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Comment Apple utilise son processeur pour se différencier sur le marché

Vu ailleurs L’analyse du processeur A9 au cœur de l’iPhone 6S témoigne de la volonté d’Apple d’améliorer l’intégration et les performances de ses produits. Avec l’obsession de se différencier de ses concurrents.
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Comment Apple utilise son processeur pour se différencier sur le marché
Comment Apple utilise son processeur pour se différencier sur le marché © Apple

Pourquoi Apple, connu d’abord comme un spécialiste du logiciel, tient-il à maîtriser aussi le processeur au cœur de ses iPhone et iPad ? Pour garder dans la poche la marge qu’il paierait au fournisseur de ce composant clé. Mais pas seulement. C’est surtout pour se différencier sur le marché et faire en sorte que ses produits (iPhone, iPad, Apple TV, etc.) soient toujours les plus performants.

 

Dans l’article "Apple’s A9 : Story within a story" sur EETimes, un consultant du cabinet "Ned, Maude, Todd & Rod Inc" se livre à une fine analyse de l’A9, le dernier processeur d’application d’Apple au cœur de l’iPhone 6S. Sa conclusion est édifiante. Seulement 43% de la surface de la puce sont dédiés aux fonctions classiques d’un processeur mobile. Les 57% restants sont consacrés à des fonctions d’intégration et des fonctions spécifiques qui différencient l’iPhone 6S des autres smartphones sur le marché. "Il n’est question ici ni de GHz, ni de nombre de cœurs, mais d’intégration et de performances", remarque l’auteur.

 

Intégration du processeur de mouvements

Le processeur de mouvement M9, qui gère les capteurs de l’iPhone 6S, est ainsi embarqué dans le circuit sur la base d’un bloc de propriété intellectuelle (dessin) de NXP. Ses versions antérieures sur les iPhone 5S et iPhone 6 étaient des composants séparés. Le consultant pense également qu’Apple a intégré pour la première fois le contrôleur de la mémoire flash. Objectif : améliorer la vitesse de traitement tout en réduisant l’encombrement et la consommation de courant.

 

Mais le plus grand secret d’Apple réside dans les fonctions spécifiques contenues dans la puce. Certaines visent à réaliser des tâches de façon câblée dans le silicium plutôt que par logiciel. C’est plus rapide et ceci soulage les cœurs de traitement. Ceci explique pourquoi l’A9 fait appel à seulement deux cœurs de calcul, alors que des concurrents comme Qualcomm, Samsung ou MediaTek en sont à huit. D’autres fonctions donnent aux terminaux d’Apple des spécificités que les autres produits n’ont pas. Le fait qu’elles soient câblées dans le silicium les rendent presque indéchiffrables, et donc presque impossible à copier.

 

Conception étroite logiciel-matériel

Apple maîtrise à la fois le système d’exploitation et le processeur. A chaque génération d’iPhone, il procède à l’arbitrage le plus judicieux entre ce qui doit être réalisé par logiciel et ce qui doit être accompli par le circuit en silicium. Comme ses cinq prédécesseurs, l’A9 a été développé par une équipe conjointe matériel-logiciel pour que le processeur et le système d’exploitation soient optimisés l’un pour l’autre. La maîtrise des deux maillons essentiels du mobile constitue la grande force d’Apple. Il en découle une grande efficacité technique. L’iPhone 6S se contente ainsi d’une mémoire vive de 2 Go, jusqu’à deux fois moins que les Galaxy S6 et Note 5 de Samsung. D’autres acteurs des mobiles comme Samsung, Huawei ou LG commencent à maîtriser le processeur de leurs produits haut de gamme. Mais ils ne peuvent pas égaler Apple, car ils dépendent en logiciel d’Android, le système d’exploitation de Google.

 

Apple en est à sa sixième génération de processeur. A chaque génération, la firme à la pomme profite de la miniaturisation du procédé de fabrication pour accroître la capacité à se différencier sur le marché. L’A9 bénéficie d’une gravure de 14 nanomètres chez Samsung et 16 nanomètres chez TSMC. La version fabriquée par Samsung mesure 94 mm2. Si elle était gravée en 32 nanomètres comme l’A6, elle aurait une surface de 470 mm2. La partie dédiée aux fonctions spécifiques mesurerait 273 mm2, contre 65 mm2 pour l’A6. Et la capacité d’Apple à amplifier sa différence devrait continuer avec le futur A10 qui sera gravé en 10 nanomètres.

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