Climat : un rapport de la Maison Blanche suggère d'interdire le procédé de minage de Bitcoin

Dans un rapport consacré à l'impact environnemental des cryptomonnaies, la Maison Blanche incite l'industrie du minage à réduire son empreinte carbone. Dans l'éventualité où les résultats ne seraient pas suffisants, elle évoque une action législative pour interdire le consensus par preuve de travail, le mécanisme utilisé pour créer les bitcoins.

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Climat : un rapport de la Maison Blanche suggère d'interdire le procédé de minage de Bitcoin

A quelques jours du passage de la blockchain Ethereum du processus de minage "proof of work" au "proof of stake", un rapport de la Maison Blanche vient à point nommé souligner l'impact climatique problématique du minage de Bitcoin.

Commandé par le président américain Joe Biden, ce rapport du Bureau des sciences et de la technologie de la Maison Blanche recommande au Congrès d'envisager une loi pour interdire les mécanismes de minage très énergivores, autrement dit la preuve de travail, ce qui reviendrait à condamner la blockchain Bitcoin.

la course au verdissement du minage

Cette recommandation serait valable, pour la Maison Blanche, dans la mesure où les efforts pour limiter l'impact environnemental des cryptomonnaies n'aboutiraient pas à des résultats satisfaisants. Cela laisse de la place aux acteurs de l'industrie du minage pour faire valoir leurs actions en la matière.

Le dernier rapport trimestriel – publié en juillet – du Bitcoin Mining Council, une organisation qui représenterait plus de 50% des capacités de minage sur la blockchain Bitcoin, affirme que le mix énergétique utilisé actuellement pour le minage de bitcoins est composé à 66,8% d'énergies renouvelables.

Sur la base de son sondage, il estime que les énergies renouvelables représentent 59,5% de l'énergie totale consommée par le minage de bitcoins dans le monde. L'industrie du minage exploite plusieurs méthodes pour diminuer son empreinte carbone : hydroélectricité, énergie solaire, exploitation des surplus produits et non consommés, recyclage des gaz de torchères.

la preuve de travail, pilier du bitcoin

D'après le rapport de la Maison Blanche, le minage de bitcoins représente un stress pour la production d'électricité américaine, avec des risques de coupure, d'incendie et de diminution de la durée de vie des équipements. La part des États-Unis dans le minage de bitcoins est passée selon le rapport de 3,5% en 2020 à 38% en 2022, faisant tripler depuis janvier 2021 la consommation d'électricité de cette industrie. Au Texas, elle représente jusqu'à 3% de la consommation. Les cryptomonnaies émettraient autant de carbone aux États-Unis que les trains roulant au diesel.

Le rapport souligne également les nuisances de l'industrie du minage en matière de pollution sonore, de déchets électroniques, et de consommation d'eau. Il avertit qu'elle est susceptible d'entraîner une hausse des prix de l'énergie pour les consommateurs (cela a été le cas dans l'Etat de New York).

ethereum s'apprête à abandonner la preuve de travail

La consommation d'énergie de la blockchain Bitcoin est liée à son mécanisme de validation des blocs, la preuve de travail, reposant sur la réalisation de calculs informatiques très complexes requérant une puissance de calcul importante. L'autre méthode de validation et de sécurisation des transactions, la preuve d'enjeu, est celle qui devrait être adoptée par la blockchain Ethereum dès la semaine prochaine. Cet événement très attendu dans le secteur, baptisé "The Merge", doit selon la Fondation Ethereum faire économiser 99,95% d'énergie par rapport à l'ancien mécanisme de la preuve de travail.

Ethereum travaille depuis très longtemps à cette transition. Les développeurs de Bitcoin, eux, n'ont aucune intention de se passer de la preuve de travail, une méthode qui selon eux est plus sécurisée et plus décentralisée.

en europe, des futures normes environnementales à respecter

En Europe, les autorités avaient également envisagé une interdiction du minage reposant sur les mécanismes de preuve de travail. Finalement, le règlement européen sur les crypto-actifs MiCA ne le prévoit pas.

En revanche, la Commission européenne s'est donné deux ans pour rédiger un rapport sur l'impact environnemental des crypto-actifs et introduire des normes environnementales concernant les mécanismes de consensus, notamment la preuve de travail. Les acteurs enregistrés comme prestataires de services sur crypto-actifs (les PSAN) devront également fournir des informations relatives à leur empreinte environnementale.

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