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Comment Inodesign conçoit et fabrique ses cartes électroniques et câbles près de Lille

La fabrication des cartes électroniques et des câbles de connectique en Asie n'est pas une fatalité. Inodesign conçoit et fabrique les siens entièrement en France, près de Lille. Ses prix ont beau être un peu plus élevé, l'entreprise valorise sa réactivité, la qualité des produits et des délais de production et de livraison imbattables.
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Comment Inodesign conçoit et fabrique ses cartes électroniques et câbles près de Lille
Comment Inodesign conçoit et fabrique ses cartes électroniques et câbles près de Lille © Inodesign

Quand Mickaël Coronado, ingénieur et CEO d'Inodesign, crée son entreprise il y a 10 ans, il a envie d'aller "à contre courant" des habitudes consistant à se fournir en cartes électroniques et en câbles auprès de fournisseurs asiatiques. Il monte d'abord un bureau d'études et de R&D puis développe "l'intégration de toutes les étapes de conception, de fabrication et d'assemblage des produits électroniques sur un seul site", en France, raconte-t-il.

Alors que le prix était alors le premier critère des clients, il mise, lui, sur les délais de production. "Il faut quatre à huit semaine pour démarrer la fabrication d'un produit en Asie, souligne-t-il. Chez nous il suffit de quatre heures." Au prix des produits fabriqués en Asie il faut ajouter celui du transport tandis que celui des produits d'Inodesign tient compte d'une valeur du travail supérieure. "Au final, nous ne sommes que 10 à 15% plus cher", précise le CEO. Comme les clients sont livrés très rapidement, ils n'ont plus à gérer la logistique ni le stockage. Ils peuvent aussi modifier le plan de leur produit d'une semaine sur l'autre, ajoute-t-il.
 

Délais raccourcis

Sur place, "les ingénieurs conçoivent les cartes. C'est notre force, insiste Mickaël Coronado. On fabrique des préséries et des séries, des câbles et on réalise la plasturgie nécessaire, c'est-à-dire toute les étapes de production d'un produit électronique". Les produits visent tous les marchés sauf celui de l'automobile : data centers, robotique, green tech...

L'entreprise, qui emploie 55 salariés, est implantée à Croix, sur l'un des sites nordistes d'OVH, un de ses premiers clients. Client et fournisseur ne pouvaient pas être plus proches. A l'étage du bâtiment, la zone Sytric est consacrée à l'ingénierie, la conception et la R&D des produits. Les ingénieurs y travaillent aussi, entre autres, sur le supercalculateur d'Inodesign, destiné à réaliser le contrôle qualité et de la production.

Au rez-de-chaussée, dans la zone baptisée Hemsky, deux linéaires de production (le double par rapport à 2021) permettent de fabriquer 20000 à 25000 cartes par mois – et ils ne tournent actuellement qu'à la moitié de leur capacité, souligne le CEO. L'atelier d'intégration se trouve juste à côté : il est alimenté en produits de tôlerie par Aixmétal, installée à quelques mètres de là, sur le même site.

Homeworkers

La zone Linkable abrite un atelier semi-automatique qui produit une partie des câbles informatiques, harnais et faisceaux électriques pour appareils électroménagers, vélos électriques, éclairage urbain, etc. L'autre partie de ces câbles est fabriquée par sept "homeworkers", des salariés qui travaillent à domicile. Un peu sur le modèle de certains ouvriers du textile, à une autre époque, mais salariés en CDI et à plein temps d'Inodesign...

"Nous leur fournissons les kits des produits à fabriquer, les plans, les tutoriels et le matériel de sécurité," précise Mickaël Coronado. Ils viennent sur place un jour toutes les deux semaines pour suivre des séances de formation continue. Selon le CEO, cette formule remplit tous les objectifs en termes de productivité et de qualité ( qui "frôle les 100%"). Chaque type de cordon a son propre banc de test, ce qui permet aussi de réduire les délais. Prochainement, Inodesign mettra en ligne un outil de configuration de câbles pour accélérer encore le processus.

Inodesign a ouvert depuis quelques semaines un deuxième site de production à Avelin au sud de Lille. En plus d'une partie de l'intégration des cartes, l'injection plastique, autour des connecteurs par exemple, y est réalisée, ainsi que les câbles de gros calibre. Après avoir été certifiée ISO 9001 il y a deux mois, Inodesign travaille à sa certification UL pour pouvoir exporter aux Etats-Unis. Et Mickaël Coronado, qui reprend actuellement 100% du capital d'Inodesign, envisage de lancer une levée de fonds en fin d'année 2022.

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