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Comment GlobalFoundries, Howden, Fujitsu et Aggreko utilisent la réalité augmentée… et quelle valeur ils en retirent

Cas d'école La réalité augmentée a un vrai potentiel de transformation des opérations et de plus en plus d'entreprises le comprennent. Lors de la conférence PTC Liveworx 2019, quatre grandes sociétés (GlobalFoundries, Howden, Fujitsu et Aggreko) ont détaillé leur utilisation de cette technologie, les détails de son déploiement et les bénéfices qu'ils en retirent.
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Comment GlobalFoundries, Howden, Fujitsu et Aggreko utilisent la réalité augmentée… et quelle valeur ils en retirent
De gauche à droite : DP Prakash (GlobalFoundries), Maria Wilson (Howden), David Taylor (Fujitsu), Walter Davis (Aggreko). © Julien Bergounhoux

PTC a profité de sa conférence Liveworx 2019, qui s'est tenue du 11 au 13 juin à Boston, pour présenter quatre cas clients d'utilisation de son offre de réalité augmentée Vuforia. Il s'agit du fondeur de semi-conducteurs GlobalFoundries, du fabricant d'équipements industriels Howden, de la branche britannique du géant japonais Fujitsu et d'Aggreko, une entreprise écossaise spécialisée dans la location de groupes électrogènes et de systèmes de refroidissement.

 

GlobalFoundries transforme ses opérations

Chez GlobalFoundries, DP Prakash, qui gère l'innovation en matière d'IA et d'AR/VR, explique qu'il "nous faut innover dans nos opérations de production afin de compenser la fin de la loi de Moore." Les responsables des opérations de GlobalFoundries ont découvert Vuforia Expert Capture en 2018 (il s'appelait alors encore Waypoint) et d'après lui, ce fut une révélation pour eux.

 

Le premier cas d'usage mis en œuvre a concerné les procédures opérationnelles normalisées (PON) de GlobalFoundries. Au lieu de la documentation textuelle dense et complexe en usage jusqu'alors, les équipes ont enregistré un opérateur exécutant la procédure à l'aide d'un casque HoloLens et de Vuforia Expert Capture.

 

Cela la rend beaucoup plus simple à comprendre d'après DP Prakash. "Nous sommes passés très rapidement du POC aux pilotes et à la production. Au bout d'un moment la solution est devenue tellement populaire que les employés faisaient la queue pour s'en servir", explique-t-il. Et le résultat est là : un temps d'exécution jusqu'à dix fois plus rapide d'après lui.

 

Démystifier des outils à 100 millions de dollars

Le second cas d'usage a été la formation. "Nous formons désormais les gens en deux fois moins de temps, et nous pouvons leur apporter une information très rapidement là où ils en ont besoin, tout ça grâce à la réalité augmentée. Cela transforme véritablement nos opérations." Les bénéfices sont aussi importants au niveau du temps d'immobilisation des équipements.

 

"Nous avons des outils qui coûtent 100 millions de dollars. La réalité augmentée nous permet de les démystifier auprès de nos ouvriers, et de les former dessus sans avoir besoin qu'ils se rendent sur place et qu'on immobilise l'outil. Il suffit de leur afficher le fichier CAO dans la salle de classe et ensuite de les équiper d'appareils de réalité augmentée lors de leurs premières semaines d'activité." L'entreprise travaille aujourd'hui activement au déploiement à grande échelle de ces pratiques.

 

La troisième étape sur laquelle l'entreprise travaille en ce moment est la mise en place d'une interface en réalité augmentée utilisant les données des équipements grâce au logiciel ThingWorx. Les impacts sont également multiples au-delà de la chaîne de fabrication. "Nous pouvons pénétrer dans un wafer désormais pour l'inspecter de l'intérieur et mieux appréhender son architecture", mentionne DP Prakash.

 

Il cite également le cas d'une visite d'usine à Singapour qui nécessitait en temps normal deux heures, et pour laquelle les équipes n'avaient que 10 minutes à consacrer. "Les équipes ont créé une expérience en 7 jours de temps et cela a permis de réduire la durée de la visite à seulement 5 minutes, tout en couvrant toutes les étapes prévues."

 

Howden donne une interface à ses équipements industriels

Pour Howden, la réalité augmentée s'inscrit dans une démarche IoT. "Nous savions que l'industrie 4.0 arrivait mais nous n'avions aucune idée de comment en tirer partie, déclare Maria Wilson, en charge de l'utilisation intelligence des données chez Howden. Nous avons exploré les possibilités pendant un an et demi sans que cela ne donne rien avant de choisir ThingWorx. Mais nous nous sommes alors rendu compte que nous avions une vision trop étriquée. C'est là que la réalité augmentée est rentrée en jeu."

 

D'après Maria Wilson, Howden en est encore au début de son usage de la réalité augmentée, mais les cas d'application sont déjà nombreux. "Nous avons commencé à nous y intéresser au travers de ThingWorx Analytics. Nous l'utilisons dans nos usines, pour créer des instructions étape par étape pour nos opérateurs. Nous nous en servons aussi lors de la phase de conception des produits, on passe de la 2D à la 3D. Et cela nous est utile pour la maintenance de nos équipements."

 

C'est aussi plus généralement un changement d'interface. "Comme elle permet de visualiser les données provenant des capteurs de nos équipements, la réalité augmentée est devenue une façon privilégiée pour nos clients d'interagir avec nos produits." Grâce aux Spatial Anchors de Microsoft, Howden travaille désormais sur des scénarios d'aide à distance, pour que des techniciens à Dubaï par exemple puissent collaborer ou même se former sans avoir besoin de se rendre jusqu'à son siège (situé à Londres).

 

Fujitsu aide ses clients à se dépanner tous seuls

Au Royaume-Uni, Fujitsu a développé une solution avec Unity mais qui intègre les capacités du Vuforia Engine pour la reconnaissance d'objet. L'application permet aux clients de se dépanner eux-mêmes en cas de problème sur un équipement . "Cela sert notamment à nos clients dans la distribution, lorsqu'un composant mineur du système de vente a un dysfonctionnement, explique David Taylor, consultant technique chez Fujitsu. Nous sommes capables de voir qu'un problème est récurrent sur un type de composant, et cela nous permet de créer des applications qui permettent aux clients de gérer ces problèmes eux-mêmes directement sans attendre la venue d'un technicien."

 

Pour un problème sur un clavier pour numéroter un code de carte bleue par exemple, il fallait auparavant qu'un ingénieur se déplace ou que la pièce soit remplacée. Aujourd'hui, il suffit de pointer un smartphone ou une tablette équipé de l'application et de choisir le type de problème pour obtenir un guide de dépannage étape par étape. Il n'y a même plus besoin de contacter le service client. "C'est aussi comme cela que nous présentons la solution aux clients, reprend David Taylor. On n'insiste pas sur la réalité augmentée, on leur dit juste que cela va réduire leurs coûts de maintenance sur nos équipements de 50%."

 

Aggreko limite le downtime de ses équipements

Aggreko a commencé à s'intéresser à la réalité virtuelle et augmentée en 2018. "Les deux technologies avaient beaucoup de potentiel, notamment pour l'apprentissage, commente Walter Davis, à la tête des RH et de la formation chez Aggreko. Nous sommes présents dans plus de 100 pays et nous employons en majorité de la main d'œuvre en intérim. En conséquence, la rapidité et l'efficacité de la formation est un sujet déterminant pour nous."

 

Par ailleurs les employés de l'entreprise travaillent généralement dans des endroits reculés, ce qui fait qu'un fonctionnement mobile et offline était primordial. "PTC a tout de suite mis ces capacités sur la table. Nous avons commencé à travailler avec eux à l'automne 2018 et nous sommes actuellement dans la phase pilote, avec en ligne de mire un déploiement en production pour nos opérations en Amérique du Nord."

 

Pour Walter Davis, la réussite du projet tient en grande partie au fait d'avoir inclus un maximum de personnes pertinentes au projet dès son commencement : ingénierie, opérations, etc. "Cela nous a permis de les voir venir à nous avec des idées, plutôt que d'avoir à les convaincre de l'intérêt du projet." A l'heure actuelle les ingénieurs s'en servent pour le design et les opérateurs l'utilisent pour avoir des instructions sur le terrain.

 

Le retour sur investissement pour Aggreko se situe principalement dans la réduction du temps pendant lequel un équipement ne fonctionne pas, que ce soit pour effectuer une formation ou lors d'une utilisation sur le terrain. "Cela nous coûte beaucoup d'argent et nos clients ont besoin d'avoir de l'électricité le plus vite possible, détaille Walter Davis. Les opérateurs apprennent aussi mieux de cette manière, mais nous avions besoin de quelque chose de plus concret pour convaincre nos dirigeants qu'il y avait un réel intérêt à déployer ces technologies."

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