit détournée de sa vocation pour être utilisée par des chauffeurs comme une application de VTC. "Citygo n'a jamais eu l'intention de devenir une plate-forme de VTC, rassure Patrick Robinson Clough. Des ajustements ont été faits". Par exemple, le nombre de trajets maximum par jour a été limité à quatre et le covoiturage de dernière minute a été bridé afin d'imposer un délai minimum de 15 minutes. La jeune pousse, qui assure avoir réalisé d'autres ajustements, n'en dira pas plus.

 

Autre point important mis en avant : la tarification. Imposés par Citygo, "les frais de covoiturage s'élèvent à 70 à 75% du barème kilométrique, soit environ 40 centimes du kilomètre", explique Patrick Robinson Clough. Par exemple, un trajet Créteil / Aubervilliers coûterait environ 5 euros au passager, dont 4 euros reviennent au conducteur. Citygo assure faire un rappel annuel de leurs gains aux conducteurs et transmettre ces informations au service des impôts pour les personnes touchant plus de 1 000 euros par an. Citygo est donc conçue comme une application de covoiturage "complémentaire des services de VTC", qui ne sont pas forcément présents en banlieue et ne touchent pas la même clientèle, résume Patrick Robinson Clough.

 

Une nouvelle option "Women Only"

Présente en Ile-de-France depuis 2016, sur le Grand-Lyon et la région Lille-Roubaix-Tourcoing, la start-up s'est lancée dans la région de Marseille en avril dernier et souhaite prochainement proposer sa plate-forme à Nice. Elle revendique plus de 600 000 passagers inscrits, dont un tiers serait actif tous les mois, et 110 000 conducteurs. Citygo espère dépasser les 300 000 conducteurs en 2020.

 

Pour y parvenir, la start-up va proposer à partir du 24 juin 2019 une nouvelle option baptisée "Women Only" : les conductrices pourront décider de recevoir uniquement des demandes de covoiturage provenant de femmes. Avec cette option, Citygo espère séduire plus de conductrices : la plate-forme ne recense que 10% de conductrices, pour plus de 60% passagères.

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