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Comment Coyote réinvente son service d'assitance à la conduite depuis le Canada

En avril 2017, le leader européen des avertisseurs de dangers sur route ouvrait dans la ville de Québec, au Canada, un bureau de R&D : le Coyote Lab. Près de deux ans plus tard, David Audrain, son responsable technique, fait le point sur son fonctionnement et ses réalisations.

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Comment Coyote réinvente son service d'assitance à la conduite depuis le Canada
Une partie de l’équipe du Coyote Lab, accompagnée de Benoît Lambert, Directeur Général de Coyote (5e à droite) © Coyote

Bâtir la nouvelle plateforme technologique sur laquelle va reposer le développement futur de Coyote. Tel pourrait être en résumé la mission du Coyote Lab. Et pour y arriver, l’équipe est repartie "d’une feuille blanche", pour reprendre les mots de Fabien Pierlot, CEO et co-fondateur de l’entreprise.


Il faut dire que les usages et besoins des conducteurs en termes de sécurité routière vont profondément évoluer dans les années à venir, avec l’horizon des voitures autonomes et connectées. "La plateforme développée depuis plus d’une dizaine d’années ne pouvait pas répondre ni à cette nouvelle donne ni à nos ambitions futures", assure David Audrain, responsable technique au Coyote Lab.

 

Le cahier des charges de cOyOte Lab
• Pouvoir adresser plus de pays sur plusieurs continents et donc accueillir plus d’utilisateurs (Coyote est, à ce jour, essentiellement implanté dans sept pays en Europe et revendique cinq millions d’utilisateurs)
• Être plus souple, par exemple en pouvant configurer plus d’alertes
• Et enfin être capable de traiter des données de plus en plus nombreuses, volumineuses et en temps réel, venant de la communauté mais aussi de tierces parties (sociétés d’autoroute, services météorologiques…)


Les raisons du choix de Québec

Et pourquoi le faire depuis le Canada, sachant que Coyote a déjà des bureaux à Suresnes, Bordeaux et Chambéry ? "L’étranger, c’est parce qu’on était convaincu qu’il fallait se confronter à une autre culture et une autre façon de conduire, certifie David Audrain. Par exemple, ici, les autoroutes sont limitées à 100 km/h mais il est admis de rouler à 115 km/h voire 120 km/h. C’est bien de le voir et de le vivre".


Avant de poursuivre : "Le Canada, et le Québec en particulier, c’est pour les contraintes climatiques très marquées qu’on ne retrouve pas en Europe, avec des étés chauds, des hivers très froids avec de la neige et, à l’automne, beaucoup de feuilles sur les routes. Cela nous permet d’ouvrir les yeux sur d’autres besoins des conducteurs". Autrement dit, qui peut le plus peut le moins. Exit donc la Californie et ses routes ensoleillées, pourtant traditionnelle terre d’innovation et zone de test de nombreux fabricants de voitures autonomes.


Coyote Amérique, la filiale créée pour l’occasion, est aussi une façon de mettre un premier pied sur le continent et de prendre le poul du marché. Si aucune échéance n’est avancée s’agissant d’un éventuel lancement commercial, il faut noter toutefois, parmi les sept salariés du Coyote Lab, essentiellement des profils techniques, la présence d’un responsable des partenariats. L’implantation dans la ville de Québec n’est pas non plus un hasard : c’est ici que se trouvent les ministères des Transports ou de l’Économie du Québec, le siège de plusieurs assureurs et l’Université Laval, dotée d’une grande expertise en intelligence artificielle.


Un pari sur plusieurs années

David Audrain est d’ailleurs le seul qui travaillait déjà pour Coyote auparavant, tous les autres salariés ont été embauchés sur place. Il peut ainsi bien se rendre compte d’un luxe conféré à son équipe, du fait de l’éloignement du Coyote Lab : ne pas être confronté et donc pollué par les sujets du quotidien. "On peut pleinement se concentrer sur l’exploration technologique, ce qui sous-entend tester des nouvelles pistes, faire des erreurs, revenir en arrière etc. C’est un pari sur plusieurs années", admet David Audrain. Aucun chiffre n’est donné sur le montant de cet investissement spécifique, mais, globalement, Coyote assure consacrer 10 % de son chiffre d’affaires (120 M€ en 2017) à la R&D.


Les réalisations de ces deux premières années ? "On a posé les fondements de la nouvelle plateforme", indique David Audrain. Autrement dit, l’architecture technique de Coyote, le backend, a été entièrement revu et son transfert technologique a été effectué vers les équipes en France. "Il y a vraiment un travail collaboratif entre les deux continents, même si le Coyote Lab a une entière autonomie sur le choix des briques logiciels utilisées", précise-t-il.


Le Coyote Lab a ainsi pris le pari de chercher et tester des technologies émergentes. Par exemple, au lieu de travailler avec les langages informatiques Java ou C++, les équipes ont opté pour GO. Aussi, d’autres fournisseurs de plans en ligne ont été testés comme OpenStreetMap et Mapbox.


De nouvelles fonctionnalités à venir

Par ailleurs, et plus concrètement pour les utilisateurs, de nouvelles fonctionnalités sont en cours de développement. Coyote avait déjà fait des avancées en termes de smart driving, en annonçant par exemple la vitesse maximale pour aborder un virage dangereux. Avec la nouvelle plateforme, cette donnée pourra s’ajuster aux conditions météorologiques.


Autre fonctionnalité à venir, directement inspirée des conditions québécoises : la signalisation de la présence de nids de poule, grâce aux données d’organismes extérieurs. Les équipes travaillent également à enrichir les alertes d’obstacles sur les routes. Par exemple, en indiquant au conducteur la voie sur laquelle se situe l’objet dangereux. "On continue à étendre les fonctionnalités de la nouvelle plate-forme, avant, par la suite, de développer des projets de recherche", prévoit David Audrain.

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