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Comment Huawei soigne son complexe industriel

Lassé d’être attaqué sur les problèmes de sécurité de ses équipements de réseau, l’équipementier télécoms chinois a exceptionnellement ouvert à la visite son site industriel de Song Shang Lake, en Chine. Une preuve d’ouverture qui ne trompe personne.
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Comment Huawei soigne son complexe industriel
L'entrée de l'usine Huawei de Shong Shan Lake (Chine).

Huawei est face à un dilemme. Pour porter ses grandes ambitions sur le marché des smartphones et des entreprises, l’équipementier chinois doit se construire une marque, et faire preuve d’un peu d’ouverture. Mais son activité télécoms historique le pousse sans cesse au secret, pour tout ce qui touche à sa technologie et à son outil industriel. La visite de son campus se fait toujours sur haute surveillance. Et, comble de la paranoïa, il est interdit de prendre des photos dans son showroom technologique !

 

Dans ses rapports annuels et sur les sites web, pas une ligne sur ses usines. La seule mention du site de Song Shang Lake, se trouve au détour d’un communiqué sur l’utilisation d’éoliennes ! Le chinois, qui se veut une des rares entreprises globale de son pays, ne veut surtout pas être assimilée à ses compatriotes sous-traitants industriels comme le célèbre fabricant taïwanais d’iPhone, Hon Hai Foxconn, dont une des usines géantes partage la même sortie d’autoroute que Huawei au nord de Shenzhen ! Foxconn fabriquant par ailleurs certains des smartphones de Huawei !

 

Un site au Brésil bien caché

 

"Huawei n’est pas un grand fabricant", tient à préciser Joe Kelly, responsable média international basé à Shenzhen. Selon lui, le site de Song Shang Lake, que le groupe commence à ouvrir aux visites pour démontrer la traçabilité totale des composants de ses équipements radio et que personne ne peut y insérer de mouchard, est surtout un grand centre logistique ! Et hormis ses sites industriels au Brésil où seraient aussi fabriqués des équipements réseau, mais sur lequel Huawei ne souhaite pas s’étendre et dont personne ne semble rien savoir à Shenzhen, sa politique depuis des années va à la sous-traitance.

 

Au Brésil, l’équipementier produit aussi lui-même des smartphones au Brésil, sur son site de Sorocaba à 92 km de São Paulo, depuis août 2013, selon la presse locale, principalement pour échapper aux taxes d’importation. Il y employait 3 000 personnes avant cette extension aux mobiles.

 

Un site chinois aux standards occidentaux

 

Et la visite du site de Song Shang Lake tendrait à contredire John Kelly. Situé à 55 km au Nord de Shenzhen (soit près d’1 h 30 de route) le site, immense, s’étend sur 140 ha. 20 000 personnes y travaillent. Certes, les deux tiers sont encore en construction. Et Huawei reste très discret sur la production à venir. Mais il se murmure que le Chinois pourrait y assembler des objets connectés ! Un des deux bâtiments déjà construits accueille d’ailleurs déjà la production des préséries de smartphones. Forcément très sécurisée, même l’employée du Chinois chargée d’accueillir les visiteurs n’y est jamais entrée !

 

D’ailleurs une seule unité est ouverte aux visiteurs. Le bâtiment 7, où sont fabriqués des équipements réseaux professionnel sur 13 lignes d’assemblage presqu’entièrement automatisées, équipées des machines de placement allemandes (Siemens) et japonaises, comme on peut en voir chez tous les fabricants électroniques occidentaux.

 

un centre logistique robotisé à 100%

"Persevering the Lean Production", lisent les ouvriers de Huawei quand ils vont travailler

 

Ces lignes, qui vont jusqu’à l’emballage pour l’expédition, sont alimentées en composants via un centre logistique, qui lui est 100 % robotisé. "On est les seuls en Chine à avoir ce système robotisé à 100%, affirme l’accompagnatrice. Installé en 2012, il a remplacé le travail de 400 personnes."

 

Sur le site, la moyenne d’âge est de 28 - 29 ans. Les ouvriers travaillent en 3x8 pour le placement et en 2x8 pour l’assemblage. Le tableau de suivi de niveau de production indique que le site a ouvert en 2003. Cette année là 3721 équipements sont sortis des lignes, pour 53787 en 2014.

 

On ne saura rien de ce qui se passe dans les autres bâtiments. Mais tout indique que Huawei est bien plus industriel qu’il ne veut bien le laisser voir. Et sait appliquer les process de qualité requis par ses clients, du moins pour ses équipements réseau.

 

Aurélie Barbaux, envoyée spéciale à Shenzhen

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