Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Comment InMemori s'attaque (habilement) à la délicate digitalisation des obsèques

InMemori a développé une plate-forme en ligne pour faciliter la communication entre les proches au moment d'un décès, rassembler les messages d'hommage et organiser une collecte de dons. Le service a été conçu sous un modèle B2B et a déjà séduit Malakoff Mederic, Allianz ou encore Le Figaro. InMemori vient de passer trois mois en immersion au sein du programme The Refiners, basé à San Francisco, pour s'attaquer au marché américain et déployer son service à l'international. Portrait.    
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Comment InMemori s'attaque (habilement) à la délicate digitalisation des obsèques
Clémentine Piazza, fondatrice d'InMemori (en bas à gauche de la photo) fait partie de la deuxième promotion de l'accélérateur The Refiners, basé à San Francisco. © Christophe Bys DR

C'est ce qui s'appelle un grand écart. De directrice marketing du groupe Unibail-Rodamco, Clémentine Piazza est devenue CEO d'InMemori, la start-up qu'elle a fondée il y a un an et qui propose de faciliter la communication entre amis et membres de la famille lors de la perte d'un proche.

 

Un pitch convaincant

Avec InMemori, Clémentine Piazza s'attaque donc aux questions funéraires, un sujet sensible où de nombreuses start-up ont déjà échoué. "C'est un sujet clivant", reconnaît Clémentine Piazza. InMemori semble toutefois se distinguer de la concurrence et cette distinction commence d'abord par un pitch très convaincant, avec la juste dose de story-telling. Le projet InMemori est né d'une histoire personnelle, ou plutôt d'un problème personnel. Lorsque la fondatrice a dû organiser les funérailles d'un proche, elle s'est rendu compte qu'un point essentiel n'était toujours pas résolu : comment contacter rapidement tous les proches concernés et comment centraliser tous les messages d'hommage ?  "C'est un domaine très archaïque où il n'y a pas d'innovations car le sujet est sensible", estime Clémentine Piazza.
 

Un design façon Le Bon Coin

InMemori propose donc aux familles concernées par la perte d'un proche de créer une page en ligne où la communauté peut lui rendre hommage en laissant un message et en participant à une collecte de dons en sa mémoire, qui pourra par exemple être reversée à une association. La même page permet à la famille de diffuser toutes les informations pratiques sur l'organisation des obsèques.

Intergénérationnel, le service a été pensé pour être accessible par tous. Dans cette optique, InMemori a opté pour un système de lien afin de partager facilement l'URL de la plate-forme. Ensuite, côté design, Clémentine Piazza reconnaît s'être inspirée de sites universels comme Le Bon Coin et celui des impôts, pour faciliter l'usage du service.

 

Un modèle B2B et un service gratuit

L'autre élément distinctif, c'est le business model. Clémentine Piazza ne s'est pas attaquée au marché grand public mais à une cible BtoB. Elle cible ainsi les grosses associations aux Etats-Unis, les hôpitaux et les assurances obsèques en France. "Aujourd'hui, ces assurances n'ont aucun service à proposer", explique l'entrepreneuse. Pour nouer ses premiers contrats le plus rapidement possible, InMemori a fait le choix de la gratuité : le service ne coûte rien ni aux familles, ni aux partenaires. Pour se rémunérer la start-up prélève une commission sur des services annexes, greffés à la plate-forme, comme la possibilité de commander des fleurs avec Interflora, d'imprimer un recueil de témoignage ou d'envoyer un panier gourmand, une tradition encore très répandue aux Etats-Unis.

La gratuité du service a permis à la jeune pousse de ne pas devoir remonter trop haut dans l'échelle de décisions des grands groupes et d'enregistrer rapidement ses premiers clients. Le service InMemori est ainsi déjà proposé par Malakoff Mederic, Allianz, Le Figaro (dans le cadre de son activité de publication d'avis nécrologiques) et deux associations américaines.

 

Cap sur les Etats-Unis

Pour renforcer son activité outre-Atlantique et accélérer son internationalisation, la start-up s'est tournée vers l'accélérateur The Refiners. Fondé par Géraldine Le Meur, Carloz Diaz et Pierre Gaubil, ce programme basé à San Francisco propose aux start-up un accompagnement de trois mois pour mieux comprendre les codes du marché américain. "L'acculturation est nécessaire. Aux Etats-Unis, on ne comprend pas lorsqu'on s'est trompé et on reproduit nos erreurs", raconte Clémentine Piazza, désormais prête à étendre son service à l'international.  

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media