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Orange Business Services veut développer son offre de cloud public... notamment à l'international

Analyse Au cinquième rang des opérateurs télécom B2B au niveau mondial, Orange Business Services entend capitaliser sur son expertise des télécommunications… mais aussi sur les services informatiques, son nouveau fer de lance. A l’occasion d’une conférence de presse, qui s’est tenue ce mardi 15 octobre 2019 dans ses locaux de La Défense, l’entreprise a levé le voile sur ses derniers résultats et présenté sa feuille de route pour les mois à venir.
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Orange Business Services veut développer son offre de cloud public... notamment à l'international
Orange Business Services veut développer son offre de cloud public... notamment à l'international © OBS

Orange Business Services (OBS) nourrit de grandes ambitions. La filiale B2B de l’opérateur télécom, qui propose des réseaux taillés pour les besoins des entreprises, a indiqué mardi 15 octobre 2019 vouloir mettre l’accent sur les services informatiques tels que le cloud et la cybersécurité pour s’imposer face à la concurrence – notamment anglo-saxonne. "Dès 1985, nous avons donné accès à l’Internet. A partir de 2000, nous avons accompagné une révolution des usages mobiles et sociaux. Nous sommes vraiment entrés dans l’ère du numérique en entreprise en 2018", avance Helmut Reisinger, son directeur général.

 

QUATRE LEVIERS DE CROISSANCE

Aujourd’hui en cinquième place mondiale des opérateurs télécom B2B en chiffre d’affaires (7,3 milliards d’euros en 2018), OBS compte "deux millions de clients" – parmi lesquels 3000 multinationales. Pour accélérer, la filiale de l’opérateur français a cumulé environ 1 milliard d’euros d’acquisitions au cours des 18 derniers mois. C’est notamment le cas dans le domaine de la sécurité, qu’elle a consolidé avec SecureData et SecureLink, comme l’expliquait L’Usine Digitale en juillet. OBS fait des activités Orange Cyberdéfense (OCD), "fortes de 2100 experts et en croissance de 15 %" sur un an, l’un de ses piliers.

 

Avec les rachats de Log’In et Basefarm, 2200 spécialistes du cloud sont également à pied d’œuvre chez OBS. Un créneau "en progression de 20 %" sur un an. "Jusqu’en 2014, nous avons concentré nos efforts sur le cloud privé. Est arrivé le jour où cela n’a plus suffi aux entreprises. La solution Flexible Engine, développée en lien avec Huawei mais entièrement opérée et sécurisée par OBS, propose un cloud public d’envergure mondiale", commente Helmut Reisinger.

 

Créée en 2015, l’offre cloud permet notamment à ses clients d’imaginer une grande variété de cas d’usage. Un processus dans lequel la filiale d’Orange prend une part active : les rachats d’Enovacom, en e-santé, ou de Business & Decision, spécialisé dans les domaines de la relation client et du management, en sont les témoins. OBS se veut "ancrée dans le terrain", apportant un soin particulier à l’expérience utilisateur. L’entreprise est à l’origine de solutions retail, smart city ou banque.

 

Dernier pilier stratégique : l’IoT, une technologie sur laquelle travaillent 750 salariés en interne suite à l’acquisition de la start-up Ocean – qui vend une solution de gestion de flotte et de géolocalisation de véhicules. "Nous nous emparons du sujet de la mobilité intelligente en anticipation de la 5G, détaille Helmut Reisinger. L’usine et le bâtiment intelligents sont deux autres grands axes de réflexion." Selon OBS, qui ambitionne à court-terme de devenir le leader européen sur ce créneau, son réseau affiche "un nombre d’objets connectés en croissance continue de 18 % d’année en année".

 

à LA CONQUÊTE DE L’INTERNATIONAL

Amazon, Microsoft, Google, Huawei… A date, Orange Business Cloud affiche quelque 3500 clients dans le monde. Le marché international constitue, pour l’entreprise "présente dans 200 pays", un important relais de croissance. "L’objectif à moyen-terme reste que plus de 50 % notre chiffre d’affaires sur le cloud soit réalisé en dehors de France", souligne Helmut Reisinger. Selon OBS, l’Europe tiendrait, par ailleurs, la corde en matière d’IoT. "Nous sommes plus avancés que la Chine ou les Etats-Unis sur ce créneau, du fait de notre actif industriel considérable. Nous avons une carte à jouer pour renaître sur la scène internationale", se projette son directeur général, optimiste.

 

Le contexte géopolitique lui est par ailleurs favorable, à l’heure où les pays d’origine de ses principaux concurrents – la Chine et les Etats-Unis – se livrent une guerre commerciale. Conséquence : les infrastructures de ces derniers y sont réciproquement interdites, par méfiance. Dans ce contexte, la Russie, elle aussi frileuse vis-à-vis des technologies américaines, impose que les équipements cloud soient basés dans le pays. Or, les Etats-Unis restent le premier investisseur étranger. "Nous sommes en position de devenir le partenaire privilégié des entreprises américaines sur place. Le fait que nous soyons occidentaux les rassure", expose le DG d’OBS, qui serait le seul opérateur étranger autorisé.

 

LA FRANCE RELANCE L’IDÉE D’UN CLOUD SOUVERAIN

 

En marge des Assises de la sécurité et des systèmes d’information, qui se sont déroulées à Monaco du 9 au 12 octobre 2019, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a dit vouloir encourager la création d’un "cloud de confiance". De quoi garantir, selon lui, la confidentialité des données de l’Etat ainsi que celles des grandes entreprises tricolores – selon trois niveaux de protection distincts, déterminés en fonction de la sensibilité de l’information. Cette annonce pourrait représenter une bouffée d’air pour les hébergeurs nationaux. OBS, OVH et Outscale seraient en lice pour décrocher le label SecNum qui sera délivré par l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information).

 

 

Une telle démarche de la part de l’Etat n'est pas totalement inédite. Cloudwatt et Numergy ont pris part au projet Andromède, initié par le gouvernement Fillon en 2011. Cette première tentative de contrer l’hégémonie des hébergeurs étrangers n’a cependant pas été une franche réussite. La filiale B2B d’Orange, qui a toujours été impliquée dans l’infrastructure de Cloudwatt, a fini par en racheter toutes les parts en 2015 pour renforcer son offre entreprises. Numergy a, pour sa part, été absorbé par SFR l’année suivante.

 

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