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Comment la CNAF a dématérialisé la prestation "Prime d’activité" en 5 mois

Cas d'école Pressée par le temps et confrontée à la méconnaissance du volume de demandes, la Caisse nationale des allocations familiales s’est appuyée sur le cloud pour mettre en place la prestation Prime d’activité de façon dématérialisée. Une expérience qui va être étendue à d’autres allocations sociales d'ici à la fin de l'année.
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Comment la CNAF a dématérialisé la prestation Prime d’activité en 5 mois
Comment la CNAF a dématérialisé la prestation "Prime d’activité" en 5 mois

C’est un grand défi relevé par la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF) : mettre en place la Prime d’activité en seulement cinq mois. Cette nouvelle prestation sociale, née de la fusion de RSA Activité et Prime pour l’emploi, devait entrer en vigueur en janvier 2016. Le gouvernement a décidé en avril 2015 de la mettre en place de façon dématérialisée avec un service de simulation et calcul des droits en ligne.

 

Mise en place de la prestation sans moyens supplémentaires

"Nous devions gérer cette prestation et mettre en place le système sans moyens supplémentaire, indique Annie Prevot, directrice générale délégué à la Direction des systèmes d’information de la CNAF, qui compte 850 personnes. Or nous étions tenus à des délais très courts et nous ne savions pas si nous allions avoir 200 000, 2 millions ou 4 millions demandeurs pour cette nouvelle prestation. Un projet de ce genre nous aurait pris normalement plus de neuf mois."

 

La CNAF n’était pas à son coup d’essai dans la dématérialisation. "Nous faisions déjà la simulation en ligne pour le RSA et l’allocation de logement, rappelle Annie Prevot. Le demandeur pouvait vérifier en ligne s’il respectait les conditions pour bénéficier des prestations. La nouveauté pour la Prime d’activité, c’est que nous devions aussi lui calculer immédiatement l’allocation à laquelle il a droit."

 

Peur du cloud

La dématérialisation supprime les justificatifs en papier et allège la charge de travail des agents. Mais l’ignorance du volume de demandes imposait le recours à une solution nouvelle pour la CNAF : le cloud, seul moyen de s’adapter au trafic sans avoir à investir lourdement. Problème ? "Le cloud fait peur en interne, confie Annie Prevot. Les gens de la DSI sont farouchement contre. Et puis, il y a la question sensible de sécurité des données. C’est compréhensible. Nous sommes dans un service public."

 

Pour contourner le blocage, la solution cloud a été soumise au comité de direction qui l’a adoptée. Ensuite c’est le patron de la CNAF, Daniel Lenoir, qui l’a défendue devant la ministre des Affaires Sociales et de la Santé, Marisol Touraine, et du ministre du Finances et des Comptes publics, Michel Sapin. Auparavant, il fallait présenter toutes les garanties de sécurité des données personnelles en obtenant l’aval de la CNIL.

 

Résistances au choix d'Oracle

Le projet soulevait d’autant plus de questions que le choix de l'opérateur cloud portait non pas sur un acteur français, mais sur l’américain Oracle. Ce qui suscitait des résistances fortes en interne. "Le gouvernement n’impose pas d’opérateur cloud français ou européen, note Annie Prevot. En revanche, il encourage à faire appel plutôt à des logiciels open source."

 

Le logiciel de moteur de règles métier OPA Oracle a été retenu en mode cloud (SaaS pour Software as a service), ainsi que sa plateforme de développement cloud (PaaS pour Platform as a service). La CNAF a été accompagnée dans ce projet par l’entreprise de services numériques Accenture. L’investissement s’élève à 11 millions d’euros.

 

Panne lors de l'inauguration

Le simulateur a été mis en ligne en novembre 2015 et le service complet avec le moteur de calcul des droits inauguré en décembre 2015 par Marisol Touraine. Mais manque de chance, submergé par le volume de connexions, le système est tombé pendant l’inauguration. Oracle a réussi à le rétablir une heure après. "Nous avons appris de cet incident qu’il faut que l’opérateur cloud et la production en interne travaillent mieux ensemble", conclut Annie Prevot.

 

Ce premier pas dans le cloud ne remet pas en cause l’informatique de la CNAF qui s’appuie sur deux datacenters internes, l’un à Valenciennes, l’autre à Sophia Antipolis. Du moins d’ici fin 207. La question de migration de l’infrastructure vers l’infonuage se posera à partir de 2018. Mais la CNAF veut tirer profit de l’expérience pour étendre le système à l’allocation RSA en octobre 2016 puis à l’allocation de logement à la fin 2016. La caisse gère 27 prestations pour un total de 82 milliards d’euros par an. La transformation numérique de la CNAF a commencé.

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