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La blockchain pour doper la finance verte

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Les obligations vertes permettent de financer les projets en faveur de la transition énergétique. Leur cycle de vie est toutefois ponctué de nombreuses étapes impliquant l'intervention de multiples acteurs. Pour fluidifier les échanges, réduire les délais et les coûts d'émissions et favoriser l'émergence d'un marché secondaire, l'IRT SystemX et la Caisse des Dépôts planchent sur une plate-forme basée sur une blockchain de consortium. Présentation.

La blockchain pour doper la finance verte
Les green bonds ou obligations vertes permettent aux entreprises et aux entités publiques de financer leurs projets environnementaux, plus particulièrement les investissements en infrastructures. © Max Bögl/DR

Mobilité, assurance, énergie… Les domaines d'application possibles de la blockchain sont de plus en plus nombreux. Lors d'une matinée dédiée à ce protocole distribué, l'institut de recherche technologique (IRT) SystemX a présenté ses derniers travaux en la matière. Parmi eux, un démonstrateur sur la finance verte élaboré en partenariat avec la Caisse des dépôts, particulièrement active sur le sujet (lire notre article : La Caisse des Dépôts investit tous azimuts dans la blockchain).

 

Les deux parties ont imaginé une plate-forme distribuée pour soutenir le développement des obligations vertes (les green bonds en anglais). "Il s'agit d'emprunts émis par une entreprise ou un acteur public dont le but est de financer uniquement des projets de transition énergétique. Une entreprise peut ainsi émettre des obligations vertes auprès d'investisseurs pour financer le développement d'un parc éolien par exemple. Aujourd'hui, ce sont principalement les grands groupes ou les collectivités territoriales qui émettent ces titres sur le marché", explique Nicolas Heulot, ingénieur recherche à l'IRT SystemX.

 

Un marché peu automatisé

Une obligation verte se distingue donc d'une obligation classique par un reporting détaillé sur les investissements qu'elle finance et le caractère vert des projets financés. Cette particularité implique l'intervention de nombreux acteurs et intermédiaires tout au long de la chaîne d'émission. L'entité qui souhaite émettre des green bonds, comme la Caisse des Dépôts, doit ainsi rédiger un prospectus pour détailler le projet qu'elle souhaite financer. Elle doit ensuite faire appel à un organisme certificateur chargé d'évaluer la qualité "verte" de ces émissions. Le certificateur publie une note, qui doit être validée par l'entité émettrice, et fournit un document la justifiant. La dernière étape consiste à allouer les titres auprès d'investisseurs. C'est un broker qui s'en charge.

 

Conséquence de ces procédés fastidieux : le marché reste très peu digitalisé et automatisé. "Nous estimons que la blockchain peut fluidifier les échanges en mettant en relation directe les émetteurs et les investisseurs au travers d'une plate-forme virtuelle. En optimisant les process métier, il est possible de réduire les délais et donc les coûts d'émissions", expose Nicolas Heulot.

 

La blockchain pour fluidifier les échanges

Le démonstrateur repose sur une blockchain de consortium basée sur la technologie Parity sur laquelle des smart contracts permettent de définir les règles des processus et d'établir le système de gouvernance. "La blockchain permet ainsi de tracer toutes les étapes du cycle de vie des émissions", commente l'ingénieur. Cette transparence et ce point d'entrée unique visent également à faciliter les transferts de propriété sur ces titres et donc à favoriser l'émergence d'un marché secondaire, encore très peu existant aujourd'hui.

 

Aujourd'hui, certains écueils doivent encore être surmontés avant de pouvoir mener des expérimentations sur le marché. Les équipes de l'IRT cherchent notamment à introduire une dose de confidentialité par des techniques de chiffrement pour que les détails de certains échanges ne soient visibles que des parties prenantes et du régulateur, comme la proposition d'achat formulée par un investisseur. "Notre objectif est de lever ces verrous technologiques pour pouvoir proposer une solution qui puisse être mise en production", avance l'ingénieur.

 

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