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Comment Google X a échoué à trouver un biomarqueur de la dépression en utilisant l'IA

Les chercheurs de X, le laboratoire de recherche d'Alphabet, se sont lancés dans la quête d'un hypothétique biomarqueur de la dépression pour faciliter le diagnostique de cette maladie aux multiples facettes. Ils ont combiné l'électroencéphalographie et l'intelligence artificielle. Après trois ans de recherche, c'est un échec : aucun biomarqueur n'a été trouvé.   
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Comment Google X a échoué à trouver un biomarqueur de la dépression en utilisant l'IA
Comment Google X a échoué à trouver un biomarqueur de la dépression en utilisant l'IA © X

X (ancien Google X), le laboratoire de recherche de pointe d'Alphabet, présente dans un billet de blog les résultats mitigés de son projet "Amber" dont l'objectif était de faciliter le diagnostique de la dépression grâce à la découverte d'un hypothétique biomarqueur.

Faciliter le diagnostic de la dépression
L'équipe de chercheurs est parti du constat suivant : il est très difficile de diagnostiquer une dépression car ce trouble mental se manifeste par des dizaines de milliers de symptômes différents. Aujourd'hui, les professionnels de santé ont recours à des questionnaires de dépistage qui permettent d'établir un score.

Mais ces critères subjectifs ne suffisent pas, affirment les chercheurs d'Alphabet. D'où leur idée de partir à la quête d'un biomarqueur, caractéristique biologique mesurable lié à la un processus normal ou non, de la dépression. Comme les médecins mesurent le taux de glycémie pour les personnes atteintes de diabètes, les psychologues et psychiatres pourraient utiliser ce biomarqueur pour établir un diagnostic.

Créer un EEG simplifié
Pour réussir ce pari, les chercheurs ont décidé de combiner intelligence artificielle et électroencéphalographie (EEG), qui permet d'enregistrer l'activité électrique des neurones du cerveau. Dans un premier temps, ils ont développé un électro-encéphalogramme "plus facile à utiliser, peu coûteux et portable", en partenariat avec l'université de Floride.

Après de nombreux prototypes, ils ont réussi à créer un casque qui s'enfile comme "un bonnet de bain" en moins de trois minutes avec un peu d'entraînement. Trois électrodes crâniennes sont placées le long de ligne médiane du cerveau, c'est-à-dire la ligne qui sépare sa partie droite et sa partie gauche.
 


L'IA pour automatiser la lecture des données
Dans un second temps, ils ont développé des systèmes d'apprentissage automatique capables de déterminer quels aspects du signal électrique est important. L'objectif est de simplifier le travail des professionnels de santé qui ne savent pas toujours lire les EEG avec suffisamment de précision, d'après les dires du laboratoire d'Alphabet. Ces travaux font l'objet d'une publication scientifique qui est en cours de relecture par les pairs.

Sauf qu'après trois ans de recherche, les scientifiques n'ont trouvé aucun biomarqueur de la dépression comme ils le souhaitaient. Mais ce ne sont pas les premiers à échouer. Certaines travaux affirment avoir découvert un biomarqueur fiable mais restent des recherches expérimentales qui ne sont pas jamais sorti d'un laboratoire.

Les patients refusent d'Etre etiquetés par une machine
En interrogeant les principaux concernés, soit les patients et les médecins, les chercheurs de X rapportent que la découverte d'un biomarqueur n'est pas aussi attendue qu'ils ne le pensaient. Des patients atteints de troubles dépressifs ont déclaré ne pas aimer l'idée "d'être étiquetés comme déprimés par une machine".

De leurs côtés, les praticiens ont accueilli plutôt favorablement l'introduction de mesures objectives, mais pas en remplacement de l'évaluation subjective et de l'interrogation des personnes sur leur expérience et leurs sentiments. En effet, les mesures objectives peuvent valider l'expérience subjective ; ou si les deux divergent, cela constitue un aperçu intéressant qui fournit le point de départ d'une conversation.

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