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Comment IBM veut utiliser les big data pour révolutionner la santé et les services

IBM mise sur son super-ordinateur Watson pour analyser les big data pour divers secteurs comme la santé, la banque, l'assurance. L'Usine Digitale a rencontré Rob High, CTO du groupe Watson Solutions, lors de la conférence DataBeat à San Francisco, afin de discuter de ces applications industrielles et de la stratégie du groupe.
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Comment IBM veut utiliser les big data pour révolutionner la santé et les services
Comment IBM veut utiliser les big data pour révolutionner la santé et les services © crédit photo

Watson va révolutionner l'industrie de la santé ! C'est en tout cas ce que Rob High, le directeur de la technologie de Watson Solutions, a martelé lors de la conférence DataBeat. Interrogé par L'Usine Digitale, il a affirmé que les travaux sur ce programme informatique d'intelligence artificielle permettront de révolutionner l'industrie de la santé. En effet, le groupe est en train de préparer de nouvelles solutions pour les médecins et les hôpitaux.

Un exemple : "nous travaillons sur les 'autorisations pré-traitement'. Aux Etats-Unis, les infirmiers et docteurs doivent faire approuver des documents avant de donner un traitement, et ils doivent lire tous les textes concernés pour être dans les règles, ça prend énormément de temps, c'est beaucoup de lecture. Or, s'il y a une chose que Watson sait faire, c'est lire. Il lit l'information lié au patient, les règlementations, et détermine si le traitement devrait être approuvé ou non" explique-t-il. Cependant, "ça ne marche pas pour tout, certains cas sont très compliqués".

De plus, Watson pourra être utilisé pour aider les cliniques à proposer des traitements sur-mesure notamment pour les patients atteints du cancer. "Nous regardons l'historique d'un patient, comparons les similarités entre des millions de patients, observons les micro-segmentations, toutes les 50 000 autres variables qui font que vous êtes qui vous êtes. Nous identifions ensuite des thérapies qui sont spécifiques à chacun. Les cliniques pourront utiliser ce service pour proposer des traitements personnalisés. Nous ciblons actuellement les grands instituts du cancer", ajoute-t-il.

améliorer les services aux utilisateurs

Selon Rob High, Watson permettra aussi aux entreprises de mieux répondre aux attentes des utilisateurs. En effet, "quand les clients ont des questions sur des produits ou des services, au lieu de lire ces informations, ils pourront utiliser la technologie de Watson pour y accéder. Par exemple, quand un individu souhaite se renseigner sur l'hypothèque d'une banque [pour acheter une maison], il recherchera aussi des informations sur le marché immobilier, sur les écoles du quartier, sur les transports..."

En plus des banques, Rob High estime que l'industrie du retail et des assurances pourront aussi bénéficier de cette technologie. "Nous sommes en train de tester un programme pilote actuellement dans une organisation dont nous dévoilerons bientôt le nom", ajoute-t-il.

Stimuler la créativité humaine

Enfin, malgré toutes ces opportunités business pour IBM, Rob High aime rappeler que la technologie Watson doit avant tout faire progresser l'espèce humaine. C'est pourquoi il a testé au sein de ses équipes la "cuisine créative". Après analyse de toutes les recettes possibles et imaginables, "Watson analyse les 6 quintillions [un million à la puissance cinq ou le nombre 10 puissance 30] de combinaisons d'ingrédients possibles, et évalue les différents goûts. C'est une expérimentation et une démonstration de la manière dont les systèmes cognitifs créent des choses que les humains ne pourraient imaginer. Nous pensons ainsi stimuler la créativité humaine", explique-t-il.

Les ordinateurs pourront-ils un jour remplacer l'intelligence humaine ? "Watson ne remplace pas la créativité humaine. Watson n'est pas artistique, il est analytique.", admet toutefois Rob High. "Les êtres humains ont 200 millions d'années d'évolution d'avance, c'est très difficile de recréer cela (...) Je prédis qu'il faudra encore très longtemps avant que les ordinateurs puissent penser comme des humains. Le cerveau est très compliqué et nous ne le comprenons pas encore. Cela fait d'ailleurs 6 décennies que tout le monde prédit l'arrivée des ordinateurs humains."

Preuve qu'IBM veut investir le plus possible dans ce domaine, l'équipe du groupe Watson dirigée par Rob High est passée de 250 personnes à la fin de 2013, à 1 000 actuellement, et devrait compter 1 500 employés d'ici la fin de l'année. "Nous voulons créer un écosystème entier", ajoute-t-il. La bataille des big data a bien commencé.

Nora Poggi

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