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CLS déploie des filets de pêche connectés par satellites en Méditerranée pour limiter la pollution plastique

La société toulousaine CLS, spécialisée dans la fourniture de solutions satellitaires d'observation et de surveillance de la Terre, engage en Méditerranée le déploiement de filets de pêche connectés par satellites. Une solution qui pourrait contribuer à limiter la pollution plastique des océans.
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CLS déploie des filets de pêche connectés par satellites en Méditerranée pour limiter la pollution plastique
Un des nombreux filets dérivants qui polluent les océans du monde entier. © CLS

Assurer un suivi par satellites, non plus uniquement des bâteaux, mais de l'ensemble des engins de pêche (casiers, lignes, filets...), tel est le nouveau challenge que s'est fixée la société toulousaine CLS (Collecte Localisation Satellites), filiale du Centre national d'études spatiales (CNES). Après deux ans de R&D, conduits en collaboration avec le CNES et l'Ifremer, une première phase d'expérimentation va démarrer ce mois-ci en Méditerranée. A la clef : l'industrialisation de toute une famille de nouveaux capteurs pour limiter la perte du matériel de pêche.

Limiter la pollution plastique des océans

Selon l'Organisation Maritime Internationale, plus d'un tiers des sources de pollution plastique dans les eaux européennes provient d'équipements de pêche. Cela représente chaque année plusieurs centaines de milliers de tonnes de filets, lignes, casiers et autres cordes perdus ou abandonnés dans les océans par l'industrie de la pêche.

"Outre le fait de limiter la pollution plastique des océans en permettant de repérer ces engins perdus et d'aller les repêcher, notre solution a aussi pour ambition de favoriser la mise en œuvre d'une filière de recyclage de ces déchets", souligne Gaëtan Fabritius, directeur de l'Innovation et la Prospective chez CLS, en charge du projet. La première expérimentation, engagée au large de Toulon, dans le Var, associe le syndicat de pêche du Var et des associations spécialistes de l’économie circulaire et du recyclage.

 


Le centre de contrôle Argos au siège de CLS à Ramonville-Saint-Agne, dans l’agglomération toulousaine

 

Un concentré d'innovations technologiques

Dans un premier temps, une vingtaine d'engins de pêche vont être équipés de petits boîtiers étanches. "L'objectif est de valider plusieurs concepts de boîtiers et de systèmes d'attache pour proposer des produits adaptés à chaque type d'engins", précise Gaëtan Fabritius. Chaque boîtier intègre une carte électronique comportant une puce de la taille d'un ongle, un mini-émetteur, une mini-antenne, une source d'énergie, etc. L'idée est de fixer des mini-balises très compactes sur le cordage principal des filets ou des casiers, à proximité des bouées qui assurent leur visuel de surface.

"L'une des prouesses technologiques de nos mini-balises est d'offrir un bilan de liaison satellite très bon malgré des conditions dégradées en surface des océans", insiste Gaëtan Fabritius. Le défi est aussi économique. "Pour s'adresser à un marché de masse, nous nous sommes engagés à proposer une solution à une tarification équivalente à celle de l'IoT terrestre", explique le directeur de l'Innovation.

Une industrialisation attendue pour 2022

Dans la foulée de cette première expérimentation en Méditerranée, une autre opération pilote devrait être engagée dès cet été en Guyane. D'autres démonstrations devraient suivre au large des côtes bretonne, mais aussi à l'international : en Norvège, au Danemark, au Canada, ou encore aux Etats-Unis. Les phases de tests devraient se poursuivre sur 18 mois avec plusieurs partenaires industriels. L'industrialisation des mini-balises a été programmée pour 2022. Tout sera prêt pour le lancement des 25 nano-satellites de la constellation Kinéis dédiée à l'IoT, qui viendront compléter à cet horizon le service délivré par le système Argos, dont CLS assure la fourniture des données environnementales.

Opérateur de systèmes satellitaires dans les domaines de la localisation et de la collecte de données, CLS, créée en 1986 et basée à Ramonville-Saint-Agne, dans l'agglomération toulousaine, est une filiale de la CNP (à hauteur de 66%) et du CNES, pour 34%. La société, qui emploie 750 salariés pour un chiffre d'affaires de 135 millions d'euros réalisé en 2019, déploie ses services dans la surveillance environnementale et le climat, la gestion durable des pêches, la gestion de flottes, les énergies, la surveillance de mines et infrastructures et la sécurité maritime.

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