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Comment Engie Green utilise la réalité augmentée pour dépassionner les débats sur les éoliennes

Étude de cas Sur un sujet qui peut prêter à polémique, Engie Green utilise une application en réalité augmentée pour permettre de modéliser les parcs éoliens. Pour cela, la filiale d’Engie dédiée aux énergies renouvelables s’appuie sur un outil conçu avec le studio français Highlab. Les précisions des deux partenaires.
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Comment Engie Green utilise la réalité augmentée pour dépassionner les débats sur les éoliennes
Comment Engie Green utilise la réalité augmentée pour dépassionner les débats sur les éoliennes © Highlab

"L’idée n’est pas de convaincre les opposants les plus radicaux, mais de déconstruire les idées reçues et de donner des réponses les plus objectives possibles", prévient en préambule Damien Girard, responsable du pôle marketing d'Engie Green. La filiale d’Engie dédiée aux énergies renouvelables, qui mène de nombreux projets d’implantation de parcs éoliens en France, s'est mise en quête d’un outil de démonstration moderne permettant au public de mieux comprendre les conditions d'implantation d'un champ éolien.

Dénaturation des paysages, coût des installations, pollution sonore, impact sur la biodiversité… Les parcs éoliens suscitent différentes interrogations chez les décideurs locaux et leurs administrés. "Sur de nombreux points, nous disposons de chiffres, donc nous savons répondre, poursuit Damien Girard. La modification du paysage existant est l’un des grands enjeux de ces projets".

Une adhésion nécessaire des décideurs locaux
L’objectif est de répondre à la problématique de l’acceptabilité de l’implantation des champs d’éoliennes en amont. Pour ce faire naît un projet d’application. Son principe : doter les métiers d’une solution d’appui qui leur permet, lors des réunions publiques organisée avec les élus ou les riverains, de montrer à quoi va ressembler le fameux projet d’implantation. "Ce sont des projets au long court, qui s’étendent en moyenne sur huit ans en France… contre quatre ans en Allemagne", rappelle Damien Girard.

En cause : des lenteurs administratives et parfois juridiques. "Il y a beaucoup d’incertitudes, d’où un besoin d’outils permettant d’objectiver le sujet", ajoute-t-il. Comment le parc éolien va-t-il véritablement s’implanter dans un paysage donné ? Et comment donner une idée représentative de ce parc quel que soit le point de vue adopté ? "Les populations veulent savoir précisément ce que cela va donner de chez eux", poursuit Damien Girard. Les élus sont également très curieux, même si les autorisations de construction sont délivrées par les préfectures. "Leur adhésion est essentielle si on veut des projets qui ont du sens. Cela participe à la réussite du projet", rappelle-t-il.

Un premier prototype en 2018
"L'application est née après le premier projet de réalité virtuelle que nous avions mené pour Engie, se souvient Benoit Klajn, à la tête du studio Highlab. A l’époque, c’est France Renouvelables, une business unit d’Engie, qui s’attache à améliorer cette acceptabilité du changement d'urbanisme pour les services métiers d'Engie Green". Après des discussions en 2018, un premier prototype voit le jour en 2019 et Engie Green décide de s’appuyer à nouveau sur une solution made in France pour concevoir une application en réalité augmentée.

Baptisée Eolien Go, cette coproduction entre Highlab et Engie Green produite en méthode agile repose sur la technologie de réalité augmentée d'Apple, ARKit. Objectif : proposer un produit innovant, facile à utiliser et à transporter in situ, et dédié aux métiers, plus précisément aux chefs de projets, afin de leur permettre de se projeter dans l’installation.

Implantation aux points GPS d'ancrage prévu
Exclusivement disponible sur iPad, Eolien Go est une application sécurisée qui permet d'accéder à un menu d'éoliennes à placer. Seules ou en grappe de 2 à 10, elles ont été dessinées en 3D selon les spécificités de marché et légales de placement dans les champs éoliens en France. 10 éoliennes peuvent être implantées en même temps à leurs points GPS d'ancrage prévu. Une éolienne est située aux coordonnées GPS exactes tandis que les autres éoliennes sont graphiquement et proportionnellement disposées autour de l’éolienne "principale", afin de respecter la perspective.

"La technologie combinée à l'expérience utilisateurs et aux modélisations 3D ultra-réalistes que nous avons réalisées permet une projection très fidèle à la réalité", poursuit Benoit Klajn. Elle permet notamment de garder les objets en réalité augmentée aux endroits "posés" et donc de jouer sur toutes les perspectives et dimensions lors des déplacements de l'utilisateur en temps réel. "Le framework d'Apple permet d’éviter tout tremblement ou flottement lorsque l’éolienne s’agrandit ou se rétrécit", ajoute-t-il.

Dynamiser les dossiers lors de réunions publiques
Ainsi, l'utilisateur peut créer un projet, le localiser puis placer le groupe d'éoliennes souhaité. En visant et scannant le sol quelques secondes, la tablette place automatiquement l'éolienne de base qui est la référente du projet. Alors qu’elle est placée et configurée dans son emplacement idéal, l'interlocuteur peut reculer de plusieurs dizaines de mètre et voir la ou les éoliennes dans leurs perspectives et leur représentativité de l'urbanisme prévu. Evidemment les éoliennes sont représentées dans le respect des limites que fixent les outils de réalité augmentée et les machines associées, comme le nombre de polygones affichables en même temps.
 




L'interlocuteur dispose ensuite de deux options embarquées dans l'application. Il peut dans un premier temps prendre des photos et vidéos qu'il pourra à loisir récupérer dans sa bibliothèque pour pouvoir agrémenter les différents supports et présentations. L'application peut permettre également un partage en direct du placement dans le cas d'un public qui pourrait suivre sur écran à distance si la couverture réseau le permet. "Pour l'instant, les gestionnaires ayant le droit d'utiliser l'application ne partagent pas leurs projets mais cette version pourrait arriver dans une phase d'extension de l'application", ajoute Benoît Klajn. L’ergonomie est justement pensée pour le fait de récupérer les images et vidéos d'une simulation soit le plus simple possible et permettre aussi de dynamiser les dossiers lors de réunions publiques.

Pour le moment, une cinquantaine d’utilisateurs a pu tester l’application. 70 chefs de projets devraient y avoir accès dans les semaines à venir. Le dispositif pourrait être internationalisé ou être déployé pour d’autres projets liés à des implantations liés à l’énergie solaire, le photovoltaïque ou en milieu urbain. "Nous pensons très fortement que le digital, en fournissant des informations pertinentes et en temps réel, peut aider à dépassionner de nombreux débats", conclut Damien Girard.

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