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Comment la start-up Rocambole veut adapter le modèle Netflix à la lecture

A l’image de Netflix pour la télévision, la start-up française Rocambole mise sur les séries littéraires pour créer de nouvelles habitudes de lecture. Elle espère s’imposer en France pour rivaliser avec ses concurrents américains et chinois.
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Comment la start-up Rocambole veut adapter le modèle Netflix à la lecture
Comment la start-up Rocambole veut adapter le modèle Netflix à la lecture © Rocambole

Deux français sur trois affirment vouloir lire plus, selon une étude du centre national du livre parue en 2018. Ce chiffre a inspiré François Delporte et ses associés pour créer Rocambole, une application dont l’ambition est de devenir le leader du "streaming" littéraire.

Adapter le business model du streaming à la lecture
"Le streaming a révolutionné la vidéo et la musique, alors pourquoi pas la lecture. La différence de Rocambole c’est que nous n’avons pas adapté un support physique en support numérique mais créé un contenu digital natif pour l’expérience de lecture", détaille François Delporte, directeur général de Rocambole. Tous les contenus disponibles sur l'application sont originaux et exclusifs. Grâce à une équipe de dix personnes et 35 auteurs, Rocambole propose plus de 200 séries, enrichissant sa bibliothèque de deux à trois nouvelles séries chaque semaine.

"Il faut adapter le contenu au contenant, donc nous avons opté pour des séries avec des épisodes de cinq minutes de lecture. Chaque série comprend entre huit et douze épisodes." Lancé en juin 2019, Rocambole compte aujourd’hui 60 000 utilisateurs et connait une forte croissance. "Il y a un an, nous avions environ 2 000 épisodes lus par mois. Aujourd’hui, un épisode est lu toutes les 30 secondes, ce qui représente entre 80 000 et 100 000 épisodes lus chaque mois", se réjouit François Delporte.
 


Miser sur les talents français pour lutter contre les concurrents étrangers
Les quatre cofondateurs de Rocambole partagent l’ambition de devenir un géant du divertissement français. Pourtant, quand leur concurrent américain levait 60 millions de dollars et leur homologue chinois affichait une enveloppe de 500 millions de dollars, Rocambole obtenait 350 000 euros au cours d’une levée de fonds menée en septembre dernier. "Un nouveau tour de table à plusieurs millions d’euros s’annonce avant l’été", confie le dirigeant.

Le point fort de la solution ? Son indépendance. "Nous disposons de la propriété intellectuelle des séries et des données, on ne dépend de personne. En comparaison, Spotify diffuse des titres détenus par les majors et Netflix dépense des sommes exorbitantes pour produire ses séries." En comptant l’écrivain et producteur Serge Hayat à son capital, la start-up structure d’ores et déjà la passerelle entre l’écrit et l’audiovisuel. Et alors que sa plateforme compte plusieurs écrivains classés dans le top 20 français parmi ses auteurs, elle constate un engouement constant de la profession.

"Ils veulent se lancer des défis et se frotter à d’autres codes d’écriture et d’autres cibles. Nous espérons intégrer 30 à 50% des auteurs du top 5 en France d’ici un an." Pour l’heure, les talents, qu’ils soient issus du sport ou de la gastronomie, tissent des partenariats avec Rocambole, à l’image du chef étoilé Bruno Ménard ou du médecin essayiste Martin Winckler. "En ce moment, ce sont les biopics féminins qui ont la côte."



Vers une diversification de la monétisation
Soucieuse de son indépendance, la start-up développe également sa solution en interne. Disponible sur tous supports, Rocambole s’appuie une base de données GraphQL, un framework React Native et un runtime Node.js. Financièrement, la jeune entreprise mise sur un panel d’alternatives rémunératrices. Outre l’abonnement, de quatre euros par mois ou 40 euros par an, elle facture des entreprises ou institutions désireuses de voir une série dont elles seraient l’héroïne, "à condition qu’il y ait une belle histoire derrière, nous pouvons offrir l’écrin."

Rocambole s’ouvre aussi aux professionnels en leur proposant d’enrichir des bibliothèques d’entreprise, des CDI, des médiathèques… "Enfin, nous disposons de données que nous n’exploitons pas assez alors que nous savons, en temps réel, ce qui plaît en fonction des profils." D’ailleurs, alors que Rocambole présente une échappatoire à une interminable file d’attente ou à un ennuyeux trajet dans les transports en commun, c’est entre 22h00 et minuit que se situe le pic de lecture. La petite histoire avant de dormir reste une valeur sûre.

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