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Comment Engie tire parti de sa présence au CES, en cinq exemples

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Pour la troisième année consécutive, le groupe énergétique français Engie expose au CES, dans la section start-up. Stéphane Quéré, le directeur innovation du groupe, explique pourquoi à L’Usine Digitale.

Comment Engie tire parti de sa présence au CES, en cinq exemples
Comment Engie tire parti de sa présence au CES, en cinq exemples © Sylvain Arnulf - L'Usine Digitale

Jamais deux sans trois. Engie rempile pour la troisième année consécutive au CES de Las Vegas, toujours dans la section start-up du salon. Il y montre 27 "solutions" (dont 26 inédites) venues du monde entier, issues de ses équipes, de start-up, d’incubateurs et de grands groupes partenaires (Axa et Michelin), dans les domaines de la smart city, de l’efficacité énergétique, des services numériques. Comment Engie utilise-t-elle la plate-forme d’innovation qu’est le CES et quelle valeur en tire-t-elle ? Réponse avec Stéphane Quéré, directeur innovation du groupe.

 

Être identifié par les start-up

"Je me rappelle du premier événement où nous avons exposé : les start-up venaient nous voir pour nous demander pourquoi on était là, se souvient Stéphane Quéré. Aujourd’hui, je pense que nous sommes vus comme des interlocuteurs légitimes". Engie a observé un effet direct sur ses appels à projets thématiques lancés tous les deux mois. "Au début, nous avions une poignée de réponses, aujourd’hui c’est cinquante en moyenne, venues du monde entier".

 

Communiquer différemment sur ses innovations

Lorsque Engie est venu pour la première fois au CES en 2016, il a constaté que sa façon de communiquer n’était pas forcément pertinente. "On s’est rapidement rendu compte que notre façon de présenter nos projets n’était pas adaptée à ce contexte, reconnaît Stéphane Quéré. Dans ce type d’événement, il ne suffit pas d’afficher une présentation sur un PC et d’attendre que les gens viennent. Les visiteurs veulent expérimenter, toucher, sentir, s’immerger… On a beaucoup évolué là-dessus et cela influence la façon dont nous organisons nos propres événements. On ne fait plus un seul événement sans avoir une marketplace, par exemple. Et on associe des gens de l’écosystème, comme des incubateurs".

 

Créer des synergies en interne

Engie est un groupe tentaculaire présent dans le monde entier avec une vingtaine de filiales et plus de 150 000 salariés. La politique d’innovation, autour de projets transversaux comme la smart city, est un moyen de bâtir des ponts entre des entités qui n’ont pas forcément l’habitude de travailler ensemble. Le stand "vitrine" au CES peut aussi contribuer à renforcer le sentiment d’appartenance  au Groupe des différentes entités. Et ceci avec un prisme mondial et non franco-français, contrairement à certaines entreprises tricolores qui font aussi le déplacement à Vegas : sur le stand on trouve des solutions anglaises, néerlandaises, chinoises, chiliennes…


Engie emmène à Vegas aussi bien des projets internes (notamment issus d’intrapreneurs) que des start-up avec lesquelles elle travaille. Avec un parti pris : uniquement des "solutions" déjà mises en œuvre, pas des concepts ou des idées. "Nous montrons au CES ce que nous faisons concrètement, nous ne faisons pas une présentation de notre stratégie". Chacune des entités peut piocher dans ce portefeuille de solutions pour enrichir ses offres.

 

Rester connecté à l’innovation

Sur le CES, six "têtes chercheuses"  issues de différentes entités du groupe (direction digitale, R&D, B2C, bâtiment) explorent le salon à la recherche d’innovations intéressantes. "Ils prennent des rendez-vous et arpentent les allées pendant trois jours". L’équipe innovation va faire un débriefing "à chaud" sur place en fin de semaine puis réaliser un retour plus exhaustif, auprès de l’ensemble des équipes du groupe, début février. Certaines des idées vues à Vegas vont infuser et nourrir des projets développés le reste de l’année, dans les différentes entités du groupe.

 

Faire du business

Venir au CES aux côtés d’Engie donne de la visibilité aux start-up, notamment auprès de décideurs français. Aux start-up partenaires de faire fructifier les contacts pris sur le salon dans les mois qui suivent. "Les contrats ne se signent pas au CES mais il y a des "touches à concrétiser", résume Stéphane Quéré.


Certaines des start-up venues avec Engie au CES les deux années précédentes ont concrétisé… avec Engie. "Par exemple, nous avons déployé les films solaires de la société allemande Heliatek (venue avec nous au CES 2017)  sur le toit d’un collège à La Rochelle, Engie Cofely a acheté des véhicules à hydrogène de Symbio F Cell, nous sommes devenus opérateurs Sigfox en Belgique et à Singapour…", énumère Stéphane Quéré.

 

Plusieurs des 27 solutions présentées par Engie au CES 2018 sont d’ores et déjà intégrées dans ses offres, comme la technologie de suivi de la qualité de l’air de la start-up grenobloise eLichens ou le système de monitoring de la consommation d’électricité en temps réel de la jeune pousse anglaise Voltaware. L’avenir dira comment évolueront ces premières collaborations… car évidemment, c’est après le CES, dans la "vraie vie", que le plus dur commence.

 

Six innovations Smart city présentées par Engie au CES
En 2018 au CES, Engie a mis l’accent sur la smart city, en écho à la volonté de l’organisateur du salon de développer cette thématique. Il emmène donc plusieurs solutions innovantes sur ce marché naissant. Comme celle de la start-up londonienne Living Maps qui cartographie tous les lieux oubliés par Google Maps, en particulier des sites sensibles (usines, aéroports, infrastructures critiques). Ses cartes extrêmement détaillées peuvent être utilisées par des gestionnaires de bâtiments ; des informations issues de capteurs peuvent alors être intégrées à la visualisation. Un autre londonien, Voltaware, a développé des capteurs bon marché pour monitorer la consommation électrique d’un lieu en temps réel. Ses outils d’analyse lui permettent de savoir quels sont les postes qui consomment le plus. Engie présente une solution similaire née au Chili, Wenuwork, ainsi qu’un équivalent pour la qualité de l’air, la solution du grenoblois eLichen. Engie la teste dans plusieurs arrondissements de Paris : la jeune pousse est capable de fournir des résultats extrêmement précis, juste à partir de mini-stations qu’elle a inventées. Enfin, le groupe français présente deux dispositifs imaginés par ses salariés : SimpliCity, créé à Noumea, qui a conçu une application de relation entre une ville, ses habitants et les visiteurs de passage ; et Please qui met à la disposition de petits commerçants de villes moyennes des outils logistiques et de relation client dignes de grands retailers. La solution est actuellement testée dans quatre villes françaises, dont Evreux et Mantes-la-Jolie, avec de premiers résultats prometteurs.

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