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Comment l'IA fluidifie le signalement des effets indésirables du vaccin contre le Covid-19

L'ANSM a choisi Synapse Medicine pour développer un outil capable de fluidifier la remontée des effets indésirables liés au vaccin contre le Covid-19. Reposant sur un système d'apprentissage automatique, "Medication Shield" permet aux centres régionaux de pharmacovigilance d'accélérer le traitement des données grâce à une priorisation des cas les plus graves. 
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Comment l'IA fluidifie le signalement des effets indésirables du vaccin contre le Covid-19
Comment l'IA fluidifie le signalement des effets indésirables du vaccin contre le Covid-19 © Hakan Nural/Unsplash

La start-up bordelaise Synapse Medicine, spécialisée dans la détection du mauvais usage des médicaments, vient de dévoiler "Medication Shield", un outil visant à faciliter la gestion de la déclaration d'effets indésirables du vaccin contre le Covid-19 grâce à l'intelligence artificielle.

Fluidifier la chaîne d'analyse
L'initiative est issue de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), l'autorité compétente en matière de pharmacovigilance à l'échelle nationale. Début décembre 2020, alors que la vaccination n'avait pas encore commencé en France, elle avait confié à TICpharma sa volonté de mettre en place "un dispositif spécifique pour la surveillance des vaccins contre le SARS-CoV-2" afin de fluidifier la chaîne d'analyse.

Si Synapse Medicine a été choisi c'est parce que cette jeune pousse est spécialisée dans le mauvais usage des médicaments. Elle a développé une plateforme SaaS capable de déceler les prises de principes actifs incompatibles ou les contre-indications grâce à un algorithme qui passe en revue "tous les documents médicaux de référence comme les notices d'utilisation", détaillait le CEO, Clément Goehrs, à L'Usine Digitale

En pratique, lorsqu'une personne vaccinée ressent des symptômes inhabituels, elle peut les déclarer sur un portail de signalement en ligne rattaché au ministère de la Santé. Ce formulaire est ensuite envoyé à un centre régional de pharmacovigilance (CRPV) compétent qui va analyser ces données pour repérer les symptômes nouveaux, graves, inédits... et va reporter ces informations dans la base nationale de pharmacovigilance.

Prioriser les signalements par ordre de gravité
Le nouvel outil "Medication Shield" intervient après le signalement sur la plateforme mais avant le travail d'analyse du centre de pharmacovigilance. Reposant sur un système d'apprentissage automatique, il va "coder" ces signalements selon la classification "MedDRA" (dictionnaire médical pour les activités réglementées) et les prioriser par ordre de gravité.

L'objectif n'est pas de remplacer le travail des CRPV mais de leur proposer une lecture fluidifiée des signalements pour qu'ils puissent se dégager du temps afin de traiter les cas les plus complexes.

Cegedim héberge les données
D'après le cahier des charges de l'ANSM, les données transitant via la plateforme doivent être hébergées par un provider de cloud certifié "hébergeur de données de santé" (HDS). Synapse Medicine a choisi Cegedim, un fournisseur de cloud français. Une préférence qui devrait bientôt s'étendre au reste des services proposés par la société bordelaise qui utilise encore Microsoft Azure, alors que le Privacy Shield, texte qui autorisait le transfert de données outre-Atlantique en reconnaissant que la législation américaine offrait les mêmes garanties que le droit européen, a été invalidé. 

Cette situation a provoqué l'éviction de Microsoft du Heath Data Hub. A ce sujet, le ministre de la Santé Olivier Véran avait lui-même déclaré qu'il partageait "pleinement les préoccupations relatives au risque de divulgation de données hébergées par la plateforme aux autorités américaines avec le choix de l'entreprise Microsoft". 


Chiffrer ou pseudonymiser les données
Conscient de cette problématique, Synapse Medicine promet que le transfert de données personnelles vers les Etats-Unis repose sur "un ensemble solide de règles et garanties en matière de protection des données", mais sans en détailler le contenu. C'est en effet la condition posée par la justice européenne pour que le transfert de données soit considérée comme légale. 

En pratique, dans ses recommandations récemment publiées, le Comité européen de la protection des données (CEPD) suggère une série de scénarios pour lesquels des mesures supplémentaires pourraient suffire à rendre un transfert international légal, tels que le chiffrement ou la pseudonymisation des données. Sollicité par L'Usine Digitale, Clément Goehrs promet que bientôt plus aucune données transitant par Synapse Medicine ne seront hébergées par Microsoft. 

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