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Comment Israël arrivera à créer le prochain Facebook ou Google, par le fondateur de Waze

Comment créer "the next big thing" ? Le fondateur de Waze, la start-up israélienne rachetée par Google, explique les avantages et inconvénient d'un écosystème comme celui d'Israël par rapport à la Silicon Valley.

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Comment Israël arrivera à créer le prochain Facebook ou Google, par le fondateur de Waze
Comment Israël arrivera à créer le prochain Facebook ou Google, par le fondateur de Waze © LinkedIn

Noam Bardin, le fondateur de Waze, la startup israélienne rachetée par Google pour 1,1 milliard de dollars, veut faire profiter le monde de son expérience et tente d'identifier les avantages et inconvénients de l'écosystème israélien par rapport à la Silicon Valley dans un post Linkedin.

Le prémice : personne ne pensait qu'une acquisition comme celle de Waze pourrait se faire en Israël, selon lui. A partir d'une évaluation à 1 milliard de dollars, la start-up est entrée dans la catégorie renommée des "licornes", comme les appelle l'investisseuse américaine Aileen Lee. Les rares start-up qui touchent le jackpot, en somme.

 

des marques globales pour le grand public

Le premier mythe auquel l'entrepreneur s'attaque : Israël ne pourrait produire que des "petites" marques, et non des marques globales pour le grand public. En effet, il s'agit seulement de la troisième "licorne" en Israël, et Waze est la premiere d'entre elles tournée vers le "B2C", le consommateur. Pourtant, Israël arrive juste derrière la Silicon Valley en terme de nombre de start-up avec plus de 6 000 start-up créées ces 10 dernières années.

Alors, où est le problème ? Israël est à l'aube d'une nouvelle ère, estime l'auteur. La culture populaire voulait que les Israéliens échouent à créer des produits grand public car ils ne comprennent pas le consommateur américain. Pourtant, rappelle Noam Bardin, la génération d'entrepreneurs actuelle bénéficie de liens forts avec l'Amérique.

 

Les forces de l'écosystème israélien

La culture israélienne, selon l'auteur, et notamment celle de ses ingénieurs, est idéalement positionnée pour créer "the next big thing". Les Israéliens sont avant tout culturellement portés vers le concept de "lean start-up", la création dans la frugalité. Ils préfèrent tester tout de suite une idée.

Leur histoire, notamment militaire, leur donne un avantage dans le domaine de l'analyse de données. Les Israéliens ont la capacité technologique de créer des géants et sont les rois pour résoudre de vrais problèmes technos. Seul leur cynisme les empêcherait de créer un Snapchat ou un Twitter. "Instagram n'aurait jamais pu survivre à notre cynisme, [essaye] d'expliquer à tes copains dans l'armée qu'au lieu de hacker l'infrastructure nucléaire iranienne tu as construit une application pour envoyer des photos de nourriture à tes amis ?" souligne-t-il. Et pourtant, ce sont bien ces tendances grand public là qu'il faut savoir détecter pour toucher le jackpot.

 

Vendre tôt

La culture israélienne, si différente de celle des Américains, porterait ainsi préjudice aux entrepreneurs. Un mal que l'on peut retrouver dans d'autres pays, rappelle l'auteur.

Les Israéliens sont les pros de l'exécution mais ne savent pas "rêver en grand" argue-t-il, la peur et le manque de confiance en soi étant trop ancrées chez eux. Les Israéliens sont aussi culturellement moins ouvert au risque, et la peur de "se faire avoir", pousse les entrepreneurs et investisseurs à vouloir vendre très tôt, avant qu'un produit ne perde sa valeur.

 

Manque d'expérience de terrain

Le vrai problème toutefois, reste le manque d'expérience concrète des Israéliens face au succès, contrairement aux acteurs de la Silicon Valley. Les investisseurs israéliens surtout, n'ont pas assez vu de "licornes" pour savoir les reconnaître et les aider dans leur ascension. Le lieu où toute cette expérience "de haut niveau" converge, reste la Silicon Valley. "Votre challenge, en tant qu'entrepreneur israélien, est de combler ce fossé [de l'accès à l'expérience]." Les liens entre les deux écosystèmes doivent être renforcés car "on ne peut pas réussir globalement sans passer par les Etats-Unis", estime Noam Bardin. Les entrepreneurs français dresseraient-ils un bilan similaire ?

Nora Poggi

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