Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Comment Continental se diversifie dans les services connectés

En 2014, la firme allemande Continental a créé l’unité "Smart transportation systems" pour se diversifier dans la mobilité. A l'occasion du Mobile World Congress 2018, le PDG de cette branche Ralf Lenninger fait le point pour L'Usine Digitale sur les premiers services développés.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Comment Continental se diversifie dans les services connectés
Comment Continental se diversifie dans les services connectés © Continental

Continental, c’est un manufacturier de pneus, un équipementier automobile, mais aussi… un éditeur de logiciels et d’applications pour des services de mobilité. Le géant allemand a créé en 2014 la division Intelligent Transportation System (ITS), avec des bureaux à Santa Clara, dans la Silicon Valley. Objectif : bâtir de nouvelles offres de services grâce à l’IoT et aux données. "Notre terrain de jeu n’est pas le pur logiciel face à des acteurs comme IBM ou Google) : c’est la convergence du monde physique, automobile, mécanique, et du numérique", explique Ralf Lenninger, PDG de Continental ITS. "C’est là où l’on se sent légitimes : en connexion avec notre cœur de métier automobile".

 

Continental n’est pas un "bleu" dans le logiciel. "Notre premier produit intégrant de l’électronique date de 1984 – un système de freinage ABS – et depuis nous n’avons cessé de renforcer notre savoir-faire en la matière". Continental, dans son ensemble, compte près de 15 000 développeurs, soit près de la moitié de ses ingénieurs. 40% de ses produits sont aujourd’hui "digitalisés" selon ses termes.

 

des services nourris à la data

 

Où Continental ITS veut-il se positionner sur la chaine de valeur de la mobilité ? Ses équipes ont défini plusieurs terrains de jeu : l’exploitation des capteurs intégrés dans les véhicules, la création de services basés sur la data, avec une cible résolument B2B. "Nos clients peuvent être des loueurs automobiles, des services d’autopartage, des villes…", détaille Ralf Lenninger. ITS a commencé à vendre des services et solutions deux ans après sa création, en 2017, et la croissance est "significative". L’objectif est de dépasser le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2020.

 

la clé, porte ouverte vers les services

Parmi les premières solutions présentées lors du CES de Las Vegas puis au MWC, figure une clé pour auto sur smartphone, la "key as a service". Elle est destinée à des gestionnaires de flottes automobiles (loueurs, services d’autopartage, flottes d’entreprises) pour faciliter le partage de leurs véhicules. Pour se différencier, alors que de nombreuses solutions existent déjà sur ce marché, Continental mise sur "un temps d’installation réduit de cinq minutes par véhicule". Le business model envisagé pour ce service combine achat du matériel et abonnement mensuel pour le logiciel et l’application. Le loueur américain Avis teste actuellement la solution sur un millier de véhicules dans la ville de Kansas City. "Nous visons plusieurs dizaines de milliers de véhicules équipés d’ici la fin de l’année", annonce Ralf Lenninger. Celui-ci ne craint pas les solutions de clés dématérialisées des constructeurs et les véhicules nativement connectés. "Au contraire, il y aura besoin de solutions permettant de gérer des flottes de véhicules de marques et de modèles très différents. Il faut pour construire une base de données afin d’ouvrir tous types de véhicules, et gérer cette complexité". Continental compte mener de premiers tests en Euope dès 2018 : 25 personnes travaillent sur le portage de la solution sur le vieux continent depuis le site de l’équipementier à Toulouse (Occitanie).

 

L’Allemand développe d’autres "microservices" liés à l’automobile grâce à l'apport de start-up tout juste rachetées :  l'allemande Parkplatz  pour le stationnement intelligent et la singapourienne Quantum Inventions pour l'exploitation de données de la ville en temps réel. Il veut donc s'affirmer comme un interlocuteur pour les municipalités et les acteurs du transport. Mais aussi comme un partenaire  potentiel pour les start-up de l'auto connectée et de la smart city qui voudraient bâtir de nouveaux services, avec une offre d' "in car data as a service" leur permettant de bâtir des applications à partir de données de véhicules. Continental se diversifie, certes, mais jamais trop loin de son coeur de métier historique...

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media