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Comment faire décoller les start-up healthtech françaises ?

Étude Pourquoi la France peine-t-elle à faire émerger des pépites "healthtech" d'ampleur ? C'est sur cette problématique, au coeur de l'actualité marquée par la pandémie de Covid-19, que Bpifrance, France Biotech, Bio-Up et BCG se sont penchés. Leurs réflexions ont été compilées dans un "plan Healthtech" qui vient d'être publié. Développer les mesures d'accompagnement, favoriser la diversité des fonds d'investissement et créer une "Agence Innovation Santé" sont parmi les axes d'amélioration retenus.
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Comment faire décoller les start-up healthtech françaises ?
Comment faire décoller les start-up healthtech françaises ? © Institut Pasteur/Twitter

La France compte 61 entreprises cotées appartenant au secteur de la healthtech, c'est-à-dire la technologie dédiée à la santé. C'est plus que l'Allemagne, qui n'en compte que 40, et leur capitalisation a augmenté de près de 70% en un an. Cependant, aucune entreprise du secteur n'est parvenue à dépasser durablement le milliard d'euros de capitalisation boursière, contre six en Allemagne et cinq au Royaume-Uni.

Voici le constat du "Plan HealthTech", une étude assortie de recommandations publiée ce mardi et menée par Bpifrance, France Biotech, Bio-Up et le Boston Consulting Group (BCG). 

Affirmer la souveraineté européenne
Le "Plan HealthTech" cherche à comprendre pourquoi ces entreprises peinent à décoller et quels leviers peuvent être utilisés pour faire naître des champions. En plus du potentiel économique que ce secteur représente, les entreprises de la Healthtech ont un rôle à jouer dans "la réindustrialisation" et "la politique de souveraineté de l'Europe" en matière de santé, note l'étude.

La rareté des compétences, la fragmentation des actifs et la complexité administrative sont les trois principaux freins cités par l'étude. En effet, la question de l'expertise est trop souvent abordée sous le seul prisme de la compétence scientifique. "Il faut élargir cette question (...) une biotech ou une medtech doivent à la fois être capables de développer un médicament ou un dispositif médical mais aussi de concevoir un essai clinique, de respecter les exigences de certification des sites (...)", écrivent les auteurs.

Une application trop stricte du principe de précaution
L'étude dénonce également un manque de mobilité public-privé dû à une mauvaise perception du risque et une application trop stricte du principe de précaution. Ainsi, "c'est une culture de l'évaluation du risque par rapport aux bénéfices attendus qui fait parfois défaut", peut-on lire dans l'étude. 

Les auteurs proposent une série de recommandations pour développer une filière d'excellence. Ils suggèrent la création d'une "Agence Innovation Santé" qui serait responsable de définir et de conduire "une politique industrielle d'innovation en santé". A noter qu'il existe déjà différents organismes publics, tels que l'Agence du numérique en santé, chargés de gérer ces questions. L'idée de rassembler leurs compétences au sein d'une même structure est intéressante à condition qu'elle soit dotée de pouvoirs effectifs.

Des essais cliniques trop fastidieux
Le cadre administratif doit être simplifié, ajoute l'étude. Il doit faciliter le transfert de technologie et renforcer l'attractivité de la France pour les essais cliniques. Au total, 204 jours sont nécessaires entre la première démarche administrative et l'inclusion du premier patient dans un essai clinique en France, contre 139 jours à l'échelle européenne.

Il conviendrait également d'assouplir les conditions d'accès au marché qui, avec l'obtention d'un remboursement, sont particulièrement difficiles, d'après l'étude. Cette situation pousse les healthtech à aller directement sur des marchés plus simples d'accès retardant l'arrivée des nouveaux dispositifs en France. 

Des financements trop faibles
Du côté du financement, l'étude rappelle que les start-up de la healthtech sont structurellement déficitaires avec de forts besoins en capitaux pendant plusieurs années. En 2020, elles ont levée en capital-risque un montant "historique" de 886 millions d'euros en 2020, soit le triple de 2016.Mais ce n'est pas suffisant, atteste l'étude. Les financements privés augmentent en France mais restent toutefois 20 fois plus faibles qu'aux Etats-Unis

Côté public, Bpifrance propose des financements à travers son plan "Deeptech", dont le montant a récemment été revu à la hausse. "L'importance du financement public disponible en France reste un atout majeur pour le secteur", notent les auteurs. Mais ils ajoutent qu'il s'agit de moins en moins d'un avantage exclusivement français. En effet, les allocations gouvernementales à la R&D dans la santé sont deux fois plus élevées au Royaume-Uni par exemple. 

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