Avec le French Tech Finance Partners, le gouvernement veut coordonner l'investissement dans les start-up

Investissements en région, deeptech, attractivité française à l’étranger… Cette semaine, le gouvernement a annoncé les chantiers du French Tech Finance Partners, une nouvelle instance réunissant les investisseurs de l’écosystème pour qu’ils soumettent des propositions en faveur du financement de l'innovation en France.

 

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Avec le French Tech Finance Partners, le gouvernement veut coordonner l'investissement dans les start-up
Les entrepreneurs de la French Tech au CES 2023, réunis autour de Jean-Noël Barrot.

En ce début d’année, le gouvernement a souhaité réunir des investisseurs de la tech au sein du French Tech Finance Partners (FTFP). Une nouvelle instance, présentée par Jean-Noël Barrot, ministre délégué chargé de la Transition numérique, créée pour leur permettre d’avoir "un dialogue structuré" entre eux et avec le gouvernement. L’objectif est d’identifier les obstacles aux financements des entreprises en France et les moyens de les faire croître.

Le French Tech Finance Partners réunit seize membres, à parité, présents à tous les stades de financement et dans toutes les industries. Parmi eux, Orange Ventures, Euronext, Partech ou encore EQT Ventures, des banques, mais aussi des associations et organisations comme France Invest et France Digitale.

Des investisseurs trop centrés sur Paris, et pas assez nombreux sur la deeptech

Une première réunion a eu lieu le 3 janvier. Elle a permis de définir les chantiers sur lesquels travailler. Il s’agit d’abord d’essayer de régler le problème d’un tissu de financement très (trop) concentré dans la capitale. "Il y a des villes comme Bordeaux, Marseille, Lille ou encore Lyon, qui ont réussi à se constituer un écosystème d’investisseurs actifs, mais il y a encore un décalage de maturité par rapport à Paris. Il faut les emmener au-delà du périph’ de toutes les grandes villes", explique Maya Noël, directrice générale de France Digitale, une association de start-up et d’investisseurs qui fait partie du FTFP.

"C’est un constat que l’on a fait depuis longtemps, qui nous a poussés à créer il y a six ans le France Digitale Tour : nous nous déplaçons avec les investisseurs dans différentes régions de France", tient-elle à ajouter.

Seconde problématique sur laquelle le FTFP va plancher : la deeptech, un secteur sur lequel les financeurs sont moins nombreux car il nécessite beaucoup de capitaux au démarrage, notamment du fait des temps longs en R&D à financer.

Au programme également, une réflexion sur la manière dont la France peut se rendre encore davantage attractive pour les investisseurs étrangers. "L’initiative Mission French Tech du gouvernement a permis de travailler sur l’image de la marque French Tech et contribué à donner aux start-up françaises plus de visibilité et de légitimité à l’international. D’un point de vue règlementaire ou législatif, la question est : comment on contrôle les investissements étrangers sans les freiner ?".

Les critères du Next40, trop axés sur les levées de fonds

Dernier chantier, qui fera partie des chevaux de bataille de France Digitale : retravailler les critères du Next40 et du French Tech 120. Sur ce point, l’association a des propositions très concrètes. Au moment de "la folie des licornes", elle avait dénoncé, dans une tribune, des critères trop axés sur les fonds levés et pas assez sur le chiffre d’affaires et les emplois créés.

Les membres de la FTFP avaient jusqu’à cette semaine pour décider des sujets sur lesquels ils voulaient apporter leur contribution. Leurs travaux et les premières propositions devraient être restitués au gouvernement au printemps.

Comment le gouvernement pourrait agir très concrètement ? Maya Noël pense à l’initiative gouvernementale (voire présidentielle) de 2019. Emmanuel Macron était allé négocier directement avec les fonds d’investissement institutionnels qui ont ainsi injecté 6 milliards d’euros dans le capital-risque. "C’était très positif, mais trop fléché sur le growth parce qu’on s’était rendu compte que les investissements étaient plus faibles sur ce segment. Ce qui a créé un petit effet d’éviction sur la partie early stage. On aimerait qu’une nouvelle initiative de ce genre soit lancée, mais que cette fois, l’argent soit bien réparti. Flécher sur la deeptech pourrait aussi être intéressant", poursuit-elle.

Une initiative superflue ?

Sous couvert d’anonymat, certains membres avaient dénoncé à La Tribune "une initiative inutile risquant d’affaiblir les corps intermédiaires". Une critique que Maya Noël, directrice générale de France Digitale, comprend. "Cette instance officialise un travail que l’on fait déjà depuis des années. Il y a une dizaine de fonds autour de la table, nous on travaille avec une centaine d’investisseurs. Lorsque l’on m’a annoncé cette initiative, je me suis demandé si on allait devoir faire le travail deux fois. Je ne crains pas un affaiblissement des corps intermédiaires, mais il faut que ceux-ci continuent d’être reconnus pour la matière première et tout le travail qu’ils apportent en parallèle de cette instance".

L’important est selon elle de s’assurer que les poches budgétaires allouées au financement des entreprises le soient de manière maligne pour ne pas casser la chaîne de financement. Il faut qu’il y ait des business angels qui accompagnent les entrepreneurs à la création, des fonds institutionnels qui arrivent sur l’amorçage, puis des investisseurs sur les séries A, B, C, le growth, les potentielles sorties et entrées en bourse… "C’est en cela qu’il y a un intérêt à réunir des partenaires financiers. Le French Tech Finance Partners va nous permettre de travailler de manière collective et intelligente sur cette chaîne de financement."

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