Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Comment Free brouille les cartes des réseaux 4G

Free se lance plus tôt que prévu sur le marché de la 4G, en la proposant au prix de la 3G. Une stratégie sans risque pour Free, mais qui menace Orange, SFR et Bouygues Telecom, malgré une couverture encore faible. Le gouvernement alerte les consommateurs.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Comment Free brouille les cartes des réseaux 4G
Comment Free brouille les cartes des réseaux 4G © E. Delsol

Mauvaise nouvelle pour Orange, SFR et Bouygues Telecom. Les trois opérateurs mobiles historiques, qui misaient sur la 4G pour se faire une santé, vont subir à nouveau le rouleau compresseur de Free. L’opérateur télécom du groupe Iliad a décidé de se joindre à la bataille de la 4G plus tôt que prévu. Le fait qu’il ait choisi la période de Noël pour faire son entrée ne tient pas au hasard. C’est le moment où est réalisé le pic de vente des mobiles.

Fidèle à sa stratégie de casser les prix, Free inclut la 4G dans ses offres 3G sans surcoût : soit 19,99 euros par mois (15,99 euros par mois pour les abonnés à la FreeBox), contre au moins 29,90 euros par mois chez ses concurrents. Et, cerise sur le gâteau, il propose un volume de données de 20 Go, contre au mieux 16 Go chez Bouygues Telecom, le mieux disant de ses compétiteurs.

Certes, la couverture du réseau 4G du trublion des télécoms est encore faible. Selon le décompte de l’Agence nationale des fréquences (ANFR) du 1er décembre 2013, Free dispose de seulement 700 sites radio 4G en service, contre 5392 pour Bouygues Telecom, 3879 pour Orange et 1013 pour SFR. Mais le groupe Iliad promet la mise en place de plusieurs centaines de nouveaux sites 4G dans les semaines à venir. De quoi rivaliser au moins avec SFR. Difficile à partir de ces chiffres de connaître le pourcentage de la population couverte. D’autant que Free utilise la seule fréquence de 2,6 GHz, qui porte moins bien que les fréquences de 800 MHz et 1800 MHz allouées à ses concurrents.

La couverture 4G de Free en question

Dans la journée qui a suivi l’annonce de Free, le Gouvernement s’est senti obligé de prévenir les clients. Dans un communiqué de Benoît Hamon, ministre délégué, chargé de l’Economie sociale et solidaire et de la Consommation et Fleur Pellerin, ministre déléguée, chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Innovation et de l’Economie numérique, rappellent les obligations de transparence et d’informations préalables auxquelles sont soumis les opérateurs envers les consommateurs. Et invite ces derniers à consulter les carte de  couverture réseau sur le nouveau site de l’Agence nationale des fréquences Cartoradio.Fr

Mais ce handicap ne devrait pas gêner Free dans son offensive. En incluant la 4G là où elle est disponible à ses offres 3G, il ne prend aucun risque commercial. En revanche, Orange, SFR et Bouygues Telecom ne pourront plus compter sur leurs offres 4G pour reconstituer leurs marges. Ils seront tôt ou tard acculés à baisser leurs prix, comme ils l’on fait quand Free s’est lancé dans la 3G.

Contrairement à ses concurrents, qui disposent de réseaux 2G et 3G, Free a l’avantage de démarrer à partir de zéro en construisant un réseau directement en 4G, compatible avec les technologies 3G et 2G. Selon l’ANFR, il dispose aujourd’hui de l’autorisation d’installer 1445 sites radio et il demande l’autorisation pour 80 nouveaux sites par mois en moyenne. Proposer la 4G au prix de la 3G ne lui coûte donc rien. Orange, SFR et Bouygues Telecom ne sont pas au bout de leur peine.

Ridha Loukil

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale