Comment le Big data bouleverse l'organisation des entreprises

Les "big data", surmédiatisées, ont le vent en poupe. Avec elles, viennent de nouveaux métiers, de nouveaux processus d'organisation et de décision au sein de l'entreprise.

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Comment le Big data bouleverse l'organisation des entreprises

Les interactions, la hiérarchie et la prise de décision au sein de l'entreprise évoluent avec l'intégration des big data, comme l'ont expliqué au Big Data Paris Olivier Mathiot, co-fondateur et directeur marketing et communication de Priceminister-Rakuten, et Mats Carduner, président de l'agence Fifty-five.

Nouveaux métiers...

Mats Carduner, président de l'agence Fifty-five, a expliqué lors de la conférence Big Data Paris que de nouveaux métiers se sont créés dans son entreprise pour tirer parti des big data. L'agence a dû recruter des profils "très business marketing", capables d’analyser des données, et de les faire collaborer avec des techniciens.

Des spécialistes de la visualisation de données ont aussi fait leur entrée. Les "data scientists" ont aussi, bien sûr, la côte en ce moment dans les entreprises. Pour Olivier Mathiot, co-fondateur et directeur marketing et communication de Priceminister, les profils d'employés évoluent, donc les compétences au sein de l'entreprise changent. Cela a un impact direct sur la stratégie de recrutement de l'entreprise, qui s'intéresse aux profils d'analystes.

... Et nouvelle organisation

L'équilibre entre les créatifs et les ingénieurs est devenu primordial dans cette nouvelle organisation des compétences. Chez Priceminister, les analystes sont désormais intégrés aux équipes marketing. Cela dit, pour Olivier Mathiot, les spécialistes des données ne doivent pas remplacer ceux du marketing, car si les données peuvent prédire des comportements, elles peuvent aussi entraver la créativité.

Selon lui, on ne peut pas se reposer uniquement sur la data pour créer des marques puissantes. Ces nouveaux métiers créent toutefois de nouvelles dynamiques de pouvoir au sein de l'entreprise. Mats Carduner insiste sur le fait que l'opinion du "plus haut salaire" n'est plus dominante. De facto, l'objectivité s'installe et les guerres d'opinion ou d'ego ne peuvent résister au poid des chiffres. Pour Olivier Mathiot, cela permet une rapidité accrue du processus de décision.

Par ailleurs, "tout le monde est un peu propriétaire de la data" désormais, ajoute-t-il. L'enjeu crucial relève donc de la collaboration et du partage des informations entre équipes. En effet, le client d'un site de e-commerce comme Priceminister est "atomisé", entre des comportements liés aux clics, aux bannières, au mobile... L’enjeu technologique du big data est donc de reconstituer l'ensemble du comportement client, à partir de toutes ces source possibles d’informations.

Pour l'intégrer dans le processus décisionnel

Les big data permettent avant tout l’agilité d'une entreprise, a expliqué Olivier Mathiot à L'Usine Digitale. Quand un grand groupe commence à intégrer un responsable des données dans son comité de direction, c'est l’ensemble des décisions de l'entreprise qui en profitent. Il ne faut surtout pas selon mettre la donnée et le digital "à part", comme le secteur publicitaire l'a fait pendant longtemps en créant des agences digitales dédiées.

"Mettre la data au coeur [du processus décisionnel] c'est mettre le client au centre", ajoute-t-il. Ainsi, le retard de la France dans ce domaine, notamment par rapport aux Etats-Unis, se voit selon lui dans l'écart entre un Auchan ou un Carrefour et un Walmart (géant de la distribution américaine). Pour "révolutionner ces anciens secteurs", comme la culture ou le retail, il est crucial selon lui de récupérer les données. C'est en les intégrant dans le processus décisionnel, que ces entreprises pourront rivaliser avec un Google ou un Apple.

Nora Poggi

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