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Mais à quoi l'implantation sous-cutanée d'une puce NFC ou RFID peut-elle bien servir ?

Analyse Petit à petit, l’idée infuse dans la société. Se faire implanter une puce NFC ou RFID sous la peau présente, selon les premiers adeptes, de très nombreux avantages au quotidien. Pour ses pourfendeurs, la pratique est symptomatique d’une volonté de surveiller davantage encore la population. Cette intrigante technologie convainc les particuliers… mais aussi certaines entreprises, qui lancent des campagnes pour équiper leurs salariés.
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Mais à quoi l'implantation sous-cutanée d'une puce NFC ou RFID peut-elle bien servir ?
Mais à quoi l'implantation sous-cutanée d'une puce NFC ou RFID peut-elle bien servir ? © DSruptive

Hannes Söjblad vit depuis plusieurs années avec une puce sous la peau. Pas plus grande qu’un grain de riz, celle-ci lui a été implantée dans la main, entre le pouce et l’index, par un pierceur professionnel. "C’est très discret, et cela simplifie la vie de tous les jours. Plus besoin de badge pour aller au bureau ou à la salle de sport. Plus besoin de carte bancaire, non plus", se réjouit le Suédois.


Fondateur de DSruptive, une agence qui aide les entreprises à développer des solutions implantables pour "augmenter l’humain", Hannes Söjblad fait partie des fidèles de la première heure. Dans son pays, l’implantation de puces est déjà relativement répandue du fait d'une législation peu contraignante et d'un public friand de technologies.

 

DES ENTREPRISES IMPLANTENT LEURS SALARIéS

Près de 4 000 technophiles suédois seraient ainsi implantés. La France n’a, elle, pas cédé au phénomène… qui a été tièdement accueilli par les prestataires de services. "Vraisemblablement, moins de 300 Français étaient implantés au moment du pic de 2016. Ils sont sans doute moins nombreux aujourd’hui, estime Urd, l’un des rares pierceurs français à avoir réalisé ce type d’intervention. La faute aux banques, salles de sport et autres réseaux de transports, qui ont tous refusé de donner accès à leurs prestations via les puces." Les cas d’usage seraient donc quasi-inexistants, à l’exception du stockage de données privées telles que des cartes de visites. On est bien loin des rumeurs persistantes qui, tout au long de l’année 2018, assuraient que le gouvernement s'apprêtait à dématérialiser la carte Vitale et à en transférer les données sur de tels implants.

 

 

Les Anglo-Saxons, eux, ont moins froid aux yeux. Est-ce de la naïveté ou, au contraire, de l’avant-gardisme ? Toujours est-il que certaines entreprises britanniques et américaines proposent désormais à leurs employés de se faire implanter une micropuce. Ceux de Three Square Market, un spécialiste des logiciels de distributeurs automatiques basé dans le Wisconsin (Etats-Unis), peuvent ainsi payer la cantine ou activer la photocopieuse d’un simple geste depuis août 2017. Les sociétés dont l’activité principale consiste à préparer les professionnels à cette implantation sont désormais légion. Basées sur le volontariat, ces campagnes tendraient à être des réussites : plus de la moitié des salariés à qui la procédure est proposée accepteraient de se faire équiper. "Encourageant", selon Hannes Söjblad.

 

UNE ENTRAVE AUX LIBERTéS ?
Des voix commencent néanmoins à s’élever contre la pratique. Certains employés craignent d’être espionnés, suivis dans leurs moindres faits et gestes. Three Square Market assure pour sa part qu’"aucune donnée GPS n’est relevée" sur ses puces, et que ses salariés ne sont donc pas surveillés. Plus alarmistes, des associations poussent la réflexion : "Si ma puce mesure ou contient des données de santé, qu’est-ce qui empêchera, à terme, mon assurance d’augmenter ses prestations si elle considère que je suis à risque ?", interroge l’une d’entre elles sur un forum en ligne.


"Si les préoccupations en matière de sécurité sont évidentes, les bénéfices des implants dépassent largement les risques encourus, balaie d’un revers de main Hannes Söjblad, dont la société travaille justement sur le recueil de données de santé. Qui plus est, il existe une double-vérification." En d’autres termes : même si un individu parvenait à en copier le contenu, il ne pourrait, en théorie, pas consulter les données, qui sont protégées à la manière d’une carte bancaire avec un code PIN.

 

Des "Implant Parties" ont, pendant plusieurs années, donné une visibilité aux micropuces. Urd en a déjà posé dans des salons grand public, tels que le Festival Futur.e.s – précédemment connu sous le nom de Futur en Seine. "Il en coûte approximativement 200 euros tout compris, entre le prix de la puce et la pose, indique le tatoueur-pierceur. Ces puces ont une très longue durée de vie, puisqu’elles n’ont pas besoin d’être rechargées et sont donc entièrement passives." Le jeu en vaut-il la chandelle ?

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