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Comment la musique électronique est passée des labos d'avant-garde aux dancefloor de la multitude

Eh bien dansez maintenant ! Telle est l'envie prendra, en sortant de l'espace Fondation EDF, à tous ceux qui ne sont pas réfractaires à la musique électronique. L'exposition actuelle montre comment la musique dite électro est passée des labos des avant-gardes au méga raves contemporaines. Une histoire intellectuelle, technologique et sensible restitue magnifiquement cette grande transition numérique, la première du genre...

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Comment la musique électronique est passée des labos d'avant-garde aux dancefloor de la multitude
Suzanne Ciani et son synthétiseur Buchla © DR

Les ingénieurs n’apprendront rien, les autres ne comprendront peut-être à peine plus. "L’électronique est la branche de la physique appliquée, traitant de la mise en forme de signaux électriques pour la transmission d’informations", peut-on lire dans la salle du rez-de-chaussée que consacre l’espace Fondation EDF à l’exposition Electrosound, sous-titrée du lab au dancefloor.

 

Pour cela, les commissaires de l’exposition ont brillamment utilisé l’espace de ce lieu d’exposition. Au rez-de-chaussée, tout commence par une frise chronologique en 3D, qui montre l’évolution des techniques pour produire, enregistrer et reproduire le son depuis un peu plus d’un siècle. On y découvre  les ancêtres, le Thérémine ou les ondes Martenot, mais aussi de mythiques appareils, du fameux magnétophone Nagra au Voicoder en passant par le Merlin (un jeu musical que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître), ou encore, plus près de nous, le révolutionnaire iPod.

 

Madeleines de Proust sonores

La scénographie combine marquage au sol pour rappeler le contexte culturel, exposition des différents appareils, mais aussi l’indication des tubes du moment, les plus emblématiques de l’utilisation des technologies à mesure qu’elles apparaissent. A cela s’ajoute la diffusion de certains de ces morceaux durant le parcours.

L’ensemble est formidablement ludique et savant, autorisant plusieurs niveaux de visite. Le professionnel y reconnaîtra de magnifiques outils quand l’amateur s’amusera de retrouver des madeleines de Proust savamment disposées. La route vers la musique électronique est emplie de souvenirs.

 

Un des mérites de l’exposition est aussi de mettre en avant le rôle joué par certaines avant-garde parfois raillées. On pense bien sûr aux travaux de l’Ircan ou à ceux de Pierre Schaeffer, un des inventeurs de la musique concrète. Les stars contemporaines du mouvement electro leurs doivent beaucoup.

 

Cette frise chronologique est complétée au sous-sol par des installations artistiques autour de la musique. Selon son degré de tolérance au BPM (beat per minute) on restera plus ou moins longtemps dans l’espace plongé dans une quasi obscurité à l’exception des baffes qui diffusent ce boum boum endiablé. En revanche, les photos projetées de Jacob Khrist prises dans des salles de concerts, des boites de nuits et autres lieux à raves, sont magnifiques, avec leurs éclairages mi obscur, un sens du cadre qui restitue le mouvement et le bonheur de la fête. En un mot, on a l’impression de voir la musique restituée sur le mur où sont projetées ces photos. Cet homme-là est un sorcier.

 

Voir comprendre et pouvoir expérimenter

Au premier étage du lieu d’exposition, sur la mezzanine, on profitera de la citation du mythique groupe allemand inventeur de la musqiue électronique, Kraftwerk, reproduite au-dessus de la porte d’entrée : "boing boom tschak, music non stop, techno-pop". Surtout, enfants et adultes pourront faire ce qui leur est interdit au rez-de-chaussée : toucher les appareils, expérimenter un voicoder, essayer de comprendre le fonctionnement d’un clavier de synthétiseur qui évoque un cockpit d’avion et autres joyeusetés semblables. Les commissaires de l’exposition ont ajouté un panorama sur des innovations actuelles autour de la musique : de la jeune pousse qui offre une technologie pour transformer n’importe quel objet en source de musique à ce logiciel réellement époustouflent qui peut jouer l’hymne à la joie aussi bien à la façon d’un groupe de bossa nova, que des Beatles ou d’un groupe de rap.

Au fil du parcours, c’est, par le biais de la musique, un voyage à travers la transformation du monde sensible qui est proposée à l’heureux et curieux visiteur de cette exposition. 

 

- Electrosound du 25 mai au 2 octobre, Espace Fondation EDF, 6 rue Récamier, Paris Vie  (entrée gratuite)

Commissaires de l'exposition : Jean-Louis Frechin, Uros Petrevski et Jean-Yves Leloup

 

Parallèlement a paru en co-édition Fondation groupe EDF et Le mot et le reste electrosound sous la direction de Jean-Yves Leloup qui complète l'exposition avec de nombreux témoignages et interviews. 

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