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Comment la fintech Alma aide les commerçants à surmonter la crise avec le paiement en plusieurs fois

Étude de cas Alors que la crise liée au Covid-19 a des conséquences sur la consommation des ménages, Alma, fintech française créée en 2018, propose aux commerçants une solution de paiement en plusieurs fois. Ce service, disponible en ligne mais aussi en magasin, a notamment convaincu le commerçant parisien Bonne Gueule, qui revient pour L’Usine Digitale sur son intégration.
mis à jour le 21 juillet 2020 à 09H04
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Comment la fintech Alma aide les commerçants à surmonter la crise avec le paiement en plusieurs fois
Comment la fintech Alma aide les commerçants à surmonter la crise avec le paiement en plusieurs fois © Alma

Créée par un ancien cadre de Stripe, Louis Chatriot, en 2018, la fintech Alma commercialise une solution en ligne et en magasin qui permet aux start-up et PME de proposer à leurs clients de payer leurs achats en 3 ou 4 fois. "Nous ciblons tous les commerçants à qui cela peut être utile", explique en introduction Louis Chatriot. Soit les commerçants ayant une activité en ligne et/ou un magasin physique, et dont les clients procèdent à des achats à court terme pour des montants autour de quelques centaines d’euros.

"Nous n’avons pas inventé le paiement en 3 fois, reconnaît Louis Chatriot. Mais notre solution s’adresse à tous. C’est un énorme point de frustration pour un petit commerçant de ne pas pouvoir proposer ce type de service". Pour le consommateur, le premier avantage est bien sûr la possibilité d'étaler les paiements sur plusieurs mois, en général en trois ou quatre fois. Une facilité qui prend son sens dans un contexte de crise économique, où pèse un certain nombre d'incertitudes sur la consommation des ménages.

Du côté des commerçants, la question de la relance économique est également omniprésente : le paiement en plusieurs fois permet de soutenir l'activité des commerçants français. Car si les consommateurs ont la possibilité d'étaler leurs paiements sur plusieurs mois, les commerçants, eux, reçoivent la totalité du paiement après l’achat.

Un lien envoyé en temps réel pour le paiement
Ces différents arguments ont séduit des marques comme Balibaris, La Foir'Fouille, Animalis, Bobbies et récemment le commerçant spécialisé Bonne Gueule. Le site dédié à la mode masculine, créé en 2007, et qui dispose de 4 magasins en France – bientôt 5 – a décidé de développer la solution en début d’année, en se concentrant dans un premier temps sur la vente en ligne. "Nous avions développé un service en interne, mais l’augmentation des commandes liée à la réconciliation des données comptables devenait complexe", explique Lolita Drouelle, responsable e-commerce chez Bonne Gueule, qui compte en tout une quarantaine d’employés. Le commerçant parisien se met donc à la recherche "d’un acteur solide". "C’est un partenaire qui nous a recommandé Alma", poursuit Lolita Drouelle.

La solution, baptisée Pay By Link, permet au client de payer en plusieurs fois à distance. Le marchand rentre le montant et le nombre d'échéances souhaité par le client. Cela génère et envoie automatiquement un lien par sms au client, qui peut directement payer via son smartphone, sans contact. Lorsque le paiement est accepté, le client est débité de la première échéance puis sera prélevé automatiquement chaque mois sur sa carte bancaire. Alma Pay By Link peut également être utilisé pour payer comptant.


Une dimension servicielle
Outre son accessibilité aux TPE et PME, la valeur ajoutée d’Alma est également d’ordre technologique. "Le commerçant peut implémenter la solution plug-in en une heure, en créant simplement un compte", poursuit Louis Chatriot. "Alma est dotée de l’agilité propre aux start-up, précise Lolita Drouelle. Tout est rapide, de la signature à l’implémentation, il n’y pas de process long comme c’est le cas chez les autres acteurs". Le module est compatible avec les grandes plateformes de type Magento, Prestashop ou Shopify.

En magasin, la solution SaaS est intégrée directement sur le logiciel de caisse. Alors que le 11 mai a sonné la fin du confinement et la réouverture des boutiques physiques, Bonne Gueule décide de développer la solution dans ses magasins. "Notre modèle repose sur deux lancements chaque mois, explique la responsable e-commerce. Cela génère beaucoup de trafic en magasin, et il est donc essentiel de  fluidifier le passage en caisse".  D’où l’implémentation de la solution sur le POS (point of sale) qui permet le paiement en plusieurs fois de manière quasi instantanée. "Cette notion de temps réel est essentielle pour le taux de conversion, ajoute Lolita Drouelle. C’est un service supplémentaire que l’on propose à nos clients".

Démocratiser le paiement en plusieurs fois
Aujourd’hui, un tiers des achats effectués chez Bonne Gueule se fait en plusieurs fois. Alma prélève une commission sur les transactions réalisées, de l’ordre de 3 à 4%. "Alma gagne de l’argent si le commerçant gagne de l’argent", résume l’entrepreneur. Le commerçant peut se désengager, sans frais, à tout moment.

Selon Alma, les commerçants qui proposent cette facilité de paiement observent une augmentation de 20% de leur chiffre d’affaires. Et si la start-up reconnaît un ralentissement de son activité au début de la pandémie, "la reprise est bien là et nous faisons face à une exposition de la demande, annonce Louis Chatriot. Les commerçants cherchent des solutions pour limiter les conséquences de la crise, et le paiement en trois fois en est une", analyse-t-il.
 

La société vient de s’associer à la fintech Smile&Pay pour démocratiser le paiement en plusieurs fois en magasin, qui est directement accessible via le terminal de paiement, comme s’il s’agissait d’un achat CB standard. Alors que plus de 13 000 marchands utilisent les terminaux de paiement de Smile&Pay, Alma devrait ainsi séduire encore davantage de commerçants. La fintech parisienne, qui a bouclé un nouveau tour de financement de 12,5 millions d'euros auprès d'investisseurs français est passée, en un an, de 0 à 500 marchands et en revendique désormais "plusieurs milliers".

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