Comment le plan Cyberdéfense boostera les technologies "made in France"

Environ 400 millions d’euros du plan cyberdéfense iront vers les industriels et la recherche. Parmi les 50 mesures annoncées, certaines prévoient le développement de produits et de technologies souveraines.

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Comment le plan Cyberdéfense boostera les technologies

En déplacement en Bretagne, le vendredi 7 février, le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian a détaillé les 50 mesures de son plan cyberdéfense. L’objectif est clair : mieux protéger les systèmes d’information et d’armes du ministère qui subissent des attaques informatiques de plus en plus répétées. Près de 800 incidents informatiques significatifs ont été enregistrés l’an dernier, soit presque un doublement en un an.

Pour contrer ces menaces, 1 milliard d’euros sera débloqué et 350 spécialistes en cybersécurité recrutés sur la période 2014-2019. Cet investissement bénéficiera directement aux différentes unités du ministère (Direction générale de l’armement, Centre d’analyse de lutte informatique défensive…) mais également à l’ensemble de la communauté nationale de la cybersécurité. Ainsi, les entreprises et organismes de recherche devraient bénéficier de 40% de cette manne, soit environ 400 millions d’euros, pour développer de nouveaux produits et de nouvelles technologies.

Une tablette sécurisée

D’une part, pour mieux protéger ses données, le ministère va procéder à l’achat d’un grand nombre d’équipements: des chiffreurs haut débit, des pare-feu, des sondes de détection, des téléphones sécurisés… Le plan prévoit entre autre le développement de nouveaux moyens de détection des menaces et d’intervention, le déploiement de 10 000 cartes d’identité numériques pour les agents du ministère en 2015 et également le développement d’une tablette hautement sécurisée disponible à l’échéance 2017…

Les grands champions français ou européens devraient être les premiers bénéficiaires de ces futures commandes puisque le ministre veut encourager la conception et l’industrialisation d’outils par des acteurs nationaux, une initiative en cohérence avec ses impératifs de souveraineté. Le ministère de la Défense pourra s’appuyer sur un club des partenaires de confiance créé il y a moins de deux ans regroupant aujourd’hui comme industriels Airbus Defense & Space, Bull, Cap Gemini et Thales… A ce titre, ils sont les interlocuteurs privilégiés pour les États-majors, l’ANSII (agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information).

Un budget triplé pour la DGA

D’autre part, cet argent doit booster l’innovation et la recherche. Le ministère privilégiera les projets dans le domaine de la cybersécurité et de la cyberdéfense présentés par les PME avec son offre de financement RAPID (régime d’appui pour l’innovation duale). La DGA triplera son budget qui sera porté à 30 millions d’euros par an, pour les études dites amont en cybersécurité afin de structurer la R&D au sein des acteurs industriels. La recherche académique sera également soutenue. La DGA et l’IRSEM (institut de recherche stratégique de l'école militaire) vont ainsi doubler le nombre de thèses consacrées à la cyberdéfense entre 2014 et 2019.

Hassan Meddah

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